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Manifestation de l'opposition empêchée à Brazzaville

Les forces de police devant le domicile de Blanchard Oba, président de l'IDC au centre-ville de Brazzaville, le 3 octobre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Mardi matin, des unités de la police ont bloqué l'accès à la place Poste de Brazzaville où devaient manifester les membres de l'opposition et de la société civile, pour appeler le FMI à la transparence dans les négociations qu'il mène actuellement avec les autorités congolaises.

La place de la Poste a été prise par les forces de sécurité pour empêcher le rassemblement de l’opposition et de la société civile. Elles entendaient manifester pour réclamer plus de transparence dans les discussions que mènent actuellement le FMI avec les autorités congolaises.

Les responsables de l'opposition n'ont pas eu le temps de rejoindre la place de la Poste car les véhicules de police ont pris position devant leurs domiciles.

La présidente de la Fédération de l'opposition congolaise, Claudine Munari est chez elle avec deux autres leaders, Clément Mierassa et Charles Zacharie Bowao.

Pour Charles Bowao, il s’agit d’un "mouvement d’intimidation", dénonçant qu’il soit empêché de sortir.

Un autre opposant, Blanchard Oba, chef de l’IDC (Initiative pour le démocratie congolaise) a été isolé dans son hôtel par les policiers mobilisés en véhicules. "Je suis là, je ne sais pas ce qu’ils feront de moi. Ce qui est sûr, je ne peux pas sortir", a-t-il déclaré à la VOA Afrique.

Les retraités et les étudiants, qui réclament 9 mois de pensions et de bourses non payées, ainsi que les autres travailleurs des entreprises en difficulté de paiement, devaient se rejoindre au centre-ville pour manifester leur ras-le-bol. Ils devaient aussi demander au FMI de préserver leurs acquis sociaux.

Mais la manifestation n’a plus eu lieu. Des véhicules de la police (des pick-up BJ et des bus) ont été mobilisés au rond-point de la Poste, où pendant un moment la circulation avait ralenti. Les membres de la société civile qui commençaient arriver sur la place de la Poste, ont dû se retrouver dans un hôtel de la place, pour décider de ne plus manifester.

L’opposition a par ailleurs dénoncé l’arrestation au domicile de Claudine Munari, de deux de leurs militants. Il s’agit de Bienvenu Missamou et Albert Manfoutou, selon Charles Zacharie Bowao.

Les forces de police devant le domicile de Blanchard Oba, président de l'IDC au centre-ville de Brazzaville, le 3 octobre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Les forces de police devant le domicile de Blanchard Oba, président de l'IDC au centre-ville de Brazzaville, le 3 octobre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

La semaine dernière, le président Sassou N’Guesso, en séjour à New York, a rencontré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde. Elle aurait assuré au chef de l’Etat congolais que son institution était disposée à accompagner le Congo dans ses réformes économiques pour faire face à la crise.

A Brazzaville, où la mission du FMI est attendue depuis le mois d’août, l’impatience se dessine dans la société.

Entre le FMI et le gouvernement congolais, une dette cachée aurait dépassé, d’après les informations du Fonds, les 120% du PIB.

L'ancienne ministre Claudine Munari affirme n'avoir jamais été courant de la dette, à Brazzaville, Congo, le 1er septembre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)
L'ancienne ministre Claudine Munari affirme n'avoir jamais été courant de la dette, à Brazzaville, Congo, le 1er septembre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Interrogée pour savoir si cette question est souvent évoquée au sein du gouvernement, l’ancienne ministre du Commerce, Claudine Munari, affirme qu’elle n’a jamais été informée de cette situation.

"Notre système opaque fait que tous les membres du gouvernement ne sont pas informés de telles situations", avoue-t-elle, au cours d’une conférence de presse tenue à Brazzaville.

Ngouela Ngoussou, correspondant à Brazzaville

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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