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Un jeune tué samedi par les forces de sécurité au Cameroun anglophone


Des centaines de jeunes manifestent dans les rues d'Ekona pour l'indépendance, le 22 septembre 2017.

Un jeune habitant de Kumba, dans la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, a été "tué samedi par les forces de sécurité", a déclaré à l'AFP un infirmier de la ville, tandis que Buea, le chef-lieu du Sud-Ouest, était calme dimanche matin.

"On a tiré sur lui lors d'une opération de sécurisation" à Kumba II, dans le deuxième arrondissement de la ville, a expliqué cet infirmier sous couvert d'anonymat, en précisant que sa dépouille avait été déposée à la morgue de l'hôpital général.

La mort de ce jeune homme, à la veille d'une déclaration symbolique d'indépendance des régions anglophones du Cameroun, a été confirmée à l'AFP par un agent de sécurité et plusieurs habitants joints par téléphone depuis Buea.

Kumba est réputée frondeuse: depuis le début de la crise provoquée par la contestation anglophone, de nombreux affrontements entre forces de l'ordre et populations y ont éclaté.

Dimanche, jour anniversaire de la réunification officielle des parties anglophone et francophone du Cameroun en 1961, les séparatistes anglophones ont prévu de proclamer symboliquement l'indépendance de l'Ambazonie, du nom de l'Etat qu'ils veulent créer.

A Buea, le calme prévalait dimanche dans la matinée, les rues étant désertes d'habitants, a constaté un journaliste de l'AFP. Dès le levée du jour, les forces de sécurité ont patrouillé entre Buea Town, le quartier administratif où les indépendantistes ont prévu de se rassembler, et le centre-ville de Buea.

Un hélicoptère des forces de sécurité a survolé la ville, comme la veille. Selon diverses sources concordantes, des interpellations auraient eu lieu, sans qu'on en connaisse le nombre exact.

Contrairement à samedi où certains taxis circulaient sur la route principale, il n'y en avait aucun dimanche.

La plupart des habitants étaient terrés chez eux, les portes généralement closes. "Je ne peux pas sortir, il nous a été demandé de rester à la maison", a témoigné Nancy, une habitante de la ville. "Tout le monde a peur. On se sent en insécurité, ce n'est pas bon", a appuyé un autre habitant, Thom.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20% des 22 millions de Camerounais, proteste contre ce qu'elle appelle sa "marginalisation", dans l'enseignement et la magistrature notamment.

Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme, tandis qu'une minorité réclame la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse catégoriquement Yaoundé.

Avec AFP

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