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CAN 2017 : Salah ou la renaissance italienne des Pharaons d'Egypte


Mohamed Salah de l’Egypte marque un but lors du match de football de la Coupe d'Afrique des nations Groupe D entre l'Egypte et le Ghana au Stade de Port-Gentil, Gabon, 25 janvier 2017.

Son coup franc canon contre le Ghana mercredi (1-0) a propulsé l'Egypte en quart de finale de la CAN-2017: les Pharaons comptent sur la dynamique de leur ailier Mohamed Salah, flamboyant à l'AS Rome, pour revenir au sommet de l'Afrique.

Absente des trois précédentes CAN, l'Egypte affronte dimanche le Maroc d'Hervé Renard, le sélectionneur français qui a remporté deux CAN, dont la dernière en date, avec la Côte d'Ivoire.

Mais le Maroc ne possède pas un profil à la Salah. "Le Messi égyptien": son surnom est sans doute exagéré, mais il dit quelque chose des dispositions techniques de l'attaquant, déroutant de vitesse et de plus en plus habile au moment de conclure.

A 24 ans, il est peut-être le seul élément de l'effectif actuel à paraître de la trempe des joueurs emblématiques partis ces dernières années à la retraite, les Mohamed Aboutrika, Ahmed Hassan, Wael Gomaa ou Mohamed Zidan.

"S'il continue sur sa lancée, il peut devenir l'un des meilleurs joueurs du monde", avait prévenu mi-janvier son sélectionneur, l'Argentin Hector Cuper.

Or la lancée de Salah, c'est une année conclue parmi les cinq meilleurs joueurs au Ballon d'Or africain 2016.

En sélection, il a idéalement mis sur orbite l'Egypte en qualifications pour la Coupe du monde 2018, en tête de son groupe E après deux victoires obtenues au Congo (2-1) et contre le Ghana (2-0), avec à chaque fois un but de Salah.

Avec son coup franc mercredi, le N.10 des Pharaons en est déjà à 30 buts en 50 capes.

- Un Pharaon dans la Ville éternelle -

Avec son gabarit svelte (1,76 m, 71 kg), ce barbu affole aussi les défenses italiennes depuis deux ans dans un Calcio dont il est devenu l'un des joueurs les plus décisifs: il est du genre à multiplier appels et courses pendant tout un match, et comme il va très vite, il ne manque pas d'user les défenses.

Après une bonne demi-saison d'adaptation à la Fiorentina, il a réalisé un excellent exercice 2015-2016 à la Roma, fini meilleur buteur du club (15 buts toutes compétitions confondues) et même été élu meilleur joueur de la Louve.

Sa dolce vita dans la Ville éternelle s'est poursuivie lors de la première partie de 2016-2017 avec déjà 8 buts et 4 passes décisives en 16 matches de Serie A, et en point d'orgue un récital début novembre, où il avait écrasé à lui seul Bologne avec un triplé (3-0).

Sa très bonne entente avec le buteur bosnien Edin Dzeko a permis aux Giallorossi de rester à la lutte pour le titre avec la Juventus. Sa blessure, fin 2016 à une cheville, a d'ailleurs handicapé son équipe, battue 1-0 par le club turinois dans le choc au sommet.

Son entraîneur Luciano Spalletti était d'ailleurs très inquiet de son départ à la CAN, et depuis qu'il est parti, le jeu de la Roma est plus minimaliste (victoires 1-0).

Salah est devenu une figure de la Louve également en termes commerciaux, car son maillot est l'un des plus vendus, et il ouvre des perspectives au club dans le monde arabe, comme le séjour des Romains à Dubaï l'été dernier l'a montré.

Cette faste période italienne est déjà en soi une résurrection pour Salah.

L'Egyptien s'était fait remarquer à l'automne 2013 en inscrivant deux buts pour Bâle en deux matches contre Chelsea en Ligue des Champions, et les Suisses avaient ainsi battu deux fois les Anglais (2-1 et 1-0) en phase de groupes.

Salah avait alors été recruté en janvier 2014 par Chelsea. Mais il n'a jamais convaincu Jose Mourinho et a quitté Londres au bout d'un an seulement. Pour une renaissance italienne.

"Il peut jouer à tous les postes en attaque. C'est un excellent ailier, mais on obtient le meilleur de lui quand il joue en attaquant de soutien", selon Vincenzo Montella, qui l'a eu sous ses ordres à la Fiorentina durant le premier semestre 2015.

Aec AFP

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