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Après Kiev, Pékin: provocateur, Trump appelle la Chine à enquêter sur Biden

Le président Donald Trump, le jeudi 3 octobre 2019, à The Villages, en Floride. (AP Photo / John Raoux)

Visé par une procédure explosive de destitution, Donald Trump a redoublé d'invectives jeudi contre l'opposition démocrate, franchissant un nouveau cap dans la provocation en suggérant ouvertement que la Chine enquête sur son rival démocrate Joe Biden.

Devant les caméras puis devant des retraités, le président américain a voulu montrer un côté combatif alors qu'au Congrès se déroulait la première grande audition d'un témoin-clé, à huis clos, dans l'enquête en vue de sa mise en accusation.

Les démocrates sont "fous", a accusé Donald Trump lors d'un discours en Floride.

Ils ont lancé "cette bêtise de destitution parce qu'ils savent qu'ils ne peuvent pas nous battre dans les règles", lorsqu'il tentera de décrocher un second mandat en novembre 2020, a-t-il affirmé.

M. Trump est sous la menace d'une mise en accusation ("impeachment") parce qu'il a demandé à son homologue ukrainien de l'aider à rassembler des informations compromettantes sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

Martelant que son échange avec Volodymyr Zelensky était "parfait", Donald Trump a déclaré jeudi qu'il pourrait "assurément" formuler la même demande auprès du président chinois.

"La Chine devrait lancer une enquête sur les Biden parce que ce qui s'est passé en Chine est tout aussi grave que ce qui s'est passé en Ukraine", a-t-il insisté.

Il a ensuite défendu avoir "le droit absolu, peut-être même le devoir" d'enquêter sur la corruption, quitte à "demander ou de proposer à d'autres pays de nous aider".

"Monsieur le président, vous ne pouvez pas extorquer des gouvernements étrangers pour vous aider à être réélu", a rétorqué le premier intéressé, Joe Biden, sur Twitter. "Je sais que vous voulez truquer la primaire (démocrate, ndlr) et choisir votre rival, mais je ne vais pas bouger d'ici".

Ulcéré par une procédure qui, même si elle a peu de chances d'aboutir à sa destitution pour cause de majorité républicaine au Sénat, jette une ombre sur sa campagne de réélection, Donald Trump est embarqué depuis des jours dans une surenchère verbale, dénonçant les "conneries" des démocrates et même un "coup d'Etat".

- Enquête de Giuliani -

Hunter Biden, avocat et financier, a siégé au comité de surveillance d'un groupe gazier ukrainien et a investi en Chine quand son père était vice-président de Barack Obama.

Il n'a jamais été inquiété par la justice de ces pays. Mais Donald Trump et son entourage accusent Joe Biden d'avoir réclamé la tête d'un procureur ukrainien pour protéger son fils.

En 2015, l'ancien vice-président a bien demandé le limogeage du procureur général ukrainien, mais dans le cadre d'une campagne internationale de lutte contre la corruption, lancée parce que ce responsable était soupçonné d'entraver les réformes.

Il y a quelques mois, l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, a entamé des démarches auprès des autorités ukrainiennes pour tenter de les convaincre d'ouvrir une enquête sur les Biden.

Et dans un entretien téléphonique fin juillet, Donald Trump avait demandé au président ukrainien de "se pencher" sur le dossier et d'en discuter avec son avocat.

C'est cet appel, rendu public après le signalement d'un mystérieux lanceur d'alerte, qui lui vaut aujourd'hui d'être menacé par une procédure de destitution.

- Nouvelle audition vendredi -

Les démocrates estiment que le locataire de la Maison Blanche a abusé de son pouvoir à des fins électorales personnelles.

Dans le cadre de leur enquête, ils ont entendu à huis clos jeudi pendant plus de huit heures Kurt Volker, qui fut envoyé spécial des Etats-Unis pour l'Ukraine jusqu'à sa démission la semaine dernière.

Son témoignage a fourni "des preuves abondantes montrant que pour obtenir une rencontre (avec Donald Trump, ndlr), il avait été demandé au président Zelensky qu'il enquête sur l'élection de 2016 et les Biden", a affirmé à la sortie un élu démocrate, Eric Swalwell.

Il a également affirmé qu'au département d'Etat, au moins un responsable s'était inquiété qu'une aide militaire destinée à l'Ukraine ait été suspendue "à cause d'une campagne politique interne" et que M. Giuliani menait une enquête sur les Biden.

Tout autre son de cloche du côté des Républicains, pour qui l'audition à huis clos de M. Volker démontre qu'il n'y a eu absolument aucune pression contre Kiev.

Selon le rapport du lanceur d'alerte, M. Volker s'est rendu à Kiev le lendemain de l'appel entre MM. Trump et Zelensky afin de "donner des conseils aux autorités ukrainiennes sur la manière de +composer+ avec les demandes du président".

De l'aveu du département d'Etat, M. Volker a également aidé à organiser une rencontre entre Rudy Giuliani et un membre de l'entourage de M. Zelensky.

Nouvelle étape de l'enquête vendredi avec l'audition, à huis clos, de l'inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson, qui a largement contribué à faire éclater l'affaire ukrainienne au grand jour.

Avec AFP

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La démocrate Nancy Pelosi traite le président Trump de menteur

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L’astronaute Christina Koch raconte ses onze mois dans l'espace

L'astronaute américaine Christina Koch

Christina Koch, l'astronaute ayant battu le record féminin du temps passé dans l'espace, s'est confiée sur ses 328 jours en apesanteur depuis le Centre spatial Johnson de Houston, au Texas.

A la Nasa, "On a l'habitude de dire, c'est un marathon, pas un sprint, mais dans mon cas on disait: c'est un ultra-marathon, pas un marathon", a-t-elle déclaré à propos de ses onze mois passés à bord de la Station Spatiale Internationale.

L'astronaute de 41 ans a atterri le 6 février dans les steppes du Kazakhstan, en Asie centrale, avec ses collègues, Luca Parmitano de l'Agence Spatiale Européenne et le cosmonaute russe Alexandre Skvortsov.

L'astronaute américaine Christina Koch après l'atterrissage de la capsule spatiale russe Soyouz MS-13 à 150 km au sud-est de Zhezkazgan, au Kazakhstan, le 6 février 2020.
L'astronaute américaine Christina Koch après l'atterrissage de la capsule spatiale russe Soyouz MS-13 à 150 km au sud-est de Zhezkazgan, au Kazakhstan, le 6 février 2020.

"J'ai dû me réhabituer à marcher", s'est amusée Christina Koch, remarquant aussi: "Pendant mes deux premières minutes de retour sur Terre, j'ai vu plus de visages qu'en un an!"

Cette ingénieure américaine était déjà entrée dans l'histoire en participant à la première sortie spatiale 100% féminine, qu'elle avait effectuée en octobre 2019 avec Jessica Meir, une biologiste marine.

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"Je pense que ces jalons motivent les gens et qu'il est important de les reconnaître", a-t-elle noté, tout en assurant "ne plus trop y avoir pensé" une fois dans l'espace. "Ce n'était qu'une question de temps avant que cela arrive", a-t-elle ajouté, rappelant que sa promotion d'astronaute était paritaire.

Pour profiter au maximum des 223 millions de kilomètres parcourus, l'équivalent de 291 allers-retours sur la Lune, Christina Koch a expliqué s'être "focalisée sur les choses qu'on a" dans l'espace et "qu'on n'aura plus jamais" une fois de retour sur Terre.

Les astronautes américaines Jessica Meir (G) et Christina Koch dans la Station Spatiale Internationale. Photo publiée par la NASA le 17 octobre 2019.
Les astronautes américaines Jessica Meir (G) et Christina Koch dans la Station Spatiale Internationale. Photo publiée par la NASA le 17 octobre 2019.

Pendant sa mission, elle a participé à plus de 210 études scientifiques et a elle-même été l'objet d'expériences visant à observer "les effets d'un voyage spatial longue-durée sur une femme", précise la Nasa, qui prépare le retour des astronautes américains sur la Lune à partir de 2024, et peut-être sur Mars dans la décennie à venir.

La mission de Christina Koch, qui a effectué six sorties spatiales, dont les trois premières entièrement féminines, était le deuxième plus long voyage spatial solo parmi les astronautes de la Nasa, le record étant détenu par Scott Kelly, qui a passé 340 jours d'affilée sur l'ISS avant de revenir sur Terre en 2016.

Le milliardaire Michael Bloomberg présent au prochain débat démocrate

Le candidat démocrate à la présidence et ancien maire de New York, Michael Bloomberg, à Houston (Texas), le jeudi 13 février 2020. (AP)

Fort d'une poussée dans les sondages, le milliardaire américain Michael Bloomberg, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre, participera mercredi à son premier débat télévisé de la campagne, a annoncé mardi son équipe.

Les attaques de ses rivaux, le favori Bernie Sanders en tête, devraient fuser contre l'ancien maire de New York lors de leur première confrontation télévisée.

"Mike a hâte de rejoindre les autres candidats démocrates sur scène et d'expliquer pourquoi il est le meilleur candidat pour battre Donald Trump et unifier le pays", a indiqué son directeur de campagne Kevin Sheekey dans un communiqué.

Neuvième homme le plus riche de la planète en 2019, Michael Bloomberg a, en s'appuyant sur ses quelque 60 milliards de fortune, secoué la campagne démocrate.

Le milliardaire a fait le pari d'une entrée tardive dans la campagne présidentielle, en novembre, mais a compensé son retard avec déjà plus de 300 millions de dollars d'investissements en spots publicitaires qui tournent en boucle sur les chaînes télévisées et internet.

L'avalanche publicitaire du candidat de 78 ans a déjà eu un impact frappant: il a grimpé à la troisième place de la moyenne des sondages nationaux établie par RealClearPolitics.

Michael Bloomberg arrive même en deuxième place d'un nouveau sondage NPR/PBS/Marist publié mardi. Soit "le dernier signe en date que (son) programme et sa capacité à battre Donald Trump résonnent auprès de plus en plus d'Américains", a réagi Kevin Sheekey.

Avec 19% des intentions de vote, Michael Bloomberg devance l'ancien vice-président Joe Biden (15%), en nette perte de vitesse après avoir longtemps caracolé en tête des sondages.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders assoit lui son statut de favori en creusant nettement l'écart, avec 31% des intentions de votes dans cette étude, qui comporte une marge d'erreur de 5,4 points de pourcentage.

- "Acheter la présidence" -

Délaissant les premiers Etats des primaires démocrates, peu pourvus en délégués, Michael Bloomberg mise sur une entrée dans la course au moment du "Super Tuesday" le 3 mars, lors duquel 14 Etats voteront.

Huit candidats sont toujours en lice pour affronter le président Donald Trump le 3 novembre. C'est celui ou celle qui obtiendra une majorité de délégués (1.991) qui représentera le parti démocrate face au milliardaire républicain.

Le parti démocrate avait fixé, pour les premiers débats, des critères à respecter pour être sélectionné, en exigeant notamment un seuil minimum de donations issues de la base électorale.

Mais il a modifié les règles pour le débat de mercredi. Plus besoin désormais d'afficher le soutien de milliers de petits donateurs, seuls les sondages et le nombre de délégués déjà décrochés par les candidats comptent. Ce qui a ouvert la porte à M. Bloomberg, qui finance lui-même sa campagne.

Cette volte-face a été critiquée par les autres candidats à l'investiture, qui accusent Michael Bloomberg d'avoir acheté son entrée dans les primaires.

"M. Bloomberg, comme n'importe qui, a le droit de se présenter à la présidentielle. Il n'a pas le droit d'acheter la présidence", a tweeté lundi Bernie Sanders.

Ce débat démocrate aura lieu à Las Vegas, dans le Nevada, où sera organisé samedi le troisième vote des primaires.

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