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Les couches vulnérables se paupérisent au Cameroun


Trois femmes handicapées, épanouies, grâce à Handicap Home de la fondation Coeur d'Afrique, de Roger Milla, à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Lors des activités de la semaine de la solidarité nationale, le gouvernement camerounais a constaté que les couches vulnérables de la population se paupérisent.

Parmi les couches vulnérables, les personnes handicapées sont touchées par l'appauvrissement. Néanmoins, certaines sont désormais actives et autonomes, à l’instar des femmes handicapées de Handicap Home à Yaoundé.

Reportage d'Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé pour VOA Afrique
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C'est au lieu dit "Escale manguiers" à Yaoundé, qu'est implantée Handicap Home. La maison pour les personnes handicapées est une idée de la fondation Cœur d’Afrique dirigée par l’ambassadeur itinérant Roger Milla, un ancien footballeur, héros de la coupe du monde de football de 1990.

Dans l’atelier de couture de Handicap Home, Marie Crésence et son équipe à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Dans l’atelier de couture de Handicap Home, Marie Crésence et son équipe à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Une vingtaine de femmes handicapées formées à divers métiers sont regroupées quotidiennement sur place. Elles y travaillent six jours sur sept à leur propre compte.

"C’est papa Roger Milla qui a acquis cet endroit pour nous. Le site nous appartient. On ne paye aucune consommation en eau ou électrique", confie Marie Cresence Epih à VOA Afrique.

Ces femmes handicapées occupent des conteneurs soigneusement aménagés, en salon de coiffure, restaurant, boutique, atelier d’artisanat et de couture.

Dans l’atelier de couture, cinq femmes handicapées s'affairent derrière les machines à coudre pour livrer une commande de tenues scolaires.

Dorothée est l’une d'elle. Lorsqu’elle n’est pas sur sa chaise roulante elle se déplace à quatre pattes. Elle a traversé des moments difficiles, mais a pu braver son handicap, "pour sortir de la vulnérabilité", confie-t-elle.

Corine et Christelle, les deux plus jeunes de l’atelier de couture, reviennent également de loin. "J'avais appris la couture, mais, je ne savais où exercer", se rappelle Corine.

"Je passais des journées entières au quartier. Depuis que j’ai cette maison, je résous mes problèmes toute seule", se souvient-t-elle.

Christelle respire aussi l'air de l’autonomie financière. "Cette structure me met à l'abri de mes petits besoins", explique-t-elle.

Monique, formatrice en coiffure, à Handicap Home à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Monique, formatrice en coiffure, à Handicap Home à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Handicap Home", a également offert l’opportunité à Monique de quitter les rangs des personnes en situation de vulnérabilité économique.

Béquilles aux aisselles, Monique coiffe à merveille et forme à la coiffure depuis 5 ans des personnes valides et invalides .

"J’ai actuellement cinq personnes qui se forment à la coiffure. Mon activité me rend autonome et je vis normalement comme toute femme de mon âge", rassure Monique.

Au Cameroun, les enfants en détresse, les personnes âgées, les handicapés sont considérés comme des couches vulnérables.

L'ex footballeur international, Albert Roger Milla, à leurs côtés à travers sa fondation, Cœur d’Afrique.

"Notre cible est très large et nous permet de venir en aide aux personnes âgées, orphelins, enfants en détresse, anciens footballeurs en situation de vulnérabilité, sans oublier toute personne dans le besoin", dit Jean Keller Kotte, directeur des projets de la fondation Cœur d'Afrique.

Jean Keller Lotto, directeur des projets fondation Cœur d’Afrique à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Jean Keller Lotto, directeur des projets fondation Cœur d’Afrique à Yaoundé, le 7 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"C’est pour cela que nous faisons largement au-delà des actions du ministère des Affaires sociales", a-t-il conclu.

Le nombre de personnes vulnérables en attente d’assistance au Cameroun est en augmentation. Le gouvernement dit s'en préoccuper, mais sous certaines conditions.

"Il faut introduire une demande d'aide auprès de l’une de nos structures ou de la commune de résidence, être réellement une personne en situation de vulnérabilité, attendre que la commission d'octroi des aides siège, pour obtenir, un soutient de L’Etat", explique Henri Nyambi III Sissoko, directeur de la solidarité nationale, au ministère des Affaires sociales du Cameroun.

Une démarche qui, pour certains Camerounais est de nature à accroître davantage la fragilité des couches vulnérables du pays.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé

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