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Mali

Amnesty International demande au Mali de modifier la loi d’entente nationale

Combattant de la Coordination des Mouvements de l'Azawad près de Kidal, Mali, 28 septembre 2016.

L’organisation de défense des droits humains demande aux autorités maliennes de modifier la nouvelle loi -qui sera examinée jeudi par l’Assemblée nationale- susceptible de permettre aux personnes ayant perpétré des homicides, actes de torture et autres atrocités, d’échapper à la justice.

"Il est à craindre que des membres des forces de sécurité responsables d’atteintes aux droits humains et des membres de groupes armés ayant commis de terribles violations de ces droits ne soient jamais traduits en justice si ce projet de loi est adopté", déclare dans un communiqué publié ce mercredi, Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale à Amnesty International.

Ce texte devrait mener à "l’exonération de poursuites de tous ceux impliqués dans une rébellion armée, mais qui n’ont pas de sang sur les mains", avait déclaré le président malien le 31 décembre 2017. Mais selon Amnesty International, le projet de loi contient des dispositions rédigées "en termes vagues."

Le projet nuit à l’obligation qui est faite au Mali "d’enquêter sur les crimes de droit international, notamment les homicides extrajudiciaires, les actes de torture et les disparitions forcées, et de poursuivre leurs auteurs présumés", poursuit le communiqué de l’ONG craignant qu’il amplifie la "culture de l’impunité."

"Après analyse du texte dans son entièreté, Amnesty estime qu’il ne respecte pas les principes du droit international, notamment du Statut de Rome et de la Convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées", a dit à VOA Afrique Sadibou Marong, responsable média de l’ONG pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale.

Sadibou Marong d'Amnesty International joint par Nathalie Barge
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L’article 4 du projet de loi précise que "les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, viols et autres crimes imprescriptibles ne pourront pas se soustraire à la justice." Pour Amnesty, cette disposition n’empêcherait pas l’octroi d’amnisties pour d’autres crimes de droit international tels que la torture, les enlèvements et violences contre les personnes.

La Déclaration sur la protection des personnes contre les disparitions forcées indique à ce propos que les auteurs et auteurs présumés de tels actes "ne peuvent bénéficier d’aucune loi d’amnistie spéciale ni d’autres mesures analogues qui auraient pour effet de les exonérer de toute poursuite ou sanction pénale."

Des organisations maliennes et internationales -dont Amnesty- avaient adressé une lettre conjointe en mars 2018 au président Ibrahim Boubacar Keïta, estimant que ce projet de loi, s’il venait à être adopté, risquait de priver de justice les victimes et familles de victimes de crimes de droit international.

"Nous demandons aux autorités maliennes d’enquêter sur les violations des droits humains commises par les groupes armés et aussi les forces de sécurité gouvernementales" depuis le début du conflit en 2012 "car ça s’est passé des deux côtés", a déclaré à VOA Afrique M. Marong.

En 2017, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) avait recensé notamment 252 cas de violations des droits humains contre plus de 650 victimes, 21 exécutions extrajudiciaires, 12 cas de disparition forcée et 31 cas de torture.

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Ouverture d'une enquête sur la mort de sept Mauritaniens au Mali

Un convoi de véhicules de la Coalition du peuple de l'Azawad (CPA) en patrouille près de la frontière Mali-Mauritanie pour protéger les populations locales confrontées à l'insécurité liée aux troubles causés par les bandits, à Soumpi, le 22 janvier 2020.

Le gouvernement malien a annoncé samedi l'ouverture d'une "enquête transparente et diligente" sur un incident sécuritaire ayant coûté la vie à sept Mauritaniens lundi près de Nara, localité frontalière avec la Mauritanie.

"Le gouvernement du Mali, à la suite d'une séance de travail avec une délégation mauritanienne, a décidé d'ouvrir une enquête transparente et diligente dont les résultats seront partagés avec la partie mauritanienne", a annoncé dans un communiqué Abdoulaye Maïga, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.

Selon des médias mauritaniens, les victimes sont des éleveurs qui se rendaient au Mali pour y rejoindre leur troupeau en quête de pâturage.

"Le gouvernement décline toute responsabilité et souligne qu'à ce stade aucun élément ne met en cause" l'armée malienne, a souligné M. Maïga, assurant que "toutes les mesures seront prises pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes tragiques".

Une délégation ministérielle malienne termine sa visite en Mauritanie
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La présidence mauritanienne avait annoncé vendredi dans un communiqué l'envoi d'une délégation à Bamako pour "faire la lumière" sur la mort de ces Mauritaniens.

Cette décision faisait suite à une manifestation organisée le même jour à Nouakchott, la capitale, par des habitants du département de Adel Bégrou (1.100 km à l'ouest de Nouakchott), localité d'origine des victimes, à la frontière avec le Mali.

Les manifestants voulaient ainsi appeler le gouvernement à assurer la sécurité des citoyens et à faire la lumière sur cette affaire.

Cet incident coïncide avec la tentative des autorités maliennes de la transition d'obtenir le soutien de la Mauritanie pour briser l’embargo de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a achevé mardi une visite en Mauritanie.

"Face à l'adversité à laquelle notre pays fait face, le gouvernement trouve troublante la survenue de cet incident", a ajouté le communiqué.

La Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont pris une batterie de mesures économiques et diplomatiques à l'encontre du Mali pour sanctionner les velléités de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années.

La fermeture des frontières mais aussi un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières hors produits de première nécessité sanctionnent l'engagement révoqué par les colonels d'organiser le 27 février des élections présidentielle et législatives qui auraient ramené des civils à la tête du pays plongé dans une grave crise sécuritaire et politique.

Dernier hommage à IBK au Mali

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Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ex-président IBK

Une photo d'Ibrahim Boubacar Keita, alors président du Mali est affichée lors d'un meeting pour sa ré-élection à Bamako, Mali, le 3 août 2018.

Le Mali a rendu vendredi un dernier hommage à l'ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, décédé cette semaine, un an et demi après avoir été renversé par les militaires.

La junte qui lui a succédé et qui tient tête aujourd'hui à une bonne partie de la communauté internationale a organisé dans un camp militaire de Bamako des obsèques nationales sous la présidence du Premier ministre dit de transition, Choguel Kokalla Maïga.

Le colonel Assimi Goïta, un des leaders du putsch de 2020 depuis investi président de la transition, était quant à lui absent.

Ibrahim Boubacar Keïta, décédé dimanche chez lui à l'âge de 76 ans après s'être tenu à l'écart de la vie publique, devait être enterré dans l'après-midi dans sa vaste résidence après une cérémonie à la fois plus populaire et privée.

Près de 2.000 personnes, y compris d'anciens adversaires, se sont pressées chez lui pour lui dire adieu.

Le colonel Goïta, qui avait pris part aux obsèques de deux autres anciens chefs de l'Etat malien décédés en 2020 après le putsch, a été officiellement "empêché" de participer à la cérémonie officielle.

Celle-ci a rassemblé devant le cercueil recouvert du drapeau national, sur la place d’armes du 34e bataillon du Génie militaire, de nombreuses personnalités, l'ancien président par intérim Dioncounda Traoré, d'anciens ministres, des dignitaires religieux, des diplomates et un des fils du disparu, Bouba Keïta.

La Guinée, également théâtre d'un putsch en septembre 2021 et partenaire privilégié de la junte malienne face aux pressions internationales, avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté.

Baba Hakib Haïdara, au nom des collaborateurs de l'ex-président, a salué "un homme d’Etat ouvert au dialogue".

Il était "un homme d’esprit, un homme de culture, mais aussi, je dirais, un homme de cœur", a dit son ancien ministre de la Santé Michel Sidibé, "il s’est toujours battu pour ce pays, il avait ses forces et ses faiblesses mais ce qui le caractérisait c’était sa dignité et son patriotisme, et cela a été mentionné aujourd’hui".

IBK, comme il était couramment appelé, avait été renversé le 18 août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d'Etat en mai 2021, invoquent aujourd'hui les maux accumulés par le passé pour justifier leur refus de rendre le pouvoir aux civils dans un avenir proche.

Entamée en 2013, la présidence a largement coïncidé avec la tourmente dans laquelle le Mali est pris depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

La chute d'IBK avait été précédée par des mois de mobilisation au sein d'une population exaspérée par les violences en tous genres - jihadistes, communautaires ou crapuleuses -, par l'inaction et la faillite de l'Etat et par une corruption réputée galopante.

La junte a décrété un deuil national de trois jours à compter de vendredi.

La mission de l'ONU au Mali a annoncé la reprise de ses opérations aériennes

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Crise au Mali: l'enjeu va bien au-delà du pays, selon Washington et Bruxelles

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