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Bernie Sanders défie Hillary Clinton et réclame un débat à New York

Bernie Sanders et Hillary Clinton lors du débat démocrate de Miami, 9 mars 2016

L'équipe du sénateur Bernie Sanders a répété lundi sa demande d'un nouveau débat contre Hillary Clinton dans l'Etat de New York avant la primaire démocrate qui y aura lieu le 19 avril, mais la candidate n'a pas répondu.

Les deux candidats à l'investiture démocrate pour la Maison Blanche ont débattu pour la dernière fois à Miami le 9 mars. Deux débats sont théoriquement prévus en avril et en mai, à des dates et des lieux encore non définis, et Bernie Sanders a demandé dimanche que l'un se tienne dans l'Etat de New York.

"Nous espérons que la secrétaire (Clinton) et sa campagne cèderont et permettront aux habitants de New York de voir un débat", a dit lundi le directeur de campagne de Bernie Sanders, Jeff Weaver, dans une conférence téléphonique avec des journalistes. "Il est décevant que l'équipe Clinton tente de se couvrir".

Chez Hillary Clinton, la demande n'a été ni acceptée ni refusée.

"Voyons d'abord quel est le ton de la campagne avant de passer à d'autres questions", a éludé Joel Benenson, conseiller de Hilary Clinton, sur CNN.

"Le sénateur Sanders ne décide pas à lui tout seul des débats, surtout quand il mène une campagne négative".

Le camp Clinton accuse Bernie Sanders de mener une campagne "négative" car il s'attaque plus souvent à Hillary Clinton en soulignant ses positions passées sur la guerre en Irak, le libre-échange ou ses liens avec Wall Street.

New York est la deuxième plus grande primaire du cycle, avec 247 délégués en jeu, derrière la Californie le 7 juin (475 délégués).

Bernie Sanders est né à Brooklyn, et Hillary Clinton, originaire de l'Illinois, fut sénatrice de l'Etat de 2001 à 2009.

L'ex-secrétaire d'Etat mène dans la course aux délégués, forte de 20 victoires sur 35 consultations. Elle a accumulé 1.256 délégués contre 1.019 pour Bernie Sanders, mais dispose aussi du soutien déclaré de près de 500 "super délégués", des responsables démocrates qui voteront à la convention de Philadelphie en juillet. La barre à atteindre est de 2.383.

L'équipe Clinton estime avoir une avance trop grande pour être rattrapée, mais le chef de la campagne de Bernie Sanders l'a qualifiée de "favorite faible" car elle a essuyé de très larges défaites dans des Etats gagnés par le sénateur du Vermont, notamment cinq la semaine dernière.

Bernie Sanders a en tout cas l'intention de faire campagne activement à New York, où les rares sondages donnent un avantage net à Hillary Clinton.

"Bernie est né à Brooklyn, c'est la voix de New York", a assuré Jeff Weaver.

"Il fera campagne en tant que Brooklynien, et elle fera campagne comme une sénatrice qui a représenté l'Etat pendant huit ans et y vit depuis 16", a répliqué Joel Benenson.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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