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Cameroun

Insérer les jeunes pour les éloigner de Boko Haram

Des lycéens marchent sur la route de Mokolo à Maroua, Région de l'Extrême-Nord, Cameroun, le 20 février 2018.

Il y a trois ans, Denise Bedekui, une jeune Camerounaise de 16 ans, a fui son village d'Hondogo dans la région de l'Extrême-Nord, au Cameroun, craignant d'être enlevée par le groupe djihadiste nigérian Boko Haram.

Installée depuis à Mozogo, une autre localité de la région située un peu plus loin de la frontière nigériane où les djihadistes restent très actifs, Denise a été initiée à la culture des oignons par une ONG locale qui tente de lutter contre l'enrôlement des jeunes par Boko Haram.

Autorités et agences humanitaires multiplient ces dernières années les projets pour occuper les jeunes de cette région camerounaise, espérant ainsi les éloigner de l'extrémisme violent.

"Si ce projet nous encadre comme il se doit, cela nous aidera à améliorer nos conditions de vie et empêcher la tentation de suivre des personnes de mauvaise compagnie", espère Denise.

Depuis 2014, des milliers de jeunes - filles et garçons - ont quitté l'Extrême-Nord pour rejoindre le groupe djihadiste de l'autre côté de la frontière, au Nigeria, espérant y trouver un avenir meilleur. Boko Haram a également recruté des jeunes originaires d'autres régions du Cameroun.

"Beaucoup de jeunes de mon village ont suivi Boko Haram parce qu'ils ont été appâtés par l'argent et la promesse d'une vie éternelle", affirme Denise dont le village, comme de nombreux autres dans la région, a été rayé de la carte suite aux incursions répétées des éléments djihadistes.

"J'ai des amies qui ont décidé d'y aller d'elles-mêmes. D'autres y ont été contraintes. Ils les attiraient avec des vêtements, de la nourriture, des bijoux. On promettait aussi aux filles des motos et elles succombaient", détaille-t-elle.

Nombre de ces jeunes "ont été facilement manipulés par Boko Haram" parce qu'ils sont "désoeuvrés et abandonnés à eux-mêmes", explique le lamido (chef traditionnel) de Mozogo, Abba Mahama Chetima.

"Nos enfants quittaient le village pour aller à l'école à Bama, à Maiduguri" au Nigeria, poursuit-il, relevant que lorsqu'ils revenaient, "ils avaient changé", notamment leur perception de l'islam.

Beaucoup de jeunes garçons ont grossi les rangs de Boko Haram. Mais pour bénéficier d'une dotation en arme, chaque nouvelle recrue doit faire ses preuves en retournant piller son village, sa famille, souligne Abba Mahama.

- "Boucliers humains" -

Et lorsque cette recrue obtient une arme, elle devient un "émir", un chef de troupes, explique le chef traditionnel.

Les plus jeunes sont généralement utilisés comme "boucliers humains" lors des attaques. Les femmes, elles, servent à transporter le butin lorsqu'elles ne sont pas mariées de force aux djihadistes.

Dans le cadre de la guerre engagée par le Cameroun contre Boko Haram, de nombreuses cellules locales du groupe ont été démantelées, de même que les réseaux de trafics divers grâce auxquels il entretenait ses troupes.

Certains enfants enrôlés "commencent à rentrer parce que c'est devenu très difficile pour eux" de survivre, ajoute Abba Mahama.

En février, les autorités ont annoncé le retour volontaire de 200 ex-islamistes au Cameroun. Un terrain de 11 hectares a été mis à leur disposition par les autorités.

L'ONU et plusieurs ONG locales ont lancé en 2018 un projet dit de "résilience à l'extrémisme violent". Comment? En formant et favorisant l'insertion des jeunes dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage ou de la couture.

A l'instar de Denise et 87 autres jeunes de Mozogo, qui ont suivi ces formations.

Pourtant, seuls quatorze d'entre eux sont aujourd'hui insérés. Un groupe opère dans le stockage des céréales, l'autre dans la culture d'oignons.

"Les ressources disponibles n'ont pas permis d'insérer tous les jeunes formés", affirme l'un des responsables du projet. Pourtant, souligne-t-il, "les besoins sont énormes" et le risque d'endoctrinement des jeunes reste bien "présent".

Avec AFP

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Détenus politiques et séparatistes manifestent en direct sur Facebook

La prison centrale de Yaoundé, au Cameroun, le 22 mars 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Des dizaines de détenus de la prison centrale de Yaoundé, opposants politiques et séparatistes anglophones, ont manifesté lundi en direct sur Facebook, revendiquant autant le changement de leur ration alimentaire que leur libération, a constaté l'AFP.

"Nous ne voulons plus manger de maïs en bouillie", a lancé Mamadou Mota, premier vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), l'un des principaux parti d'opposition interpellé en juin puis écroué.

Une vidéo dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par des responsables de son parti. Dans ce direct tourné dans la cour intérieure de la prison, on aperçoit M. Mota se joindre à une manifestation engagée dans la journée de lundi par des séparatistes anglophones.

Son apparition et sa prise de parole sont très applaudies par les détenus présents.

Dans d'autres vidéos tournées pendant la même manifestation et toujours relayées sur Facebook, plusieurs séparatistes chantent l'hymne de l'Ambazonie, l'Etat indépendant qu'ils veulent créer dans les régions anglophones du Cameroun.

Ils réclament la libération de "tous" les détenus de la crise anglophone, tout en célébrant Julius Ayuk Tabe, le président autoproclamé de l'Ambazonie détenu lui aussi à Yaoundé.

Dans l'une des vidéos, on aperçoit des figures de la contestation anglophone comme Mancho Bibixy, interpellé dès l'éclatement du mouvement en 2016 puis condamné à 15 ans de prison pour terrorisme notamment.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont confrontées à une violente crise socio-politique depuis près de trois ans qui a dégénéré en conflit armé, soldats et séparatistes s'affrontant régulièrement.

Outre cette crise, le Cameroun fait face à des tensions politiques depuis la tenue de la présidentielle d'octobre 2018.

Les résultats de ce scrutin remporté par Paul Biya, 86 ans et au pouvoir depuis 1982, sont contestés par le principal opposant, Maurice Kamto, classé officiellement deuxième au terme de cette élection. M. Kamto est écroué depuis janvier, de même qu'une multitude de ses partisans et soutiens, arrêtés à la même période que lui et les mois suivants.

Football: Clarence Seedorf limogé du poste de sélectionneur du Cameroun

Clarence Seedorf lors du match entre le Bénin et le Cameoun lors de la CAN-2019 le 2 juillet 2019.

Après le fiasco de la CAN, le grand ménage : Clarence Seedorf a été limogé du poste de sélectionneur du Cameroun, de même que son adjoint Patrick Kluivert, a indiqué mardi la fédération de football du pays (Fecafoot).

Le Cameroun a abandonné sa couronne dès les 8es de la CAN, éliminé par le Nigeria (3-2). Fragilisé par les choix de Seedorf, et inefficace en attaque, le pays a deux ans pour se reconstruire avant d'accueillir la prochaine édition.

La Fecafoot parle dans son communiqué de "sortie prématurée" de la CAN en Egypte. Cette issue assombrit encore l'après-football de Seedorf, ancienne gloire de l'Ajax.

Après deux passages de six mois à l'AC Milan, son ancien club, et en Chine, et une relégation en Espagne, le Néerlandais n'a toujours pas convaincu dans ses nouvelles fonctions.

Le même tableau peu reluisant se dessine pour Kluivert, autre ancien crack de l'Ajax, du Milan AC et des Pays-Bas, qui tâtonne également depuis qu'il a arrêté de jouer. Kluivert avait ainsi été un éphémère "directeur du football" au PSG.

Les municipales reportées une deuxième fois au Cameroun

Un militant de l'opposition à Yaoundé, le 30 septembre 2018.

Le président camerounais Paul Biya a décidé un deuxième report à 2020 des élections municipales initialement prévues en 2018, a annoncé un décret lu lundi à la radio d'Etat.

"Le mandat des conseillers municipaux élus lors du scrutin du 30 septembre 2013 est prorogé jusqu'au 29 février 2020", a déclaré M. Biya. Cette prorogation est synonyme de report des municipales.

Prévues en 2018, celles-ci avaient déjà été repoussées à 2019, M.Biya ayant pris en juillet 2018 un autre décret allongeant d'un an le mandat des conseillers municipaux.

Les législatives prévues la même année avaient été également reportées à 2019, mais elles devraient être ajournées une nouvelle fois, Yaoundé souhaitant coupler leur organisation à celle des municipales pour réduire les coûts de ces scrutins, selon des parlementaires joints par l'AFP.

Le Cameroun est confronté à des crises sécuritaires dans le nord du pays, ainsi que dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Dans le Nord, le groupe djihadiste nigérian Boko Haram mène régulièrement des attaques armées, et les régions anglophones sont secouées par de violentes revendications indépendantistes.

De plus, le pays connaît un contexte politique tendu: le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), l'opposant Maurice Kamto, et une centaine de militants de son parti, arrêtés en janvier, sont toujours emprisonnés.

Yaoundé fait aussi face à des tensions de trésorerie du fait de la mobilisation d'importantes ressources pour financer le déploiement de l'armée dans les zones en crise.

Libération d’une soixantaine de militants de l’opposition au Cameroun

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Conflits et sécurité à la frontière camerouno-nigériane

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