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Boko Haram attaque une ville du nord-est alors que l'armée prépare une offensive

Attaque à Maiduguri au Nigeria le 27 avril 2018.

Des combattants de Boko Haram ont attaqué mardi une ville du nord-est du Nigeria tandis que l'armée se préparait à une offensive contre les islamistes dans la région, évacuant des milliers de gens.

Selon des habitants de la ville de Damaturu, dans l'Etat de Yobe, des membres présumés de la branche de Boko Haram affiliée au groupe de l'Etat islamiste en Afrique de l'ouest, ISWAP, sont derrière l'attaque.

"Des jihadistes de Boko Haram ont lancé une attaque sur Damaturu vers 17h45 (16h45 GMT), tirant des coups de feu et lançant des explosifs", a déclaré à l'AFP Adamu Sani, un commerçant. Les habitants cherchent à se mettre à l'abri et les commerces ONT fermé tandis que "des camions de soldats se dirigeaient" vers la ville, a-t-il dit.

Hashimu Idris, un fonctionnaire, a ajouté que "tout le monde est à l'intérieur. Nous prions pour que les soldats les repoussent (les assaillants) sinon ce sera une nouvelle catastrophe pour la ville", déjà attaquée par Boko Haram en 2014.

Des membres d'une autre faction du groupe, dirigée par Abubakar Shekau, avait lancé un raid sur Damaturu le 1er décembre 2014 où plus de 150 personnes, dont 38 policiers, avaient été tuées. En juin de la même année, un attentat à la bombe avait fait 21 morts parmi des téléspectateurs regardant un match de football en public.

Cette nouvelle attaque de Boko Haram intervient alors que l'armée nigériane se prépare à une offensive contre le groupe islamiste dans l'Etat de Borno, voisin du Yobe.

Deux mille personnes sont arrivées mardi dans la grande ville de Maiduguri, capitale du Borno, évacuées par l'armée "en raison d'une opération militaire pour détruire les insurgés dans la région", a déclaré le porte-parole de l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) Abdulkadir Ibrahim. Un responsable militaire a évoqué "une grosse opération" en préparation contre l'ISWAP.

Les habitants de Jakana, à 40 kilomètres de Maiduguri, ont été emmenés en camion dans un camp de déplacés de la ville.

Le conflit avec Boko Haram a fait plus de 27.000 morts depuis son début en 2009 et 1,8 de personnes sont toujours déplacées dans le nord-est du Nigeria. Mais il n'est pas le seul à déchirer le pays le plus peuplé d'Afrique, une série de violences ayant fait plus de 100 morts rien que ces quatre derniers jours à travers le pays.

Dans le Sud-Est, des "cultistes", ces petits groupes criminels ou mafieux, employés par des individus à des fins politiques ou économiques, et qui mêlent souvent croyances et rites de magie noire, ont causé la mort d'au moins huit personnes, selon des responsables locaux.

Dans le Sud-Ouest, dans l'Etat d'Ondo, un braquage de banque ayant mal tourné a fait sept morts, lundi.

- Tueries et enlèvements -

Mais c'est dans les régions du Nord que les bilans restent les plus élevés: outre les jihadistes de Boko Haram, les groupes de voleurs de bétails sément la terreur tandis qu'agriculteurs et éleveurs peuls s'opposent dans la ceinture centrale.

Environ 200 personnes ont d'ailleurs envahi lundi une route importante dans l'Etat de Kaduna, au niveau de Birnin Gwari, pour protester contre "les tueries et les kidnappings incessants", après la mort ce weekend de deux policiers en poste pour assurer la protection des habitants.

Quelques heures auparavant, à une centaine de kilomètres de là, des violences entre agriculteurs et éleveurs peuls ont fait vingt morts, selon les chiffres officiels.

En raison du manque de personnel de sécurité, les autorités locales payent et arment des civils pour défendre les villages. Ainsi le gouverneur de l'Etat de Zamfara, dans le nord-ouest, a annoncé il y a quelques jours qu'il embaucherait 1.700 "chasseurs traditionnels" supplémentaires, s'ajoutant aux 8.500 recrutés en 2018.

Les affrontements entre milices et bandits tournent souvent au bain de sang: ils ont fait 50 morts ce weekend dans l'Etat de Zamfara et 14 dans celui de Katsina, selon la police.

Le président Muhammadu Buhari, dans un communiqué publié mardi, a appelé à la paix et dénoncé "cette culture +oeil pour oeil, dent pour dent+ qui a nourri nombre d'attaques".

Samedi déjà, le chef de l'Etat, récemment réélu pour un second mandat, avait assuré: il "n'y a pas d'autre problème qui occupe davantage mon esprit que la sécurité".

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Le harcèlement sexuel en milieu universitaire nigérian pourrait être passible de 14 ans d'emprisonnement

Le bâtiment principal de l’Université d’Abuja, le 9 juillet 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Le Sénat du Nigeria a adopté mardi un projet de loi sur le harcèlement sexuel, particulièrement dans l’enseignement supérieur, à la suite d’une enquête de la BBC qui avait révélé une mauvaise conduite de professeurs vis-à-vis des étudiantes au Nigeria et au Ghana.

Au Nigeria, il est désormais illégal pour les enseignants de faire des avances sexuelles aux étudiantes.

La nouvelle loi envoie un message clair aux auteurs de harcèlement sexuel en milieu universitaire: un professeur reconnu coupable d'avoir eu une relation sexuelle avec une étudiante pourrait être condamné à une peine pouvant aller jusqu'à 14 ans de prison.

La nouvelle est bien accueillie par Rose, une étudiante qui vient de terminer son cycle d’études supérieures à l’Université de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria. "Il y a certains professeurs d’université qui harcèlent leurs étudiantes. Certains menacent les étudiantes de les faire échouer lorsqu’elles refusent de coopérer", explique-t-elle.

Zanaib, une autre étudiante au sein de la même université, se souvient de l’expérience de deux de ses camarades de promotion.

"Je n’ai jamais été harcelée mais je connais beaucoup de femmes qui sont victimes. Deux de mes amies ont été victimes de harcèlement sexuel. La première n’avait pas le choix que d’abandonner les études. On lui a dit qu’ils n’ont pas retrouvé ces dossiers d’admission donc automatiquement qu’elle n’était pas une étudiante inscrite à l’université. Auparavant, son professeur avait fait du chantage", confie la jeune dame.

Le projet de loi sera dans les prochains jours à la Chambre des représentants. S'il est adopté, il sera par la suite envoyé au président Muhamadu Buhari pour promulgation.

Cependant, Faith Nwadishi, militante de droits humains au Nigeria, s'inquiète de son application.

"Il faut aussi une volonté politique pour son application. Sinon vous allez finir par retomber sur les gens qui sont intouchables", analyse l’activiste.

Le vice-président du Sénat, Ovie Omo-Agege, soutient ce projet de loi et se veut rassurant quant à son application. "selon les termes et les provisions du projet de loi que nous venons d’adopter, il n’y aura pas de discrétion pour le jugement. Tout ce qui est demandé est de prouver que le crime a été réellement commis", précise le législateur.

Le projet de loi a été présenté à l'origine en 2016, mais n'avait pas été adopté par les deux chambres du Parlement fédéral. Il a été réintroduit à la suite d’un documentaire de la BBC qui avait provoqué l'indignation face au harcèlement sexuel des étudiantes au Nigeria et au Ghana voisin.

Par la suite, quatre professeurs d’universités pris en flagrant délit ont été suspendus, même s'ils ont toujours nié les accusations.

Le mois dernier, à la suite d'une série de viols sur mineures, des manifestations ont eu lieu à travers tout le pays. Les manifestants ont réclamé justice pour les victimes de violences sexuelles basées sur le genre.

Les sénateurs sont d'accord. "Nous devons protéger nos filles contre les prédateurs", a déclaré le président du Sénat, Ahmed Lawan, cité par le quotidien Guardian.

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