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Les forces de sécurité mises en cause pour avoir violenté des journalistes à Brazzaville


Le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, à Brazzaville, Congo, 8 juin 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Des avocats congolais, sénégalais et français ont accusé vendredi "les forces de sécurité" congolaises d'avoir empêché la tenue de leur conférence de presse la veille à Brazzaville en agressant des journalistes.

Des journalistes - dont le correspondant de l'AFP et de RFI - ont été pris à partie par des individus en civil alors qu'ils venaient rencontrer les avocats d'un opposant en prison, André Okombi Salissa, à 16h30 locales dans les locaux d'un journal.

"Les forces de sécurité ont envahi dès 16h00 les lieux afin d'empêcher la tenue de la conférence de presse", ont accusé les avocats dans un communiqué vendredi.

"Ils ont alors pris à partie l'ensemble des membres de la presse, dont certains se sont vus sévèrement brutalisés et leurs matériels de travail confisqués", ajoutent Mes Boukounta Diallo, Yvon Ibouanga, Stéphanie Le Meignen et Clément Abitbol.

"Il s'agit d'une atteinte intolérable à la liberté de la presse. Ce comportement dénote une volonté de museler la défense et la presse", selon le groupe d'avocats.

Les directions de l'AFP et RFI ont également condamné les violences envers leur correspondant, qui souffre de "perforations" aux oreilles à la suite de l'agression, selon un diagnostic établi vendredi matin par un spécialiste ORL. Son téléphone et son enregistreur ont été confisqués.

Joint par l'AFP vendredi soir, le ministre congolais de la Communication Thierry Moungalla a dit qu'il ignorait tout de l'agression, qu'il "condamne" si les journalistes étaient visés en tant que tels.

Ex-ministre passé à l'opposition, candidat à l'élection de 2016 contre le président Denis Sassou Nguesso, André Okombi Salissa "est actuellement détenu dans les locaux de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire de Brazzaville", ont rappelé ses avocats.

Il est inculpé depuis le 23 janvier 2017 pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", ont-ils ajouté en dénonçant "une procédure bâclée et expéditive". M. Okombi Salissa clame son innocence, selon ses avocats.

Avec AFP

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