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Légère percée des femmes au sein du Parlement à Brazzaville


La sénatrice Marie Thérèse Bouvet, à la session inaugurale du Sénat congolais, le 12 septembre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Avec 17 femmes élues à l’Assemblée nationale, alors qu’elles n’y étaient que 12 à la dernière législature, la participation féminine dans les pôles de décisions progresse.

La sénatrice de la majorité, Marie Thérèse Bouvet, estime que ce combat ne doit pas s’arrêter, car les femmes sont en droit de remporter plus de victoires.

​"Nous sommes 15 au Sénat. Le combat va se poursuivre, afin que les femmes soient plus représentées", indique-t-elle, en marge de la session inaugurale de la chambre haute du Parlement congolais.

Deux femmes, dont Sylvie Kaki dans la Lékoumou (sud-ouest), ont été élues à la tête des conseils départementaux. Il y a quelques années seulement, cela était encore impossible.

Grâce à une loi sur la parité et qui accorde 30% de places aux femmes dans les listes électorales, les Congolaises ont pu faire une légère percée au sein des parlements.

Nefer Inès Ignani, ministre de la Promotion de la femme, à Brazzaville, le 27 février 2013. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Nefer Inès Ignani, ministre de la Promotion de la femme, à Brazzaville, le 27 février 2013. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Faisant un constat mitigé, la ministre de la Promotion de la femme, Nefer Inès Ingani, estime que le Congo est encore très loin des ambitions des femmes.

"Ces résultats sont insuffisants et placent jusque-là le Congo au 172e rang mondial, selon le classement de l’Union parlementaire mondiale", révèle-t-elle.

Inès Ingani annonce le combat de la femme dans le but d’obtenir un nouveau texte qui renforce la participation des femmes dans les cercles des décisions.

Plutôt optimiste, Didier Clotaire Boutsindi, responsable d’une association politique, appelle les femmes à se lever pour leurs droits.

"Si la loi reconnaît 30% des sièges aux femmes, elles doivent se lever pour le revendiquer. Les femmes doivent parler, elles ne doivent pas toujours compter sur les hommes. Les femmes congolaises doivent prendre les décisions par elles-mêmes", exhorte-t-il.

Roch Euloge N'zobo activiste des droits politiques et civiques, le 12 septembre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)
Roch Euloge N'zobo activiste des droits politiques et civiques, le 12 septembre 2017. (VOA/Ngouela Ngoussou)

Analysant plus globalement le problème, Roch Euloge N’zobo, activiste des droits politiques et civils, indique que le système électoral du pays n’avantage pas les femmes.

"On ne peut pas régler le problème de la femme tant qu’on aura pas un système électoral démocratique. Les gens sont nommés au lieu d’être élus, il y a un mauvais découpage électoral, l’indépendance de la commission électorale pose problème. Il faut d’abord régler ces fondamentaux avant de penser aux droits de la femme", souligne Roch Euloge N’zobo.

Les élections des sénateurs ont clôturé le long processus électoral débuté en 2015 avec le référendum constitutionnel.

Avec 246 femmes élues dans les conseils départementaux ou communaux contre 135 à la dernière mandature, la participation féminine dans la sphère des décisions commence réellement à prendre corps au Congo.

Ngouela Ngoussou, correspondant à Brazzaville

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