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Le partage du Cameroun allemand à l'origine de la crise anglophone


Les avocats et l’assistance dans la cour du tribunal militaire lors de l'audience criminelle spéciale de deux leaders de la contestation anglophone, à Yaoundé, Cameroun, 7 juin 2017.

La crise anglophone qui agite actuellement le Cameroun tire son origine de l'histoire politique mouvementée de ce pays d'Afrique centrale, colonie allemande de la fin du XIXe siècle à la Première guerre mondiale.

A la défaite de l'Allemagne en 1918, la Société des nations (SDN, ancêtre de l'ONU) a confié les quatre cinquièmes de l'actuel Cameroun à la tutelle de la France et à la Grande-Bretagne pour sa partie occidentale bordant le Nigeria.

Lors de l'indépendance en 1960, une partie du Cameroun sous tutelle britannique (le Nord majoritairement musulman) se prononce pour son rattachement au Nigeria.

L'autre partie - Southern Cameroon - se prononce pour l'indépendance et son rattachement à l'ex-Cameroun francophone. Les deux entités forment une République fédérale à partir du 1er octobre 1961.

En 1972, un référendum met fin au fédéralisme. Les deux Etats fédérés disparaissent pour faire place à un seul Etat, avec une seule Assemblée nationale.

Dans la structure actuelle, le Cameroun comprend dix régions dont deux majoritairement anglophones, le Nord-Ouest (capitale: Bamenda) et le Sud-Ouest (capitale: Buea). Les anglophones représentent environ 20% des 22 millions d'habitants. Les programmes de la télévision d'Etat CRTV sont parfaitement bilingues et le principal parti d'opposition s'appelle le Social Democratic Front (SDF).

Les tensions actuelles ont commencé il y a près d'un an en novembre 2016 avec les revendications principalement des enseignants déplorant la nomination de francophones dans les régions anglophones, ou de juristes déplorant la suprématie du droit romain au détriment de la Common Law anglosaxonne.

Les leaders de la contestation demandent en majorité un retour au fédéralisme et, pour une minorité, l'indépendance et la proclamation d'un nouvel Etat qu'ils appellent l'Ambazonie.

L'exécutif, emmené par le président Paul Biya et son Premier ministre - anglophone - Philemon Yang opposent une fin de non-recevoir à ces deux revendications.

Avec AFP

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