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Mali

Arrestation de quatre personnes préparant des attentats dans le Sahel

Stèle érigée en hommage aux victimes sur le lieu de l'attaque, à Grand Bassam, le 13 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Deux djihadistes présumés originaires du Burkina Faso, un autre du Mali et un de Côte d'Ivoire, soupçonnés de préparer des attentats dans ces trois pays pour les fêtes de fin d'année, ont été arrêtés la semaine dernière, ont déclaré les services de renseignement maliens.

Les quatre membres de cette "cellule terroriste" démantelée jeudi dernier par la DGSE (services de renseignement) malienne aux environs de Koutiala (sud), près de la frontière burkinabè, "ont participé au double attentat effectué le 2 mars dernier à Ouagadougou", ainsi qu'à l'enlèvement d'une religieuse colombienne en février 2017 dans cette région du Mali, précisent les renseignements dans un communiqué publié mercredi.

Ils ont été "appréhendés alors qu'ils s'apprêtaient à perpétrer des attentats dans certains points sensibles d'Abidjan, Bamako et Ouagadougou lors des fêtes de fin d'année", selon le texte, identifiant "Adama Konaté, 31 ans, originaire de Yira Dioubasso au Burkina", comme "le chef de la cellule".

Il "assurait la succession de son mentor Abdallah Sawadogo tué par les forces burkinabè le 22 mai" et "était devenu le point focal des groupes terroristes dans la jonction des trois frontières (Mali, Burkina et Côte d'Ivoire) et avait entamé une opération de recrutement", selon la même source.

La DGSE malienne souligne qu'elle "collabore étroitement avec ses homologues de certains pays à travers le partage du renseignement pour agir efficacement dans la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent".

A Abidjan, une source sécuritaire a souligné "l'excellente collaboration entre les différents services malien, burkinabè et ivoirien qui a permis d'arriver à ce résultat". Cette source a souligné que la cellule avait notamment "effectué des reconnaissances sur deux sites à Abidjan".

Une source policière ivoirienne a affirmé jeudi matin à l'AFP que la cellule avait procédé à des "recrutements" en Côte d'Ivoire.

"Elle a été mise hors d'état de nuire" alors que "des préparatifs (d'attentat) étaient en cours". Toutefois la "prudence" s'impose : "c'est un coup où on voit les têtes mais pas forcément tous les membres", a souligné cette source.

Ouagoudougou a été frappée le 2 mars par un attentat spectaculaire visant l'état-major des armées et l'ambassade de France, qui a fait 8 morts et 85 blessés. C'était le troisième attentat dans la capitale burkinabè.

La Côte d'Ivoire avait quant à elle été touchée en mars 2016 par un attentat dans la station balnéaire de Grand Bassam (19 morts). L'enquête avait débouché sur des arrestations en Côte d'Ivoire mais aussi au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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