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CAN 2017 : les Egyptiens entre euphorie et appréhension avant la finale


Des supporters égyptiens regardent le match de demi-finale Egypte-Burkina Faso sur un grand écran de télévision dans une rue dans le quartier Imbaba du Caire, au cours de la CAN Gabon 2017, 1er février 2017.

Amro Moustafa est très fier de décorer l'intérieur de sa maison du Caire avec deux grands drapeaux égyptiens: il est certain que les "Pharaons" remporteront dimanche la finale de la coupe d'Afrique des Nations face au Cameroun.

L'Egypte qui totalise sept trophées depuis 1957 dans ce tournoi africain de football espère battre un nouveau record. Après avoir réalisé un incroyable triplé (2006, 2008, 2010), puis connu une chute brutale, la sélection a fini par remonter la pente et ses supporters sont au comble de l'excitation.

"Je suis optimiste et confiant dans notre victoire", affirme à l'AFP Amro Moustafa, un ingénieur de 33 ans. "Remporter le championnat pour la huitième fois va nous rendre notre prestige", dit-il en tenant dans ses bras sa fillette de six mois.

A ses côtés, sa femme Samia réceptionne des bouteilles de jus et de boissons gazeuses qu'elle a commandées pour préparer la venue de proches et d'amis à la soirée du dimanche.

Dans les rues de la capitale égyptienne, l'enthousiasme est aussi palpable, les automobilistes brandissent le drapeau national et klaxonnent à tout-va. Aux ronds-points, des vendeurs ambulants proposent drapeaux et vuvuzela aux passeurs.

- 'Cameroun effrayant' -

"Nous avons beaucoup d'espoir en notre équipe, mais surtout en Hadary!" s'exclame Ali Nour, un chauffeur de taxi de 58 ans.

Fierté des supporters égyptiens, le légendaire gardien de but Essam El-Hadary, 44 ans, a gardé ses cages inviolées jusqu'en demi-finale.

Mais ce sont surtout ses deux arrêts décisifs lors de la séance de tirs aux buts contre le Burkina Faso, alors que son équipe était en ballottage défavorable, qui ont marqué les esprits.

Au café "Calipso", le propriétaire Mohammad Ibrahim se prépare pour recréer "l'ambiance du stade", avec plusieurs écrans et une bonne sono avant la finale de dimanche à Libreville.

Mais l'appréhension est aussi de mise, l'équipe adverse reste redoutable, même si sa dernière victoire à la CAN remonte à 2002.

Les performances des "Lions indomptables" camerounais, surtout lors de la demi-finale contre le Ghana (2-0), ont impressionné. Celle-ci sonne comme une revanche pour le Cameroun, neuf ans après une défaite au même niveau contre l'Egypte.

"Le Cameroun est une équipe bien organisée, avec une meilleure défense et une meilleure attaque. Le Cameroun est effrayant", reconnaît Mahmoud al-Farmaoui, ingénieur de 30 ans.

Même crainte chez le médecin Eid Mannah, impressionné par la "capacité des joueurs camerounais à garder une grande forme pendant les 90 minutes de jeu".

"Je suis optimiste, mais j'ai peur", confie-t-il en fumant un narguilé au café Calipso.

Excédés et démoralisés par une grave crise économique, une envolée des prix et un douloureux programme d'austérité lancé par le gouvernement, les Egyptiens rêvent d'une victoire qui pourrait leur redonner le sourire.

L'absence de leur équipe aux trois dernières Coupes d'Afrique des nations (2012, 2013 et 2015) a coïncidé avec la période d'instabilité politique qui a suivi la révolution de janvier 2011 et la chute de Hosni Moubarak, puis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013.

"Les gens veulent un peu de joie après une longue période de crises. Nous avons urgemment besoin de cette victoire", dit Rabih Hilal, 68 ans, attablé au même café.

Avec AFP

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