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Un ancien migrant revient au Cameroun et lance son entreprise


L'ex migrant Alain Christian Mboena dans le champs  de poivre qu'il a créé  au village Biyaga, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, Alain Christian Mboena est parvenu à s'autoemployer et à créer des emplois pour des jeunes et ce, sans financements quelconques, sept mois après son retour au Cameroun.

Son idée a été toute simple: exploiter les vertus thérapeutiques des sèves de certains arbres, plantes, racines et autres feuilles de la nature. Sur cette base, il fabrique des produits de beauté, de santé et des boissons diététiques.

Reportage d'Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé pour VOA Afrique
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"Je me suis retrouvé cuisinier dans les hôtels à l’étranger, en déphasage avec ma formation initiale. C'est ainsi que j'ai pris la résolution de revenir au Cameroun. Je suis arrivé sur Douala, totalement démuni", confie-t-il à VOA Afrique.

L'expérience d'Alain Christian Mboena, aux Emirats arabes unis, en Inde, et en Iran, comme candidat à l’immigration, a même risqué une peine d’emprisonnement, face à "un patron véreux, négrier à la limite qui, m'a traîné en justice, parce-que je lui avais fait part de ma décision de rompre le contrat de travail, pour rentrer au Cameroun", raconte-t-il.

"A la descente d'avion d'Alain Christian, à l’aéroport international de Douala – capitale économique du Cameroun -, il n'avait même pas un sous pour payer le ticket de transport pour rallier Yaoundé -capitale politique du Cameroun", se rappelle Marie Jeanne Abega, qui l'avait accueilli.

Mais j'ai vu en lui "un jeune ambitieux qui était déterminé à rattraper le temps perdu, c’est pour cela que je l'ai soutenu dès son retour au pays", a ajouté Mme Abega.

Cette dernière est devenue aujourd’hui la principale collaboratrice d'Alain Christian Mboena dans le cadre de l’association dénommée, Fonds social pour l’emploi (FSE).

En quittant le Cameroun, Alain était Doctorant en sciences de gestion et création des entreprises.

De retour au bercail en avril 2017, il est parvenu à se frayer une place dans le monde du travail.

"Je n'avais que mes compétences pour débuter une activité. Sans financements, j’avais néanmoins une bonne expérience sur la pharmacopée traditionnelle à base de la sève des arbres, des racines, des feuilles et certaines plantes. J'ai résolu d'entrer en brousse pour les transformer et fabriquer les produits de beauté, les boissons diététiques etc. ", raconte Alain.

Dans un champs créé par l'ex migrant au village Biyaga, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Dans un champs créé par l'ex migrant au village Biyaga, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

La prospection l’a conduit dans le village Biyaga, non loin Batchenga, à 1h30 de route, à partir de Yaoundé.

"Il m'a fait savoir qu'il recherchait une forêt communautaire pour les recherches médicinales et certaines cultures", se souvient Jean Asse, représentant du chef du village de Biyaga, rencontré par VOA Afrique.

"Nous avons gratuitement mis notre forêt à sa disposition avec l'accord du chef de village et j'ai été moi-même soigné par les plantes de mon mal de dos", a ajouté M. Asse.

"Le village Biyaga a une richesse inexprimable pour la pharmacopée traditionnelle. J'ai trouvé 80℅ de ce dont j'avais besoin », souligne M. Mboena.

Légèrement en retrait du village Biyaga, des champs de maïs, de piment, de poivres et des arbres fruitiers cultivés pour le compte des activités de recherches médicinales de l’association Fonds social pour l'emploi.

Au moment des récoltes, 90℅ des revenus leur appartiennent. Le champs de poivre a permis à l’un des jeunes du village de réunir 500 000 francs CFA, confie l'assistante d'Alain Christian Mboena.

André est employé par le fonds social de l'emploi dans le village Biyaga, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
André est employé par le fonds social de l'emploi dans le village Biyaga, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

L’activité champêtre emploie déjà certains jeunes du village depuis juin à l'instar du couple Messi.

Tandis que le mari approvisionne l'ex-migrant en sève d'arbre une fois par semaine, contre 80 000 francs CFA par mois, la femme entretien un verger.

Alain Christian, lui, recueille seulement les valeurs phytosanitaires des feuilles, des racines et plantes dans les champs.

C’est là sa matière première pour la fabrication des produits de santé, de beauté et les boissons diététiques, mis en laboratoire semi moderne dans un quartier de Yaoundé.

Assemblée générale du fonds social pour l'emploi à Yaoundé, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Assemblée générale du fonds social pour l'emploi à Yaoundé, le 3 décembre 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Le 26 octobre 2017, le fonds social pour l'emploi (FSE), qui emploie directement huit personnes, a obtenu des autorités camerounaises, l’autorisation de fonctionnement.

Les souvenirs du péril migratoire d'Alain Christian Mboena au Moyen-Orient, sont désormais loin derrière lui.

"Je ne regrette pas d’être rentré au Cameroun. Aujourd’hui, j'ai de quoi nourrir ma famille et mettre d'autres personnes à l’aise", affirme Alain, visage radieux et d'embonpoint.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé

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