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Togo

Bilan de la contractualisation des hôpitaux publics togolais

Entrée de l'hôpital secondaire de Be, à Lomé, le 19 octobre 2017.

Les hôpitaux publics n’ont pas bonne réputation au Togo. L'accueil dans ces établissements laisse à désirer et la population manque de confiance dans le personnel soignant.

Pour redorer le blason des centres sanitaires publics, le ministère de la Santé a opté pour la contractualisation de ces hôpitaux, lancée en 2017. Deux ans après, l’heure est au bilan.

Le Togo s’est inscrit, depuis deux années, dans une approche contractuelle pour ses services de santé. L’objectif est d’améliorer le système de santé en assainissant la gestion des finances des hôpitaux.

Après la phase pilote qui a concerné une dizaine de centres hospitaliers, le bilan est satisfaisant explique le ministre togolais de la santé, le professeur Moustapha Mijiyawa : "cette contractualisation a beaucoup assaini la gestion des finances des hôpitaux".

"Cela a beaucoup impacté les taux de consultation et de fréquentation, les maternités et l’aspect prise en charge chirurgicale. Maintenant, il s'agit d’équiper et de réhabiliter les différentes formations sanitaires. Cet ensemble de mesures va nous permettre de mettre en place un système de santé de base robuste et correct pour nos populations", soutient-il.

Reconnaissant que la contractualisation a contribué à une certaine amélioration des services dans les hôpitaux publics, certains Togolais appellent à plus d’humanisme dans les centres sanitaires.

"On a senti qu’il y a une nette amélioration de la vie sanitaire. Si il fallait améliorer quelque chose, c’est l’accueil. Il faut que tout le monde soit traiter de la même manière", ont expliqué des Togolais à VOA Afrique.

En visite au Togo à la fin du mois d’avril, la directrice région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a estimé que grâce à la contractualisation, le Togo peut augmenter le budget alloué au secteur de la santé.

"Nous constatons dans beaucoup de pays -y compris ici au Togo- qu’il y a lieu d’augmenter l’allocation de budget public dans le système de santé", a déclaré la docteur Matshidiso Moeti.​

"Je suis très satisfaite, le pays est en bonne voie. Nous, en tant qu'Organisation Mondiale de la Santé, nous allons appuyer ce processus avec les hôpitaux".

Selon les résultats rendus publics par le ministère de la santé, la disponibilité des médicaments dans les centres contractualisés est supérieure à 95%. En ce qui concerne les chiffres d’affaires, ils ont connu une progression entre 22 et 69% selon les centres de santé.

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Le bio au centre du Salon de l’agriculture de Lomé

Coupure du ruban (SIALO 2019), Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

La 8ème édition du SIALO, le Salon international de l'agriculture de Lomé, qui se tient du 8 au 14 octobre dans la capitale togolaise, fait la part belle à l’agriculture biologique.

A travers des conférences thématiques notamment sur l’enjeu de l’agriculture bio et les perspectives du marché pour le bio, le SIALO veut accompagner les producteurs togolais à opter pour une agriculture éco-responsable.

La 8ème édition du Salon international de l'agriculture de Lomé
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Dans les couloirs du SIALO, l’agriculture biologique où le bio est la terminologie la plus utilisée. C’est aussi un argument de vente. Tous les produits, transformés comme non transformés, se réclament bio.

"Nous sommes dans la production et la commercialisation des produits bio, tels que le soja, l’hibiscus, tamarin, papaye solo et la citronnelle", confie Agbé Yoa, exposant sur le SIALO, à VOA Afrique.

Adolphe Assagba, qui est venu à ce salon avec des fruits, se veut convaincant sur la qualité de ses produits, en mettant en avant le bio.

"Nos fruits sont des purs bios. Tous les fruits qui sont cultivés sur le pic d’Agou (le point le plus élevé du Togo, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Lomé, ndlr) sont des bios parce que la terre est bien, donc nous n’avons pas besoin d’engrais pour faire nos cultures", indique-t-il fièrement.

Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR (SIALO 2019), Lomé, le 9 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR (SIALO 2019), Lomé, le 9 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


Que ce soit au niveau des consommateurs ou des producteurs, il y a un profond amalgame autour du bio et du naturel, constate Thibaud Rossel, conseiller technique en Agroécologie à SECAAR.

"Le label bio est réservé aux acteurs qui ont vraiment fait la certification par une organisation tierce. Normalement, on ne devrait pas dire si c’est un produit bio sans justement avoir la certification", a-t-il expliqué.

M. Rossel a ajouté que "si par exemple un producteur s’engage à ce que sa production soit sans engrais chimique, on peut tout à fait le labéliser 100% naturel".

Pour Manapawai Awesso, directrice de la ferme agricole Maxime, le bio ne peut être rentable que pour les petites exploitations. "Tout le monde peut faire du bio, mais tout le monde ne peut pas faire de l’agriculture intensif et avoir un bon rendement avec le bio. Si tu ne peux pas prendre soin, tu n’auras pas un bon rendement. Parce que le bio demande d’amener le produit naturellement", a-t-elle souligné, relevant les exigences de l’agriculture biologique.

Sur un autre volet, elle pointe du doigt le manque de débouchés sur place. "Avec la superficie que j’ai, je ne peux pas produire bio. On ne peut pas le vendre chez nous à son juste prix. Ça nous revient cher, mais on va le vendre moins cher. On ne trouve pas de clients", note la productrice.

Un stand de fruits au SIALO 2019, à Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Un stand de fruits au SIALO 2019, à Lomé, le 8 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Dans son Plan national de développement (PND 2018-2022), le Togo prévoit définir des filières dans lesquelles, le pays ne va produire que du bio. "On peut développer une production biologique et puis chercher un marché de niche pour pouvoir les commercialiser. Par exemple, le Togo peut faire la différence en faisant du soja biologique", a dévoilé Damtaré Lamboni, chargé de la planification au ministère de l’Agriculture.

Avant de prétendre à labelliser ses produits bios, il faut d’abord commencer par pratiquer une agriculture écologique plus respectueuse de l’environnement, estime Douti Doktim, technicien en agro-écologie. Il accompagne les producteurs agricoles dans une démarche agricole écologique.

Salon de l’agriculture au Togo
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"L’agriculture écologique est une agriculture qui exige aux producteurs de prendre soin de leur sol. Il faut faire des compostes, fabriquer les bio-pesticides, faire les cordons pierreux - un cordon de cailloux qu’on essaie de faire pour limiter l’érosion - et il y a les bandes enherbées qu’on fait avec le vétiver", dit-il, informant sur le travail qui se fait avec les producteurs. "Le producteur est responsable de tout ce qu’il fait", précise ce technicien en agro-écologie.

Le commissariat général de ce salon de l’agriculture invite les producteurs à migrer vers la culture biologique, dont les débouchés sont immenses, et qui permet aux petits producteurs de réduire les dépenses liées au coût de production afin de dégager plus de bénéfices.

Le SIALO 2019 a mis en avant quatre filière notamment le soja, l’anacarde, le manioc et l’ananas.

Salon de l’agriculture au Togo

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La 8ème édition du Salon international de l'agriculture de Lomé

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L'économiste togolais Kako Nubukpo dénonce le franc CFA

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64.000 dollars pour 17 projets communautaires

Les représentants de la coopérative la Semence Divine, recevant la convention de financement de l’Ambassadeur Eric Stromayer, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

L’ambassade des Etats-Unis au Togo soutient le financement de 17 projets communautaires pour un coût de 35 millions de francs CFA. Cette contribution a été accordée dans le cadre du programme d’assistance visant à répondre aux besoins urgents des communautés pour un développement local harmonieux.

17 projets communautaires soutenus par les Etats-Unis au Togo
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Que ce soit l’équipement, la construction des infrastructures sanitaires et scolaires ou l’achat de matériels de transformation de produits agricoles, le programme self-help de l’ambassadeur des Etats-Unis met à la disposition des communautés de petits financements qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des populations à la base.

A Kolo Hliboè, à environ 50 kilomètres au nord de Lomé, le manque de moulin de maïs constitue un facteur favorisant la déscolarisation des filles.

Koami Kpogo, natif de Hliboè, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Koami Kpogo, natif de Hliboè, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"Dans le milieu de Hliboè, nous avons un problème de moulin. Donc les femmes sont obligées de se déplacer dans le village de Kolo, à trois kilomètres. Ce qui crée des problèmes; surtout les jeunes filles sont obligées d’aider leur mère pour aller écraser le maïs et arrivent en retard à l’école", explique Koami Kpogo, natif de Hliboè, soulignant que certaines filles abandonnent l’école.

Ainsi, un projet de moulin a été monté pour permettre aux filles d’avoir les mêmes chances que les garçons. Ce programme a bénéficié d’une enveloppe de 1,8 million de francs CFA.

"Un moulin avantagerait nos jeunes filles à aller régulièrement à l’école. Car parfois, s’il n’y a pas de farine de maïs à la maison, nos fillettes sont obligées d’aller au moulin et toute la matinée, elles restent à la maison", a commenté Afi Doudji, revenant sur ce que ce moulin peut changer dans la communauté de Hliboè. "C’est un bon départ pour l’avenir de nos jeunes filles", conclut-elle.

Les bénéficiaires avec l'ambassadeur américain, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Les bénéficiaires avec l'ambassadeur américain, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

A Anfoin, c’est la santé des élèves qui préoccupe. Le projet de l’Association C7 consiste à doter cinq établissements scolaires de la localité de dispositifs sanitaires.

"La saleté n’assure pas la santé", a laissé entendre Koffi Kodjo, Directeur exécutif de l’Association C7, soulignant que faute d’infrastructures sanitaires, les élèves trainent des microbes et germes qui peuvent être préjudiciables à leur santé.

Le programme "Self help" tient aussi compte des minorités, notamment les personnes en situation d’handicap.

L’Association des personnes handicapées de la préfecture de Haho (APHAPH) a reçu 2,5 millions de francs CFA pour implémenter son projet de formation.

Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH, Lomé, le 1er octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"Notre projet consiste à aider les personnes handicapées de la préfecture de Haho qui veulent faire une formation en cordonnerie, en accessoires en perles et en mécanique", a indiqué Kafui Amouzou, membre de l’APHAPH.

Elle a fait noter que les personnes en situation d’handicap ont du mal à trouver un emploi décent.

"A cause de notre handicap, il y a des sociétés qui n’aiment pas nous engager. C’est pourquoi nous avons élaboré ce projet", confie-t-elle avec amertume.

La coopérative la Semence Divine, qui produit du riz à Kovié, à une trentaine de kilomètres de Lomé, va pouvoir étendre son exploitation grâce à l’appui américain.

Revenant sur les motivations du projet, Essobiyou Awouli, membre de cette coopérativ, a fait savoir qu’ils ont beaucoup de difficultés tant pour la main d’œuvre que pour le traitement, une fois le riz récolté.

"L’appui qu’on a demandé consistait à acheter plus d’équipement. L’effet immédiat, c’est l’extension de l’exploitation. Plus on va étendre l’exploitation, plus on va embaucher", a dit Essobiyou Awouli.

Le programme "Self help" ne finance pas que des projets sociaux, il vient aussi en appui aux jeunes entreprises à caractère social, comme l’a affirmé l’ambassadeur des Etats-Unis au Togo, Eric Stromayer.

"Ce sont les petites initiatives d’entrepreneuriat qui ont besoin de quelque chose pour les démarrer. Ce sont de petites choses qui avancent l’économie, qui avancent l’avenir des jeunes à travers le pays et qui peuvent mener à la croissance économique", a soutenu le diplomate américain.

Ces deux dernières décennies, plus de 400 projets ont été financés par le programme d’auto-assistance de l’ambassadeur. Des projets qui encouragent l’amélioration des conditions de vie des populations à la base sur le plan de l’économie, de l’éducation, de la santé et du bien-être social.

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