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Botswana : réactions passionnées après le rétablissement de la chasse aux éléphants

Les éléphants errent dans les plaines du district de Chobe, en Ouganda, le 19 septembre 2018.

Scandale ou aménagement nécessaire ? La décision du Botswana de lever l'interdiction de la chasse aux animaux sauvages a suscité jeudi des réactions passionnées chez les défenseurs de la faune et les habitants de ce pays prisé des amateurs de safari.

Après des mois de réflexion, le gouvernement a annoncé le rétablissement de la chasse en soulignant qu'elle reprendrait "de manière ordonnée et éthique" et que "les animaux en danger" ne seraient pas concernés par sa décision.

"Les conflits entre humains et éléphants ont augmenté en nombre et en intensité et affectent de plus en plus les moyens de subsistance" des habitants, a-t-il justifié sur la foi d'une étude.

Le Botswana abrite à lui seul un tiers des 415.000 éléphants sauvages d'Afrique. Leur chasse y était interdite depuis 2014, à la suite d'une décision du président de l'époque Ian Khama, un fervent défenseur des animaux.

Mais des députés du Parti démocratique au Botswana (BDP), au pouvoir depuis l'indépendance en 1966, ont fait pression pour modifier la loi, estimant que le nombre d'éléphants était devenu ingérable dans certaines régions.

La levée du moratoire a suscité l'indignation de plusieurs organisations de défense des animaux.

C'est "scandaleux", a dénoncé l'organisation Humane Society International, basée à Londres. La population des éléphants du Botswana est "vitale pour la survie régionale de cette espèce emblématique", a-t-elle estimé.

Si le nombre de pachydermes a augmenté dans certaines régions africaines, il a diminué de 111.000 dans le monde en une décennie, surtout à cause trafic d'ivoire, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

"Reprendre la chasse des éléphants suscite des questions morales et va à l'encontre de tous les efforts internationaux pour protéger ces géants, mais en plus cela risque de porter préjudice à la précieuse industrie touristique", a encore prévenu Humane Society International.

Le tourisme, souvent haut-de-gamme, est l'une des principales ressources du Botswana, l'un des plus prospères du continent.

- 'Décision politique' -

La levée de l'interdiction de la chasse est "une décision politique qui n'est pas dans l'intérêt de la préservation (de la faune) au Botswana", a aussi estimé Jason Bell, du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw), basé aux Etats-Unis.

"Les éléphants sont utilisés comme des bouc-émissaires", a-t-il ajouté, "la chasse ne fera rien pour réduire le conflit entre les humains et les éléphants. On doit s'interroger sur les raisons de rétablir la chasse des éléphants au Botswana".

La décision de Gaborone pourrait se révéler populaire auprès des électeurs ruraux en prévision du scrutin présidentiel d'octobre, où le sortant Mokgweetsi Masisi, au pouvoir depuis 2018, se représente.

Sur le terrain, l'ONG locale Chobe Enclave Conservation Trust, qui regroupe cinq villages du nord du pays, s'en réjouit.

"Nous sommes très contents", a expliqué à l'AFP son président, Amos Mabuku.

"On veut remercier le gouvernement de nous avoir entendus parce que nous somment les plus touchés par la coexistence avec ces animaux. On a perdu des frères, des champs, notre bétail", à cause des animaux sauvages, a-t-il expliqué.

M. Mabuku a également souligné l'importance économique des chasses organisées pour les amateurs de trophée.

Avant son interdiction, Chobe Enclave Conservation Trust engrangeait 6,5 millions de pula (534.000 euros) par an. Depuis, ses revenus ont chuté à 2 millions (164.000 euros).

"Les moyens de subsistance dépendent des revenus tirés de la chasse. On parle de chasse professionnelle, contrôlée, de conservation, pas de braconnage", a insisté Amos Mabuku.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a aussi souligné les avantages de la chasse, à condition qu'elle soit très encadrée.

"Dans certains cas rigoureusement contrôlés, notamment des espèces menacées, les preuves scientifiques montrent que le chasse peut être un moyen efficace de conservation" de la faune, a estimé l'ONG.

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Mauritanie : une centaine "d'étrangers" arrêtés, internet coupé

L'opposition a dénoncé l'arrestation de dizaines de personnes à la suite d'incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou (nord-ouest).

Une centaine "d'étrangers" ont été arrêtés en Mauritanie lors des manifestations qui ont éclaté après l'annonce de la victoire du candidat du pouvoir à la présidentielle de samedi, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur, alors qu'Internet était entièrement coupé depuis le milieu de l'après-midi.

Les ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Gambie ont été convoqués dans l'après-midi par le ministre des Affaires étrangères, Ismael Ould Cheikh Ahmed, qui les a enjoints de demander à leurs ressortissants de "s'abstenir de participer aux manifestations et à tout ce qui perturbe l'ordre public en Mauritanie, a expliqué le chef de la diplomatie sur la télévision nationale.

Les quatre opposants en lice ont rejeté les résultats provisoires donnant la victoire au premier tour à l'ancien chef d'état-major Mohamed Cheikh El-Ghazouani, dauphin du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), M. Ghazouani a obtenu 52,01% des suffrages, devant le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%), l'ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%), le journaliste Baba Hamidou Kane (8,71%) et le professeur d'université Mohamed Ould Moloud (2,44%).

Trois des opposants ont introduit mardi un recours en annulation devant le Conseil constitutionnel, tandis que le quatrième, Baba Hamidou Kane, a affirmé n'avoir pas encore pris de décision, disant à l'AFP "douter de l'intérêt d'une telle procédure devant une institution inféodée au pouvoir".

Le siège de campagne de M. Kane a été fermé par la police lundi et celui des trois autres candidats de l'opposition mardi, "sur ordre du gouvernement", a indiqué leur entourage à l'AFP.

"On ne peut comprendre cette décision des autorités alors que des recours sont en cours et que l'élection n'est pas terminée", a réagi M. Ould Mouloud.

L'opposition a dénoncé l'arrestation de dizaines de personnes à la suite d'incidents dimanche entre manifestants et policiers dans la capitale et à Nouadhibou (nord-ouest).

Lundi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et militants de l'opposition aux abords du siège des partis de MM. Ould Abeid et Kane, où la police a effectué une descente musclée, selon l'opposition.

"Il y a une main étrangère qui est derrière ces événements", a affirmé le ministre de l'Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, à propos de ces contestations, évoquant un "plan de déstabilisation" du pays.

"Nous avons arrêté une centaine d'étrangers dont on ne peut expliquer la présence dans la contestation d'une élection dans un pays qui n'est pas le leur", a ajouté le ministre.

Il a affirmé que cette présence étrangère était "en relation avec certains candidats".

La société mauritanienne est marquée par des disparités entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

Biram Ould Dah Ould Abeid avait demandé lundi aux Mauritaniens de se "méfier des provocations des autorités", jugeant que le pouvoir avait l'habitude d'invoquer les risques de sédition "à chaque fois qu'il est en difficulté".

Depuis 15H00 (GMT et locales) environ, il était impossible de se connecter à Internet, d'accéder à ses emails ou d'utiliser les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook, alors que l'internet mobile était inaccessible depuis dimanche après-midi.

Interrogé par des journalistes sur ces coupures, le ministre de l'Intérieur a semblé ironiser. "Vous n'avez pas d'autres moyens qu'internet pour travailler?" a-t-il répondu, sourire aux lèvres.

La France a salué mardi "le bon déroulement de l'élection présidentielle", intervenue "dans un climat pacifique", et "félicité" M. Ghazouani.

Avec AFP

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