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CAN 2017 : André et Jordan Ayew, deux fils d'Abedi Pelé qui sont comme des jumeaux


Jordan Ayew du Ghana jubile après son but lors du match Ghana-Guinée équatoriale, aux demi-finales de la CAN 2015, au stade de Malabo, 5 février 2015.

Les attaquants du Ghana André et Jordan Ayew "ne sont pas jumeaux, mais presque", résume Franck Passi, longtemps entraîneur à Marseille des fils d'Abedi Pelé, qui ont su forger leurs carrières malgré l'immense pression des héritiers.

"Ils ont été éduqués football, ils se transmettent beaucoup de choses du père aux fils, et les frères entre eux, c'est une vraie famille foot", explique à l'AFP Elie Baup, un des entraîneurs dont Passi a été l'adjoint à l'Olympique de Marseille, avant le deuxième match des frangins à la CAN-2017, samedi contre le Mali.

"Ils ont +rêvé le père+, c'est vrai, formule Baup, mais quand même ce ne sont pas des joueurs lambda! André (27 ans) fait une super carrière, et celle de Jordan (25 ans) n'est pas mal du tout."

Leur palmarès n'égale pas celui d'Abedi, champion d'Europe avec Marseille (1993) et d'Afrique avec le Ghana (1982). Eux ont perdu la finale de la CAN-2015 (0-0, 9 t.a.b. à 8) contre la Côte-d'Ivoire, achevée dans un torrent de larmes pour André.

Ils auraient pu faire taire alors quelques-unes des comparaisons avec leur glorieux père qu'ils entendent depuis leur arrivée au centre de formation de l'Olympique de Marseille à deux ans d'intervalle, alors qu'il étaient chacun âgés de 15 ans.

- Patron et joker -

Du coup, Jordan était fustigé à chaque incartade. "Son image ne correspond pas du tout à sa mentalité, s'insurge Baup, qui le présente comme "un garçon charmant, et très travailleur".

De vieilles histoires le poursuivent toujours, comme un carton rouge à Evian deux minutes après son entrée en jeu ou une droite à David Beckham contre Paris.

"Mais il est tellement dans la gagne qu'il a des excès parfois, avec moi il ne jouait pas toujours beaucoup, alors quand il rentrait il faisait des trucs qui le montraient du doigt, comme contre le PSG", l'excuse Baup.

Malgré l'ombre d'Abedi, "André a fait son trou dans la carrière, et Jordan va le faire, j'en suis sûr", dit Passi à l'AFP.

Chez les "Black Stars", l'aîné est un patron et Jordan un joker. S'ils sont très complices, ils n'occupent pas le même poste. "André peut jouer au milieu, en 8 ou en 10, on l'avait fait jouer à ce poste-là avec Elie", explique Passi, impressionné par "son timing" pour marquer de la tête.

- "Passionnés de foot"-

"Jordan adorait surtout cette place derrière l'attaquant, en neuf et demi, où il touchait des ballons. Son point fort c'est sa mobilité", ajoute Baup.

Les deux entraîneurs soulignent également l'énorme mental d'André. "Un joueur présent dans les grands rendez-vous" pour Passi, "un guerrier selon Baup, très résistant à la douleur physique. On l'a vu jouer avec une épaule en l'air, il a une mentalité exemplaire".

Les "jumeaux" ghanéens se retrouvent aussi sur l'amour de leur sport. "Les deux sont des vrais passionnés de foot, raconte Baup. Tu te régalais à parler avec eux des matches anglais de la veille. Jordan, tu peux lui demander n'importe quoi sur le foot."

Les frères Ayew ont longtemps vogué de conserve, ils allaient toujours ensemble en voiture au centre d'entraînement de l'OM, La Commanderie. Désormais André joue à West Ham pendant que Jordan se morfond à Aston Villa. Il avait réussi une bonne première saison (30 matches, 7 buts), mais la descente en 2e division anglaise l'a freiné.

Ils se retrouvent pour la CAN au Gabon, qui peut relancer le cadet en pleine période de mercato. La Coupe d'Afrique, leur père l'a remportée alors qu'il n'était pas encore majeur. Son nom avait été changé d'Abedi Ayew en Abedi Pelé par le chef de l'Etat. Ses fils, eux, se sont fait un prénom.

Avec AFP

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