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Caritas déplore une réponse humanitaire insuffisante dans le Pool

Caritas Congo appelle à une réponse humanitaire plus structurée dans le Pool, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Au Congo-Brazzaville, le conflit armé dans le Pool a causé le déplacement de plus de 130.000 personnes qui sont aujourd’hui sans assistance régulière. Les organisations humanitaires dont Caritas Congo, appellent à une aide plus structurée dans le Pool.

Depuis leur sortie des villages, plusieurs familles déplacées du Pool attendent toujours d’être prises en charge par les autorités.

Président d'une fondation qui porte son nom, Joe Washington Ebina dénonce l'abandon des déplacés du Pool, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Président d'une fondation qui porte son nom, Joe Washington Ebina dénonce l'abandon des déplacés du Pool, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Leur situation, déjà dramatique, se dégrade au jour le jour, voici deux ans. Joe Washington Ebina, à la tête d’une fondation qui assiste souvent ses sinistrés, déplore ce manque d’assistance.

Reportage de Ngouela Ngoussou, correspondant à Brazzaville pour VOA Afrique
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"On doit trouver les solutions. Mais depuis un certain moment, on ne parle plus de rien. Il n’y a pas un seul mot sur ces populations. C’est un abandon", dénonce-t-il.

Alain Robert Moukouri, secrétaire exécutif de Caritas Congo lors d'une distribution d'aide à Nganga Lingo, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Alain Robert Moukouri, secrétaire exécutif de Caritas Congo lors d'une distribution d'aide à Nganga Lingo, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Caritas Congo indique que l’assistance qui s’organise autour de ces déplacés est encore très insuffisante.

Alain Robert Moukouri est le secrétaire exécutif de Caritas Congo.

"En terme de besoins humanitaires, la réponse est encore insuffisante parce qu’il y aussi des besoins de santé. Il faut une couverture plus coordonnée et structurée. Cela soulagerait les déplacés", affirme-t-il.

>> Lire aussi : Première distribution d’aide alimentaire dans le Pool

Dans les familles d’accueil où elles vivent, ces populations traversent des moments de grande misère.

Pascal Babakana, un déplacé de Mabenga, installé dans une famille à Nganga Lingolo, témoigne à VOA : "il faut se débrouiller pour avoir quelque chose. Nous allons dans les brousses périphériques collecter du bois, vendre et acheter de la nourriture. Nous ne voulons que de la paix pour retourner chez nous".

D’autres déplacés, racontent leur déboire à Brazzaville. "C’est difficile ici, on dort par terre, pas de moustiquaire. On souffre. Vraiment, même s’il n’y a plus rien dans les villages, nous ne voulons que repartir", indique une mère de famille.

Didier Malonga, retraité du CFCO, déplacé de Manieto à Brazzaville, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Didier Malonga, retraité du CFCO, déplacé de Manieto à Brazzaville, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)

"Je suis très déçu, je n’ai jamais été assisté. Je passe les nuits dans les marchés et les veillées funèbres. Jusque-là, y a rien de concret", déplore Didier Malonga, un retraité du CFCO, originaire du village Manieto.

Récemment, l’ambassade des Etats-Unis au Congo a apporté une assistance à ces déplacés.

>> Lire aussi : Une commission gouvernement-ninjas travaille sur l’accord de paix signé dans le Pool

L’ONG le CUDHOC, par son président Gaspard Mienantima, évalue ici la distribution de cette aide.

"Nous avons fait la ronde des ménages, malheureusement c’est le

Gaspard Mienantima, président du CUDHOC déplore la non assistance du gouvernement, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Gaspard Mienantima, président du CUDHOC déplore la non assistance du gouvernement, au Congo-Brazzaville, le 7 février 2018. (VOA/Ngouela Ngoussou)

même scenario qui revient : une partie est servie une autre délaissée. Pourquoi cette discrimination", s’interroge-t-il, accusant le gouvernement de n’avoir rien fait jusqu’alors.

Après la signature des accords de paix dans le Pool, les populations attendent désormais le calendrier de retour dans les villages.

Ngouela Ngoussou, correspondant à Brazzaville

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Un chef d'état major refoulé par les familles de soldats tués

Le ministre de la Sécurité nationale, Salif Traoré, sur les lieux de l'attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Le chef d'état-major de l'Armée de terre malienne venu présenter ses condoléances à Nioro (ouest) jeudi a été conspué par les familles de militaires tués dans le centre du Mali au cours d'une attaque qui a fait 26 morts, a appris l'AFP de témoins et de source militaire.

Un précédent bilan de cette attaque à Dioura le 17 mars, attribuée aux hommes de Ba Ag Moussa, dit "Bamoussa", considéré comme un proche du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef de la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, s'élevait à 23 morts.

Lors d'une cérémonie officielle jeudi, le président Ibrahim Boubacar Keïta est revenu sur cette attaque, prévenant les chefs militaires qu'"aucune négligence ne saurait plus être tolérée. En tout cas, je ne la tolérerai pas, pour la vie de nos enfants".

"C'est nous qui devons apporter dorénavant la peur ailleurs, pas qu'on nous l'apporte à nous", a-t-il lancé, soulignant qu'il s'agissait d'un "mort d'ordre aux forces armées".

Par ailleurs, des veuves de militaires de la ville-garnison de Kati, à 15 km au nord de Bamako, qui projetaient une marche jeudi, y ont renoncé in extremis à la suite d'une médiation, selon des sources locales.

A Nioro du Sahel, près de la frontière mauritanienne, le général Abdrahamane Baby et sa délégation ont dû rebrousser chemin sans avoir pu présenter leurs condoléances, face à la colère des familles du camp militaire, ont indiqué un élu local sous le couvert de l'anonymat et des témoins.

"Nous ne voulons pas de chef militaire ici, le général Baby, dès son arrivée à Nioro, nous avons dit +Non et non!+. Qu'il retourne à Bamako avec ses condoléances", a déclaré Hatouma Sylla, veuve d'un militaire tué à Dioura, jointe au téléphone par l'AFP.

"Les veuves des militaires ont catégoriquement refusé son entrée au camp, elles ont brûlé des pneus", a expliqué Bakary Séméga, un enseignant de Nioro. "C'est surtout les veuves et orphelins des soldats tombés sur le champ d'honneur. Ils étaient soutenus par la population", a-t-il ajouté.

Exprimant "sa colère contre le gouvernement", Mariam Diambou, une autre veuve de militaire a déclaré de son côté en avoir "assez". "Nos maris, nos enfants, ce sont eux qui meurent à longueur de journée. Ce n'est pas normal, c'est un complot", a-t-elle dit.

Une source militaire malienne contactée dans le centre du pays a affirmé que le bilan de l'attaque s'élevait désormais à 26 morts, mais pourrait encore s'alourdir. "Nous avons découvert des nouveaux corps, c'est ce qui fait que le nouveau bilan est de 26 morts", a précisé cette source.

Sollicité, le ministère de la Défense n'a pas souhaité commenter les événements survenus jeudi à Nioro, fief du chérif Bouyé Haïdara, l'un des plus influents dirigeants musulmans du pays, qui a manifesté son opposition au président Keïta.

Les chefs d'état-major interarmes français et britannique, les généraux François Lecointre et Nick Carter, se trouvent actuellement au Mali, ou ils ont été reçus mercredi par leur homologue, le général M'bemba Moussa Keïta, selon un communiqué militaire malien.

La France conduit l'opération Barkhane qui traque les jihadistes dans le Sahel avec quelque 4.500 militaires, dont 2.700 au Mali, selon Paris.

Le Premier ministre français Edouard Philippe s'est rendu il y a un mois au Mali pour réaffirmer le soutien de son pays à Bamako, tout en appelant à accélérer l'application de l'accord de paix de 2015. Et les ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU se rendent au Mali et au Burkina Faso voisin à partir de vendredi.

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