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Peta demande au Kenya d'interdire le commerce de peaux d'ânes vers la Chine

Des ânes sur le marché de Bosso dans la région de Diffa, Niger, le 19 avril 2017 (VOA/Nicolas Pinault)

L'association de défense des animaux Peta a demandé jeudi au Kenya de mettre fin à l'abattage des ânes, dont les peaux sont exportées vers la Chine, le plus souvent illégalement, pour les besoins de la médecine traditionnelle, une pratique qui a récemment augmenté en Afrique.

L'ONG Peta (Pour une éthique dans le traitement des animaux) a indiqué à l'AFP avoir mené une enquête sur les abattoirs kényans montrant que les ânes y étaient cruellement battus, ou arrivaient morts après de longs voyages dans des camions en provenance de pays voisins.

"Peta appelle le Kenya à rejoindre beaucoup d'autres pays africains en interdisant l'abattage des ânes. Il n'y a aucun besoin de recourir à une telle cruauté, (la médecine traditionnelle) n'est même pas quelque chose qui a démontré son efficacité", a déclaré Ashley Fruno, une militante et porte-parole de Peta.

Si la peau d'âne n'a aucune valeur commerciale en Afrique, la gélatine qu'elle contient est très prisée des médecins traditionnels chinois pour traiter l'anémie et la ménopause.

Sous le nom d'"ejiao", elle est administrée sous forme de boisson et même servie avec des noix et des graines en guise d'apéritif. Censée améliorer la circulation sanguine, elle était autrefois réservée aux empereurs, mais est de plus en plus prisée par la nouvelle classe moyenne.

Principale consommatrice, la Chine a vu sa population d'ânes chuter fortement en une vingtaine d'années et s'est tournée vers l'Afrique pour satisfaire la demande.

En réponse, plusieurs pays africains ont interdit l'exportation de peaux d'ânes et fermé les abattoirs appartenant à des Chinois. Mais cela signifie aussi que le Kenya reçoit maintenant des milliers d'ânes transportés sur de longues distances depuis l'Éthiopie, l'Ouganda ou la Tanzanie.

"Il n'y a pratiquement aucune loi contre les abus sur les animaux dans les fermes et abattoirs du Kenya, donc aucune violence montrée dans notre vidéo n'est punissable par la loi", a expliqué Peta dans un communiqué.

- Commerce inhumain -

Le gouvernement kényan n'a pas répondu aux questions de l'AFP sur le sujet.

John Kariuki, le gérant d'un abattoir où Peta aurait observé des abus, a nié ces allégations. "Quiconque a vu des ânes battus à l'intérieur de mon abattoir est un menteur et devrait chercher un autre sujet de conversation", a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon Alex Mayers, du Donkey Sanctuary, une organisation caritative britannique, les premières informations sur le commerce de peaux d'ânes ont émergé en 2016, avec des gens racontant s'être éveillés au petit matin pour découvrir que tous leurs ânes avaient été volés dans la nuit.

"Ça a commencé à se produire dans tous les coins d'Afrique, et ensuite même plus loin, au Brésil, au Pérou, au Pakistan. Partout nous voyions les mêmes images, entendions les mêmes histoires."

Une enquête menée en 2017 par son organisation a montré que le commerce de peaux d'ânes était inhumain et "absolument pas viable", rappelle-t-il.

Comme c'est la peau qui est essentiellement exportée, "il importe peu qu'un âne soit battu ou blessé quand il est abattu, il n'y a aucun avantage du tout à garder les ânes en bonne santé", estime-t-il.

En Tanzanie, il y a des cas où des massues ont été utilisées dans les abattoirs pour tuer les ânes, rapporte encore M. Mayers.

- Valeur économique -

"Nous avons vu des cas au Botswana où les ânes avaient été rassemblés et abattus à la mitrailleuse. En Afrique du Sud, des employés d'abattoirs ont admis avoir utilisé des marteaux pour tuer les ânes ou (...) les avoir dépecés vivants", ajoute-t-il.

En Afrique de l'Est, le nombre d'ânes est estimé à 2,4 millions. Au Kenya, entre les quatre abattoirs légaux et les contrebandiers, environ 2.000 sont tués chaque jour, selon la même source.

A ce rythme, les ânes pourraient avoir disparu dans la région dans quatre ans, souligne M. Mayers, qui précise que les ânes ne se reproduisent pas facilement.

Très sensibles au stress, ils ont du mal à vivre en larges groupes et ont une période de gestation de 12 mois.

"Plus vous essayez de les faire se reproduire, moins il y a de chances que cela marche, ce qui explique pourquoi la Chine n'a pas réussi à maintenir sa propre population", explique-t-il.

Une autre organisation caritative, Brooke, dit avoir recensé au Kenya 60 accidents par semaine au cours desquels des ânes sont volés, ce qui constitue une perte énorme pour leurs propriétaires.

"Les ânes n'aident pas seulement aux tâches domestiques, ils permettent aussi aux propriétaires et à leur famille de vivre de différentes activités commerciales, comme le transport et l'agriculture", a souligné pour l'AFP Megan Sheraton, une porte-parole de Brooke.

Dans une étude datant de 2015, l'organisation a estimé à jusqu'à 2.200 dollars (1.900 euros) par an la valeur économique d'un âne au Kenya.

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Afrique du Sud: Ramaphosa dénonce un rapport "biaisé" et veut agir en justice

M. Ramaphosa avait plaidé la bonne foi, assurant qu'il ne disposait pas des bonnes informations lorsqu'il avait répondu à la question au parlement.

Le président Cyril Ramaphosa a dénoncé dimanche comme "irrévocablement biaisé" le rapport de la médiatrice de la République sud-africaine, qui a affirmé qu'il avait délibérément trompé le Parlement.

"Après avoir soigneusement étudié le rapport, j'en conclus qu'il est irrévocablement biaisé", a-t-il déclaré à des journalistes, ajoutant qu'il était "décidé à obtenir en urgence un examen judiciaire" de ses conclusions.

Tout en reconnaissant que les accusations portées contre lui étaient "graves", le président sud-africain a estimé que les conclusions du rapport "n'étaient pas conformes à la loi" et que certaines "excédaient l'étendue des pouvoirs" de la médiatrice.

"Il convient donc qu'un tribunal se détermine de manière définitive et impartiale sur ce sujet", a souligné M. Ramaphosa.

Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler notamment les agissements de l'exécutif, estime que l'enquête qu'elle a menée prouve que le président, qui a promis à maintes reprises d'éradiquer la corruption dans son pays, a trompé le Parlement de façon "délibérée", quand il a répondu à une question de l'opposition sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 32.000 euros) faite par un groupe industriel.

M. Ramaphosa avait alors affirmé que l'argent versé en 2017 était un paiement à son fils Andile pour un travail de consultant pour l'entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects.

Il a depuis reconnu qu'il s'agissait d'une donation à sa campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC), une bataille intense qui lui a permis de vaincre le candidat choisi par l'ancien président Jacob Zuma.

M. Ramaphosa avait plaidé la bonne foi, assurant qu'il ne disposait pas des bonnes informations lorsqu'il avait répondu à la question au parlement. Il a promis de rembourser les fonds de campagne.

- "Pas à la hauteur" -

Mais dans son rapport, publié vendredi, Mme Mkhwebane souligne que "même si le président Ramaphosa a justifié son erreur en affirmant avoir reçu des informations incomplètes ou erronées, il a bien trompé le Parlement".

Selon elle, le président "aurait dû se donner le temps nécessaire pour pouvoir s'informer et donner une réponse exacte" avant de répondre à la question posée par Mmusi Maimane, chef du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

"Je juge donc que la conduite du président Ramaphosa (...) même si elle était de bonne foi, n'est pas à la hauteur de ses fonctions".

Mme Mkhwebane ajoute que la façon dont les fonds ont été déplacés d'un compte à l'autre avant de finir sur celui de la campagne de M. Ramaphosa exacerbe les soupçons de blanchiment d'argent.

Au pouvoir depuis février 2018 et réélu en mai, M. Ramaphosa a fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille dans un pays marqué par les scandales de la présidence de son prédécesseur, Jacob Zuma.

La médiatrice a été critiquée pour son implication présumée dans la guerre interne à l'ANC, le parti de Nelson Mandela, profondément divisé entre partisans de l'ex-président Zuma et soutiens de son successeur Ramaphosa.

De son côté, l'Alliance démocratique a demandé que le président Ramaphosa comparaisse devant une commission parlementaire spéciale.

Avec AFP

Interdiction des marches politiques à Kinshasa cette semaine

Le président de la RDC, Félix Tshsiekedi et son prédécesseur Joseph Kabila, à droite au Palais de la nation, Kinshasa, 24 janvier 2019.

Les autorités de la capitale de la République démocratique du Congo ont interdit l'organisation "cette semaine" de toute marche politique à Kinshasa à cause "du climat tendu" entre les partisans du président Félix Tshisekedi et ceux de son prédécesseur Joseph Kabila, a annoncé dimanche la police.

"Compte tenu du climat tendu dans la capitale, Son Excellence M. le gouverneur a interdit toutes les marches" à caractère politique sur les rues de Kinshasa "pendant cette semaine", a déclaré à la télévision d'État le chef de la police de la capitale congolaise, le général Sylvano Kasongo.

"Il a instruit la police de prendre des mesures idoines. Toute personne qui osera marcher ou troubler l'ordre public pendant cette semaine va trouver la police sur son chemin", a-t-il ajouté.

L'escalade a commencé mardi, lorsque des jeunes du parti du président Tshisekedi, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ont annoncé pour lundi une marche contre la candidature de l'ancien ministre de la Justice Alexis Thambwe, considéré comme un dur de l'ancien régime, à la présidence du Sénat.

"Nous ne voulons plus voir les mêmes visages diriger les institutions du pays ou figurer dans l'équipe gouvernementale", avait déclaré lors d'une conférence de presse Fils Mukoko, l'un des porte-parole des jeunes de l'UDPS.

En réaction, les jeunes pro-Kabila, les bérets rouges, ont promis eux aussi d'organiser ce même lundi une contre-marche pour soutenir la candidature de l'ancien garde des sceaux à la présidence du Sénat, en brandissant une autorisation du gouverneur de Kinshasa, un pro-Kabila.

Le Sénat est contrôlé par des partisans de M. Kabila. Le ticket présenté par le FCC pour les sept postes du bureau du Sénat ne compte aucun membre de Cap pour le changement (Cach), la coalition du président Tshisekedi.

Cap pour le changement a signé un accord de coalition avec le Front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président Kabila, largement majoritaire à l'Assemblée nationale, aux assemblées provinciales et au Sénat.

Six mois après l'investiture du président Tshisekedi et plus d'un mois après la nomination de son Premier ministre Ilunga Ilunkamba, proposé par l'ancien président Kabila, les négociateurs de Cach et du FCC peinent à se mettre d'accord sur la composition du gouvernement.

Avec AFP

Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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