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Covid-19: E484K, la mutation qui pose question pour les vaccins

Les agents de santé sont escortés par des soldats lors d'une campagne de dépistage du COVID-19 porte-à-porte dans le bidonville Villa Maria del Triunfo de Lima, au Pérou, le mardi 12 janvier 2021. (Photo AP / Martin Mejia)

Le variant anglais attire tous les regards, mais c'est pourtant une mutation présente sur d'autres versions du coronavirus qui inquiète les scientifiques du point de vue de la vaccination contre le Covid-19, car elle pourrait nuire à son efficacité.

Appelée E484K, cette mutation est portée par des variants qui ont émergé en Afrique du Sud et, plus récemment, au Brésil et au Japon, mais pas par le variant anglais, dont l'expansion dans le monde fait les gros titres.

Or, cette mutation "est la plus inquiétante de toutes" sur le plan de la réponse immunitaire, estime Ravi Gupta, professeur de microbiologie à l'Université de Cambridge, interrogé par l'AFP.

Les variants sont des versions différentes du coronavirus initial, qui apparaissent avec le temps sous l'effet de diverses mutations. Un phénomène normal dans la vie d'un virus, car les mutations interviennent quand il se réplique.

De nombreuses mutations du Sars-CoV-2 ont été observées depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence. Certaines peuvent toutefois lui donner un avantage pour sa survie, dont une plus grande transmissibilité.

Les variants qui ont émergé en Angleterre, en Afrique du Sud et au Japon (ce dernier via des voyageurs venus du Brésil) ont en commun une mutation appelée N501Y. Située sur la protéine spike du coronavirus (une pointe qui lui permet de pénétrer dans les cellules), cette mutation est suspectée de rendre ces variants plus contagieux.

Des soupçons d'une autre nature pèsent sur la mutation E484K. Des tests en laboratoire ont montré qu'elle semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation.

"A ce titre, elle peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination", explique le Pr François Balloux, de l'University College de Londres, cité par l'organisme britannique Science Media Centre.

"Evasion immunitaire"

C'est cette perspective "d'évasion immunitaire" qui préoccupe les scientifiques, avec en ligne de mire la question de l'efficacité des vaccins.

Le 8 janvier, BioNTech et Pfizer, les fabricants du principal vaccin administré dans le monde, ont assuré que ce dernier était efficace contre la mutation N501Y.

Mais leurs vérifications en laboratoire n'ont pas porté sur E484K. Elles ne suffisent donc pas à conclure que l'efficacité du vaccin sera la même contre les variants qui la portent que contre le virus classique.

Par ailleurs, une étude publiée le 6 janvier décrit le cas d'une Brésilienne malade du Covid en mai, puis réinfectée en octobre par un variant porteur de la mutation E484K.

Cette deuxième infection, plus sévère que la première, pourrait être le signe que la mutation a causé une moins bonne réponse immunitaire de la patiente.

Pour autant, rien n'indique qu'E484K suffise à rendre des variants résistants aux vaccins actuels, tempèrent les scientifiques.

"Début des problèmes"

En effet, même s'il s'avère que cette cible-là est moins bien reconnue par les anticorps, d'autres composants des variants resteront en principe à leur portée.

"Même si vous baissez en efficacité, vous allez normalement toujours avoir une neutralisation du virus", indique à l'AFP Vincent Enouf, du Centre national de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur à Paris.

"Je ne pense pas que cette mutation soit à elle seule problématique pour les vaccins", renchérit l'immunologiste Rino Rappuoli, chercheur et responsable scientifique du géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK), interrogé par l'AFP.

Il a cosigné une étude rendue publique le 28 décembre. Son objectif était d'observer en laboratoire l'émergence d'un variant, en mettant pendant plusieurs semaines le virus en présence du plasma d'un patient guéri du Covid.

Après moins de trois mois, un variant résistant aux anticorps est apparu. Il était porteur de trois mutations, dont E484K. "Il faut développer des vaccins et des anticorps capables de contrôler des variants émergents", conclut cette étude.

La mutation E484K "pourrait être le début des problèmes" pour les vaccins, juge pour sa part le Pr Gupta.

"A ce stade, ils devraient tous rester efficaces, mais ce qui nous inquiète, c'est la perspective de futures mutations qui s'ajouteraient" à celles qu'on observe déjà, développe-t-il, en appelant à "vacciner le plus vite possible partout dans le monde".

Face à l'émergence de nouveaux variants, plusieurs laboratoires ont assuré qu'ils étaient capables de fournir rapidement de nouvelles versions de leur vaccin si besoin était.

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L'Ouganda lève les contrôles de Covid-19 à sa frontière pour enrayer une pénurie de carburant

Les passagers arrivant sur des vols internationaux quittent le hall des arrivées internationales à l'aéroport d'Entebbe en Ouganda, le 3 mars 2020.

Le gouvernement ougandais a annoncé mardi la suspension des tests de détection du Covid-19 obligatoires à sa frontière avec le Kenya, après que cette mesure a provoqué d'énormes embouteillages de camions et perturbé l'approvisionnement du pays en carburant.

Cette pénurie a provoqué une ruée sur les stations-service et fait flamber les prix à la pompe, qui ont été multipliés par trois dans certaines régions, atteignant 12.000 shillings (3 euros environ). Ailleurs, certaines stations se sont retrouvées à court d'essence.

Les médias kényans ont fait état de 70 kilomètres d'embouteillages à la frontière avec l'Ouganda, en raison des retards causés par les contrôles de coronavirus.

"Le ministère (ougandais) de la Santé a immédiatement et temporairement suspendu les tests obligatoires aux deux postes-frontière pour faciliter la circulation des camions vers et à l'intérieur du pays", a déclaré à l'AFP un responsable du ministère, Charles Olaro.

Cette décision vise également à éviter un "potentiel super-propagateur" de Covid-19 à la frontière, a-t-il ajouté.

Les ralentissements à la frontière ont commencé fin décembre lorsque des chauffeurs de camions ont organisé des manifestations pour protester contre les frais des tests de détection du Covid-19 imposés par l'Ouganda.

Ces frais ont ensuite été supprimés mais les retards ont persisté en raison, selon les camionneurs, de la lenteur des tests et des procédures de contrôle de douane.

"Depuis ce matin, nous avons vu de nombreux camions quitter les points frontaliers et se diriger vers l'Ouganda avec leurs marchandises. J'espère que nous verrons les prix du carburant baisser dans les prochaines 24 heures", a déclaré à l'AFP Juma Sentongo, membre du syndicat ougandais des chauffeurs routiers longue distance.

"La congestion aux frontières s'atténue lentement, mais le trafic lourd mettra plus de temps que prévu à se fluidifier car le dédouanement (ainsi que) les tests Covid-19 ont également été problématiques", a indiqué Alex Mwerinde, un chauffeur de 41 ans.

Dans la capitale Kampala et dans d'autres villes du pays, de nombreux automobilistes se précipitaient mardi pour faire le plein craignant de nouvelles pénuries. Certains remplissaient des jerrycans, pourtant interdits dans le cadre de mesures antiterroristes instaurées après une série d'attentats meurtriers l'année dernière.

Des Ougandais rapportaient également une hausse des tarifs des taxis et des bus dans plusieurs régions.

La ministre de l'Énergie, Ruth Nankabirwa, a affirmé lundi que les retards à la frontière étaient causés par un scanner défectueux utilisé par les douaniers pour vérifier les véhicules entrants ainsi que par "des problèmes concernant Covid-19".

L'Ouganda a enregistré 158.676 cas de Covid-19 dont 3.424 décès, selon les derniers chiffres gouvernementaux en date du 15 janvier.

La fortune des 10 plus riches a doublé avec le Covid, le reste du monde s'est appauvri

Le PDG de Tesla, Elon Musk, visite le chantier de construction de la Gigafactory de Tesla à Gruenheide près de Berlin, en Allemagne, le 13 août 2021.

D'après Oxfam, les inégalités contribuent à la mort "d'au moins 21.000 personnes par jour".

La fortune des dix hommes les plus riches du monde a doublé depuis le début de la pandémie tandis que les revenus de 99% de l'humanité ont fondu, d'après un rapport d'Oxfam lundi.

"L'accroissement des inégalités économiques, de genre et raciales et les inégalités entre pays détruisent notre monde", dénonce l'ONG de lutte contre la pauvreté, dans un rapport intitulé "les inégalités tuent" et publié à l'orée du Forum de Davos.

La fortune cumulée de l'ensemble des milliardaires a connu depuis le début de la pandémie de Covid-19 "sa plus forte augmentation jamais enregistrée, de 5.000 milliards de dollars, pour atteindre son niveau le plus élevé" à 13.800 milliards.

Les dix personnes les plus riches du monde comprennent d'après le magazine Forbes Elon Musk, le patron de Tesla, Jeff Bezos (Amazon), Bernard Arnaud (LVMH), Bill Gates (Microsoft), Mark Zuckerberg (Meta/Facebook), Warren Buffett (Berkshire Hathaway), Larry Ellison (Oracle).

L'ONG ajoute que "nous pouvons vaincre l'extrême pauvreté à travers une taxation progressive" et des systèmes de santé publics et gratuits pour tous. Oxfam recommande aussi de ne pas entraver la création de syndicats et de lever la propriété intellectuelle sur les brevets de vaccins.

D'après Oxfam, les inégalités contribuent à la mort "d'au moins 21.000 personnes par jour" en se fondant sur les décès mondiaux dus au manque d'accès aux soins de santé, à la violence liée au genre, à la faim et à la crise climatique.

"Une taxe exceptionnelle de 99% sur les revenus provenant de la pandémie des dix hommes les plus riches permettrait de produire assez de vaccins pour le monde, fournir une protection sociale et médicale universelle, financer l'adaptation au climat et réduire la violence liée au genre dans 80 pays", donne en exemple l'ONG.

Elle précise que cela laisserait malgré tout "8 milliards de plus qu'avant la pandémie à ces hommes".

"Les milliardaires ont eu une formidable pandémie. Les banques centrales ont injecté des milliers de milliards de dollars dans les marchés financiers pour sauver l'économie dont beaucoup ont fini dans les poches des milliardaires."

Le Forum économique mondial avertissait pour sa part que les larges inégalités d'accès aux vaccins contre le Covid-19 risquent d'affaiblir la lutte pour les grandes causes internationales, telles que le changement climatique.

Le Forum de Davos en présentiel a été repoussé à l'été à cause du variant Omicron mais une édition en ligne s'ouvre lundi jusqu'au 21 janvier.

Expulsé d'Australie, Novak Djokovic a pris l'envol pour Dubaï

Le joueur de tennis Novak Djokovic s'exprime lors d'une conférence de presse à Belgrade, en Serbie, le 26 juillet 2017.

La dernière tentative de Novak Djokovic de participer à l'Open d'Australie bien qu'il ne soit pas vacciné contre le coronavirus a pris fin dimanche lorsqu'un tribunal a rejeté à l'unanimité sa contestation de la décision d'un ministre d'annuler son visa.

Djokovic, un Serbe de 34 ans, a déclaré qu'il était "extrêmement déçu" par la décision mais qu'il la respectait.

Novak Djokovic a donc embarqué dimanche dans un avion à destination de Dubaï, selon un journaliste de Reuters.

Le joueur a été vu à bord d'un vol Emirates en provenance de Melbourne quelques heures seulement après la décision de justice.

Il a remporté un record de neuf titres à l'Open d'Australie, dont trois consécutifs, mais cette fois, il n'aura même pas la chance d'essayer.

Djokovic a déclaré qu'il était "mal à l'aise" que l'attention soit portée sur lui depuis que son visa a été annulé pour la première fois à son arrivée à l'aéroport de Mebourne le 6 janvier.

La fédération nationale qui organise le tournoi, Tennis Australia, a déclaré qu'elle respectait la décision de la Cour fédérale.

Tennis: le visa de Novak Djokovic annulé une seconde fois en Australie

Le Serbe Novak Djokovic assiste à une séance d'entraînement avant le tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne, le 14 janvier 2022.

La star de tennis Novak Djokovic risque d'être à nouveau expulsé après que le gouvernement australien a annulé son visa pour la deuxième fois.

Difficile de savoir pour l'heure si le numéro 1 mondial sera autorisé à participer à l'Open d'Australie alors qu'il n'est pas vacciné contre le nouveau coronavirus.

Le ministre de l'Immigration, Alex Hawke, a déclaré vendredi qu'il avait utilisé son pouvoir discrétionnaire pour annuler le visa du Serbe pour des raisons d'intérêt public, trois jours seulement avant le début de l'Open d'Australie, où Djokovic, 34 ans, a remporté neuf de ses 20 titres du Grand Chelem, un record.

Les avocats de Djokovic vont probablement faire appel devant la Cour fédérale et une audience devrait avoir lieu vendredi soir.

L'expulsion d'Australie peut entraîner une interdiction de retour dans le pays pendant trois ans, bien que cette interdiction puisse être levée, selon les circonstances.

M. Hawke a déclaré qu'il avait annulé le visa parce que c'était "dans l'intérêt public de le faire".

Le Premier ministre Scott Morrison lui-même s'est félicité de l'expulsion imminente de Djokovic. La saga, qui dure depuis début janvier, a touché une corde sensible en Australie, et plus particulièrement dans l'État de Victoria, où les habitants ont subi des centaines de jours de confinement au plus fort de la pandémie et où le taux de vaccination des adultes est supérieur à 90 %.

L'Australie est actuellement confrontée à une augmentation massive des cas de virus due à la variante omicron hautement transmissible. Vendredi, le pays a signalé 130 000 nouveaux cas, dont près de 35 000 dans l'État de Victoria. Bien que de nombreuses personnes infectées ne tombent pas aussi malades que lors des épidémies précédentes, cette recrudescence met le système de santé à rude épreuve, avec plus de 4 400 personnes hospitalisées. Elle perturbe également les lieux de travail et les chaînes d'approvisionnement.

Le Premier ministre australien Scott Morrison, à gauche, regarde une combinaison à risque lors d'une visite dans une structure de santé à Melbourne, mardi 14 décembre 2021.
Le Premier ministre australien Scott Morrison, à gauche, regarde une combinaison à risque lors d'une visite dans une structure de santé à Melbourne, mardi 14 décembre 2021.

Toutes les personnes présentes à l'Open d'Australie - y compris les joueurs, leurs équipes d'encadrement et les spectateurs - doivent être vaccinées contre la maladie causée par le coronavirus.

Novak Djokovic n'est pas vacciné et avait demandé une exemption médicale au motif qu'il avait eu le COVID-19 en décembre.

Cette exemption a été approuvée par le gouvernement de l'État de Victoria et par Tennis Australia, ce qui lui a permis d'obtenir un visa pour voyager. Mais arrivé à l'aéroport, la police des frontières a refuse de le laisser en Australie et a annulé son visa lorsqu'il a atterri à Melbourne le 5 janvier. Depuis, la saga continue devant les tribunaux.

"Les Australiens ont fait de nombreux sacrifices pendant cette pandémie, et ils s'attendent à juste titre à ce que le résultat de ces sacrifices soit protégé", a déclaré M. Morrison dans un communiqué. "C'est ce que fait le ministre en prenant cette mesure aujourd'hui".

La Cour suprême suspend l'obligation vaccinale imposée par l'administration Biden

Un magasin de la chaîne Target à Clifton, dans le New Jersey, le 22 novembre 2021.

La Cour suprême des États-Unis a mis en suspens jeudi l'obligation de vaccination ou de test imposée par l'administration Biden aux grandes entreprises.

Statuant à une majorité de 6 juges en faveur sur les 9 que compte la plus haute juridiction des États-Unis, la Cour a toutefois préservé l'imposition de se faire vacciner pour les employés des structures hospitalières.

Dans sa décision de jeudi, la Cour ne se prononce pas sur le fond de l'affaire, à savoir si oui ou non OSHA, l'agence fédérale des normes sécuritaires dans le milieu de l'emploi, a l'autorité légale pour imposer aux entreprises privées une obligation vaccinale ou le dépistage régulier afin de freiner la propagation du nouveau coronavirus. Le verdict de jeudi permet au fond du dossier de continuer dans les tribunaux inférieurs.

Le président américain Joe Biden s'adresse aux médias après une réunion privée avec les démocrates du Sénat, le 13 janvier 2022, au Capitole à Washington.
Le président américain Joe Biden s'adresse aux médias après une réunion privée avec les démocrates du Sénat, le 13 janvier 2022, au Capitole à Washington.

La cour a examiné deux dossiers différents. Dans le premier, la Fédération nationale des entreprises indépendantes (NFIB), une association de grandes entreprises, a contesté une règle imposée en novembre par OSHA, exigeant que les entreprises de 100 employés ou plus les fassent tous vacciner ou tester régulièrement.

Le second procès est né d'une règle similaire émanant du ministère fédéral de la santé qui imposait l'obligation vaccinale aux employés des hôpitaux et des établissements de soins. L'État du Missouri a assigné l'administration Biden en justice, arguant que les autorités fédérales n'ont pas le pouvoir d'émettre une telle obligation.

"S'il est vrai que le Congrès a indiscutablement donné à OSHA le pouvoir de réglementer les dangers professionnels, les élus n'ont pas donné à cette agence le pouvoir de réglementer la santé publique de manière plus large", lit-on dans l'opinion de la Cour qui n'a pas été signée par un juge particulier.

Joe Biden s'est dit déçu de la décision de la Cour. Il a ajouté qu'il revient désormais aux États et aux entreprises de décider s'il convient d'exiger des travailleurs "qu'ils prennent la mesure simple et efficace de se faire vacciner".

Dans le deuxième dossier, c'est par une majorité de 5 juges en faveur et 4 contre que la Cour a décidé de maintenir l'obligation vaccinale pour les employés des structures sanitaires.

Cette mesure s'appliquera à environ 10,3 millions de travailleurs dans 76 000 établissements de santé, y compris les hôpitaux et les maisons de soins qui reçoivent des fonds des programmes d'assurance maladie gouvernementaux pour les personnes âgées, les handicapés et les Américains à faible revenu.

En vertu de ce mandat, les travailleurs doivent être vaccinés d'ici la fin février.

Avec Reuters.

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