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Primaires démocrates : Bernie Sanders défie Hillary Clinton dans trois Etats

Le candidat démocrate, le sénateur Bernie Sanders, lors d’un rassemblement au Palais des congrès de San Diego, 22 mars 2016.

Les électeurs démocrates votent samedi dans trois Etats américains où le sénateur Bernie Sanders aura besoin d'une grande victoire pour prouver qu'il est capable de renverser la tendance contre la favorite de l'investiture présidentielle, Hillary Clinton.

Les électeurs de l'Etat de Washington, dans le nord-ouest du pays près de la frontière canadienne, ont commencé à voter à 10H00 locales (17H00 GMT) et seront suivis par ceux de l'Alaska et Hawaï.

Ces démocrates se prononcent lors de "caucus", des réunions d'électeurs qui se tiennent à bulletin secret à Hawaï, contrairement à l'Alaska et l'Etat de Washington. Les républicains ne votaient pas samedi.

Le prix le plus important est Washington avec 101 délégués en jeu. Bernie Sanders a organisé de grands meetings dans trois régions de l'Etat cette semaine, notamment à Seattle où il a rassemblé une foule immense de quelque 17.000 partisans vendredi soir dans un stade de baseball.

"Dites haut et fort que les milliardaires ne peuvent pas tout avoir", a lancé le septuagénaire en ouverture de son discours. "Dites au monde que nous voulons un gouvernement qui nous représente tous", a poursuivi M. Sanders qui appelle à une "révolution politique".

"Si la participation est forte à Washington, nous nous en sortirons très bien", a-t-il aussi lancé vendredi à Portland, dans l'Oregon voisin qui votera en mai.

Le sénateur du Vermont a récité des sondages le donnant largement gagnant contre Donald Trump à la présidentielle de novembre. En moyenne, il fait même mieux qu'Hillary Clinton contre le républicain.

"La pensée de Trump à la Maison Blanche déclenche des réactions plutôt aiguës dans l'estomac, jusqu'à la nausée et d'autres symptômes. Mais la bonne nouvelle est que Donald Trump ne sera pas élu président des Etats-Unis", a-t-il lancé.

Avril ralenti

A ce jour, plus de la moitié des délégués démocrates ont été distribués au terme d'une trentaine de primaires, et Hillary Clinton a remporté 57% d'entre eux, auxquels s'ajoute l'appui déclaré de près de 500 "super délégués", ces responsables et élus démocrates qui voteront à la convention d'investiture dans quatre mois.

Elle a au total 1.711 délégués contre 952 pour le sénateur du Vermont, selon l'estimation de CNN (2.383 requis pour l'investiture).

Pour rattraper et surpasser Hillary Clinton, Bernie Sanders devra remporter les primaires restantes avec de très fortes majorités. Il a certes obtenu près de 80% des voix dans plusieurs petits Etats, mais de grands Etats à venir lui sont défavorables (New York, Pennsylvanie, Maryland en avril).

Les sondages sont trop rares dans les trois Etats de samedi pour dégager une tendance.

Mais Hillary Clinton semble espérer un score honorable à Washington, où elle a fait campagne mardi et où son mari Bill et sa fille Chelsea ont aussi effectué des déplacements. En 2008, Barack Obama l'avait pourtant largement battue, et Bill Clinton y avait terminé quatrième en 1992.

Le gouverneur, les deux sénatrices et les six représentants démocrates de cet Etat la soutiennent officiellement.

L'ex-secrétaire d'Etat a courtisé les syndicats, se rendant à Everett, où 30.000 employés de Boeing fabriquent le B747 et le Dreamliner, parmi d'autres avions, dans une immense usine.

"Nous avons fait une grave erreur en sapant le travail des charpentiers, plombiers, techniciens, électriciens et soudeurs", a déclaré Hillary Clinton mardi en énumérant ses propositions pour relancer l'industrie manufacturière.

Les semaines à venir seront relativement calmes. Des primaires auront lieu le 5 avril (Wisconsin) et le 9 avril (Wyoming), avant les grands rendez-vous de New York (19 avril) et d'un nouveau "super mardi" le 26 avril dans cinq Etats. La convention d'investiture se tiendra à Philadelphie fin juillet.

Avec AFP

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Bientôt, une noire américaine sur les billets de 20 dollars ?

Design of the Harriet Tubman 20 dollar bill

L'administration Biden, nouvellement investie, va relancer le projet emblématique de faire figurer le portrait de la militante anti-esclavagiste noire Harriet Tubman sur les billets de 20 dollars. Un projet initié en 2016 par Barack Obama et abandonné par le gouvernement de Donald Trump.

"Le secrétariat au Trésor prend des mesures pour relancer les efforts en vue de mettre Harriet Tubman sur les nouvelles coupures de 20 dollars", a indiqué la porte-parole de la présidence, Jen Psaki.

"Il est important que nos billets, notre argent (...) reflètent l'histoire et la diversité de notre pays et l'image d'Harriet Tubman ornant la nouvelle coupure de 20 dollars les reflète de façon évidente", a-t-elle expliqué.

Une première

Si ce projet aboutit, la militante (1822-1913) deviendra la première personnalité afro-américaine à figurer sur un billet de banque aux Etats-Unis. Elle devrait remplacer le président populiste Andrew Jackson (1767-1845), qui occupa la Maison Blanche de 1829 à 1837 et qui était considéré comme le premier président "populiste" du pays. Un personnage très controversé, admiré par Donald Trump qui avait installé son portrait dans le Bureau ovale.

Harriet Tubman a fui l’esclavage et fait passer des dizaines d'esclaves vers le nord des Etats-Unis et le Canada avant et pendant la guerre de Sécession, avant de participer à la lutte pour le droit de vote des femmes. Son combat, au sein du réseau secret d'évasion "Underground railroad", a fait l'objet d'un long-métrage en 2019.

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Le Sénat formellement saisi contre Trump, procès en vue début février

Le président américain Donald Trump brandit une copie de la première page du quotidien USA Today montrant des nouvelles de son acquittement, à Washington, aux États-Unis, le 6 février 2020.

Les sénateurs américains prêtent serment mardi en tant que juges et jurés dans le cadre du second procès de mise en accusation de l'ancien président Donald Trump.

Le procès proprement dit ne commencera pas avant la semaine du 8 février, afin de donner aux législateurs qui feront office de procureurs et à l'équipe de défense de M. Trump le temps de se préparer. Ce délai supplémentaire permettra également au Sénat de confirmer un plus grand nombre de membres du gouvernement du président Joe Biden.

Les élus de la Chambre des représentants, qui font office de procureurs, ont fait leur entrée cérémoniale au Sénat lundi soir pour remettre l’acte de mise en accusation. Un acte qui accuse M. Trump d'incitation à l'insurrection dans le cadre de l'assaut du Capitole par une foule de ses partisans le 6 janvier. Une attaque qui a conduit à la mort de cinq personnes.

Le représentant Jamie Raskin (Maryland), ancien professeur de droit constitutionnel, va diriger l’équipe des démocrates.

De son côté, M. Trump a engagé l'avocat spécialiste de l'éthique et des élections Butch Bowers pour diriger sa défense aux côtés de Deborah Barbier, une ancienne procureure fédérale.

C’est le sénateur du Vermont Patrick Leahy, doyen des démocrates dans la chambre haute, qui présidera le procès de destitution, après le désistement du juge en chef de la Cour suprême, John Roberts.

La Constitution américaine prévoit que le chef de la Cour suprême préside les audiences de destitution d'un président, mais comme M. Trump a quitté le pouvoir le 20 janvier, le juge Roberts n’est pas tenu de présider.

Il faut une majorité de deux tiers pour que l’ancien président soit jugé coupable. Or le Sénat étant divisé entre 50 républicains et 50 démocrates, 17 républicains devraient se retourner contre l’ancien chef de l’exécutif, lui-même républicain, en supposant que tous les démocrates votent en bloc contre l'ancien président. Tâche herculéenne.

Les républicains sceptiques

Déjà, le No.2 des sénateurs républicains, John Cornyn (Texas), s’est dit opposé à une condamnation rétroactive de Donald Trump.

"Dans notre système, une des façons d'être puni est de perdre une élection", a déclaré M. Cornyn, estimant que l’ancien président ne mérite pas cette sanction supplémentaire.

Pour sa part, la sénatrice républicaine Joni Ernst (Iowa), a déclaré que s’il est vrai que M. Trump "a fait preuve d'un mauvais leadership", il serait injuste de lui faire porter le chapeau de l’assaut au Capitole. Pour elle, la responsabilité revient aux individus qui ont choisi de le faire de leur propre gré.

Des arguments battus en brèche par le nouveau leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer (New York).

"Il n'y a qu'une seule question en jeu. Une seule question à laquelle les sénateurs des deux partis devront répondre, devant Dieu et leur propre conscience : l'ancien président Trump est-il coupable d'incitation à l'insurrection contre les États-Unis ?", a déclaré M. Schumer.

"Il s'agit du crime le plus grave contre la Constitution que l'on puisse imaginer", a tweeté un autre démocrate, le sénateur Jeff Merkley (Oregon). "Chaque sénateur a été un témoin ; chaque sénateur a fait l'expérience de la menace qui pèse sur le fondement même de notre démocratie. Nous devons la traiter avec un sérieux absolu et conduire le procès en conséquence", a-t-il ajouté.

Si M. Trump est reconnu coupable, un autre vote devrait avoir lieu pour décider s’il doit être banni à vie de tout poste fédéral. Là, une majorité simple est requise.

Donals Trump, 74 ans, est le seul président américain en 245 ans d'histoire du pays à avoir été mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants.

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