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Buhari toujours en tête de la présidentielle au Nigeria selon des résultats partiels

Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à voter lors de l'élection du Nigeria dans un bureau de vote à Daura, dans l'État de Katsina, au Nigeria, le 23 février 2019.

Le chef de l'Etat Muhammadu Buhari était toujours en tête de la présidentielle au Nigeria mardi, selon les derniers résultats partiels annoncés progressivement par la Commission nationale électorale (INEC).

Par ailleurs, le bilan des violences électorales est passé de 39 à 47 morts depuis le scrutin de samedi, selon un nouveau bilan communiqué par la société civile.

La Commission électorale a continué son décompte mardi, égrenant progressivement pour chaque parti les résultats Etat par Etat.

Le président sortant, âgé de 76 ans, a jusque-là remporté dix Etats contre huit à son principal rival, l'ancien vice-président Atiku Abubakar, 72 ans, du Parti démocratique populaire (PDP).

Selon les derniers résultats publiés, Buhari obtient de larges majorités dans ses bastions du nord-ouest avec les Etats de Niger (72%) Jigawa (72%) et Kaduna (60%) tandis que M. Abubakar l'emporte de justesse dans sa région d'Adamawa, dans le nord-est (51%).

Le président et son parti, le Congrès des progressistes (APC), confortent donc leur avance au plan national avec près de 6,2 millions de voix, contre 5,1 millions à M. Abubakar, une fois les résultats tombés dans 17 Etats (sur 36) et la capitale fédérale.

Pour être élu dès le premier tour, le vainqueur doit obtenir, outre la majorité des suffrages exprimés, au moins 25% des voix dans les deux tiers des 36 Etats auxquels s'ajoute le territoire d'Abuja. Sinon un second tour devrait avoir lieu dans une semaine.

Si les résultats complets ne sont pas attendus avant mardi soir, voire mercredi, plusieurs médias nigérians ont déjà affirmé que Buhari était sur le point de rempiler pour un second mandat.

Ils s'appuient notamment sur des résultats - non officiels - donnant Buhari vainqueur dans deux Etats clés, les plus gros réservoirs de voix du pays: Kano, dans le nord-ouest et Lagos dans le sud-ouest.

Dès lundi après-midi, l'opposition a d'ailleurs dénoncé une "manipulation" des résultats par le parti de M. Buhari afin de se maintenir au pouvoir.

Après un report d'une semaine annoncé à la dernière minute en raison d'énormes défis logistiques dans le pays le plus peuplé d'Afrique (190 millions d'habitants), les Nigérians ont voté samedi pour choisir un nouveau président, mais aussi leurs députés et sénateurs.

Retards à l'ouverture des bureaux de vote, intimidations d'électeurs, destruction de matériel électoral: la société civile et les observateurs étrangers, notamment de l'Union européenne, ont dénoncé de nombreuses irrégularités dans la tenue du scrutin.

D'autre part, le report du scrutin risque d'avoir un impact sérieux sur le taux de participation, alors que de nombreux Nigérians avaient voyagé dans leur région d'origine pour pouvoir voter à la date initialement prévue par la Commission électorale, le 16 février.

L'affluence a ainsi reculé dans tous les Etats dont les résultats ont déjà été annoncés - sauf à Kogi, Ekiti et Adamawa - notamment dans le sud-est, bastion de l'opposition où Buhari est particulièrement impopulaire.

Le nouveau bilan des violences électorales est de 47 morts, a par ailleurs déclaré à l'AFP Yemi Adamolekun, de l'ONG Enough is Enough, membre du groupement de la société civile Situation room, qui a surveillé le déroulement du scrutin et avait lundi évoqué le chiffre de 39 victimes.

Faisant état de niveaux de fraude et de violence "inquiétants", elle a affirmé que certains agents de l'INEC avaient été forcés de publier leurs résultats sous la contrainte et que des enquêtes étaient en cours sur les allégations d'intimidations.

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Déception après la sortie du président Buhari

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Le chef de l’État nigérian a reconnu que les manifestations des jeunes sont légitimes

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Buhari consulte les anciens présidents nigérians pour trouver une solution aux manifestations

Le président nigérian Muhammadu Buhari préside une réunion du gouvernement à Abuja, au Nigeria, le 13 mai 2020. (Photo: Nigeria Presidency/Handout via REUTERS)

Le président nigérian Muhammadu Buhari est en consultation avec ses prédécesseurs et les chefs des services de sécurité lors d’une réunion par visioconférence, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Même si l’agenda de cette réunion sans précédent n’a pas été communiqué, les analystes s’accordent à dire que le locataire d’Aso Villa, élu en 2015, consulte ses prédécesseurs pour trouver une solution à la crise qui secoue le pays le plus peuplé d’Afrique née de manifestations contre la brutalité policière.

Parmi les anciens dirigeants qui ont répondu présent figurent son ex-adversaire Goodluck Jonathan, mais aussi Olusegun Obasanjo, Abdulsalami Abubakar, Ernest Shonekan et Yakubu Gowon, précise Bashir Ahmad, porte-parole de la présidence nigériane, via Twitter.

La veille, le président Buhari avait appelé les manifestants du mouvement "END SARS" à mettre fin à leurs manifestations et à s’engager dans un dialogue avec le gouvernement.

Dans une allocution télévisée, M. Buhari a déclaré que les manifestants avaient le droit, en vertu de la Constitution, de s’exprimer pacifiquement. Cependant, a-t-il ajouté, leurs intentions ont été détournées par des voyous déterminés à semer la pagaille dans tout le pays.

Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.
Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.

Le président Buhari a aussi rappelé à ses concitoyens que le gouvernement fédéral avait déjà accepté les revendications en cinq points des manifestants et qu'il s'était engagé à réformer davantage la police.

Le sommet virtuel de vendredi a lieu après que la violente répression des manifestants ait suscité de vives critiques à travers le monde.

L'ancien président Obasanjo était sorti de sa réserve habituelle pour appeler le gouvernement et les manifestants à "éviter la violence et à embrasser le dialogue" dans une déclaration lue en personne et diffusée sur la chaîne Channels Television.

Mobilisées via les réseaux sociaux, les manifestations menées par les jeunes dans plusieurs régions du pays ont initialement ciblé la Brigade spéciale fédérale de lutte contre les vols (SARS), une unité de police notoire longtemps accusée de harcèlement, d'extorsion et d'exécutions extrajudiciaires. Ces manifestations ont progressivement pris la tournure de revendications plus larges.

Les forces de sécurité reprennent le contrôle de Lagos après trois jours de violences

Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigéria, le 21 octobre 2020.

Les forces de sécurité reprenaient vendredi peu à peu le contrôle de la mégapole tentaculaire de Lagos, où l'on pouvait entendre encore des coups de feu sporadiques, après trois jours de violences et de contestation populaire dans le sud du Nigeria.

"Des officiers de police patrouillent dans les quartiers de la ville pour assurer la sécurité de ses habitants. Vous êtes priés de rester chez vous", tweetait dans la nuit la police, quelques heures après le discours du président Muhammadu Buhari, prévenant qu'il n'autoriserait personne à "mettre en péril la paix et la sécurité de l'Etat".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations
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Des nombreux camions de police, avec des agents portant des fusils d'assaut Kalachnikov, contrôlaient les quelques voitures dans les rues et dispersaient les badauds, qui tentaient toujours de rentrer chez eux à pieds, après deux jours de couvre-feu total, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans les quartiers populaires, la tension est également redescendue, après la répression menée mardi contre des milliers de manifestants pacifiques à Lagos par des militaires et la police, qui a fait au moins 12 morts selon l'ONG Amnesty International, suivie de deux jours de pillages et de violences, même si des groupes de jeunes continuaient à bloquer des voitures en échange de quelques billets, selon des témoins.

De leur côté, les quelques organisations ou célébrités qui ont porté le mouvement semblaient également appeler au calme.

"PREPAREZ VOS CARTES D'ELECTEURS. Ce n'est pas fini", inscrivait la star de la musique afropop Davido, sous-entendant que le combat devrait désormais se dérouler dans les urnes et non dans la rue.

La "coalition féministe", autre mouvement leader de cette contestation populaire contre le pouvoir en place, a invité la jeunesse à rester chez soi, soulignant "qu'aucune vie ne méritait d'être perdue".

"Ces deux dernières semaines ont été éprouvantes pour la plupart des Nigérians, et particulièrement ces deux derniers jours", pouvait-on lire dans un communiqué publié vendredi matin. "Nous devons rester en vie pour accomplir nos rêves d'un futur meilleur".

Le gouverneur de Lagos a publié la liste d'officiers de police "poursuivis en justice pour violation des droits de l'Homme", en signe d'engagement pour "reconstruire Lagos et mettre fin à l'impunité policière".

Amnesty International, qui a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations, a demandé vendredi "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante", notamment sur la tuerie du péage de Lekki, qui a fait au moins 10 morts selon l'ONG mardi soir et ému le pays et le monde entier.

Muhammadu Buhari, ancien général putschiste dans les années 1980, puis élu démocratiquement en 2015 puis 2019, n'a fait aucune mention de cette répression sanglante dans son allocution télévisée jeudi soir, et a invité la communauté internationale, qui a condamné en masse les violences "à attendre d'avoir tous les éléments entre les mains avant de juger".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations

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