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Ukraine/ destitution : Trump se déchaîne contre Biden, les journalistes, les élus

Le président américain, Donald Trump, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 2 octobre 2019.

Sous le menace d'une procédure de destitution, un Donald Trump furieux a laissé éclater mercredi sa frustration en s'en prenant, lors d'une journée survoltée, à Joe Biden, son possible adversaire démocrate en 2020, aux médias qualifiés de "corrompus", et à certains élus accusés de "trahison".

Très agressif, le président américain a largement esquivé les questions sur le fond du dossier : la demande faite, par téléphone, à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur les activités du démocrate Joe Biden et de son fils, Hunter.

"Ce fut une magnifique conversation", s'est-il contenté de marteler lors d'une conférence de presse commune avec son homologue finlandais Sauli Niinisto, qui semblait par moment mal à l'aise.

"J'ai beaucoup de respect pour les lanceurs d'alertes, mais seulement quand ce sont des vrais", a-t-il ajouté, évoquant l'individu --dont l'identité reste un mystère-- à l'origine de la procédure de destitution lancée par la Chambre des représentants.

"Biden et son fils sont de vrais escrocs", a-t-il tonné.

Déterminés à maintenir la pression, les démocrates du Congrès ont menacé mercredi de forcer la Maison Blanche à leur fournir des documents qu'ils réclament. Les parlementaires adresseront formellement à l'exécutif une injonction vendredi, s'il ne s'y plie pas volontairement d'ici là.

"On ne plaisante pas ici. Nous ne voulons pas que cela traîne pendant des mois et des mois, comme cela semble être la stratégie du gouvernement", a mis en garde le président démocrate de la puissante commission du Renseignement de la chambre basse, Adam Schiff.

En réponse, le 45ème président de l'histoire donne depuis trois jours dans la surenchère.

Dimanche, il a cité un pasteur baptiste qui parlait de risques de "guerre civile". Lundi, il a suggéré d'arrêter un élu démocrate pour "trahison". Mardi, il a dénoncé un "coup d'Etat" le visant.

"Les démocrates-qui-ne-font-rien devraient se concentrer sur notre pays, plutôt que de faire perdre à tout le monde du temps et de l'énergie sur des CONNERIES", a-t-il tweeté mercredi.

- Soutien de Poutine à Trump -

Pour l'heure, le cercle rapproché du président semble déterminé à jouer la montre, son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, et son avocat personnel, Rudy Giuliani, au coeur de ce dossier, refusant le calendrier fixé par les élus démocrates du Congrès.

Considéré comme un des membres les plus influents de l'administration Trump, M. Pompeo faisait partie des personnes ayant écouté l'appel avec M. Zelensky.

Interrogé sur cette affaire lors d'une conférence de presse à Rome, le secrétaire d'Etat, qui a lui-même fait l'objet d'une injonction formelle de trois commissions du Congrès pour leur livrer des documents, a laissé planer le doute sur les suites qu'il y donnerait.

"Nous ne tolérerons pas que des individus au Capitole intimident des employés du département d'Etat", a-t-il déclaré.

Les élus démocrates ont fixé des dates pour entendre cinq hauts diplomates susceptibles de leur fournir des informations sur le scandale ukrainien.

Au Capitole, siège du Congrès, une réunion était scrutée de près, car demandée en urgence par l'inspecteur général du département d'Etat Steve Linick, qui a présenté des documents liés de loin à l'affaire ukrainienne.

Selon un communiqué commun de trois responsables démocrates, il a notamment partagé le contenu d'une enveloppe siglée "Maison Blanche" renfermant "fausses informations" et "théories du complot" sur Joe Biden et l'ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch.

"La réunion et les documents soulèvent des questions troublantes sur les efforts apparents au sein et en dehors de l'administration Trump pour cibler des représentants précis", s'inquiètent les dirigeants démocrates.

Donald Trump, qui assure que son échange téléphonique estival avec Volodymyr Zelensky n'avait rien de répréhensible, a reçu mercredi un soutien dont il se serait probablement bien passé: celui du président russe Vladimir Poutine.

"Je ne vois rien de compromettant dans la conversation entre Trump et Zelensky", a lancé ce dernier. "N'importe quel chef d'Etat aurait fait la même chose".

Interrogé sur le fait de savoir si la Russie comptait tenter d'influencer l'élection présidentielle de 2020, comme elle l'a fait en 2016 selon les services de renseignement américains, M. Poutine a ironisé.

"Je vais vous confier un secret: oui ! Nous allons le faire sans faute. Mais ne le dites à personne", a déclaré le président russe sous les applaudissements de la salle.

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Enquête Trump : des conclusions diamétralement opposées

Enquête Trump : des conclusions diamétralement opposées
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Pas de parti pris politique dans l'enquête russe du FBI

L'inspecteur général du Département américain de la Justice, Michael Horowitz (Archives-Reuters)

Le FBI a commis des erreurs lors de l'ouverture de l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, mais aucun parti pris politique ne peut lui être reproché, a dit l'inspecteur général du département de la Justice dans un rapport publié lundi.

Le document rédigé par Michael Horowitz devrait apporter de l'eau au moulin du président mais aussi à celui de ses détracteurs démocrates dans le débat sur la légitimité de ces investigations.

L'inspecteur général a jugé que le FBI avait une raison légalement acceptable de demander à un juge l'autorisation de placer Carter Page, un conseiller de campagne de Donald Trump, sous surveillance.

Il a toutefois répertorié 17 erreurs et omissions "essentielles et fondamentales" dans la demande initiale présentée à la Cour de surveillance du renseignement étranger (FISA) et dans celles qui ont suivi. Ces erreurs, souligne-t-il, ont donné à l'affaire une tournure plus grave qu'elle ne le méritait.

Un avocat du FBI a notamment modifié un e-mail fourni dans le cadre d'une demande de renouvellement de l'autorisation, dans lequel il était écrit que Carter Page n'était "pas une source" de renseignement pour une autre agence gouvernementale américaine, or il agissait bien en tant que "contact opérationnel" d'une autre instance, explique l'inspecteur sans nommer l'agence en question.

Le FBI a ouvert son enquête pendant l'été 2016, avant l'élection de novembre que Donald Trump a remportée face à la démocrate Hillary Clinton. Elle a été reprise en mai 2017 par le procureur spécial Robert Mueller, ancien directeur du FBI, lorsque le président a limogé James Comey, son successeur à la tête de l'agence.

Ses investigations, dont les conclusions ont été remises en mars au secrétaire à la Justice William Barr, ont révélé que les autorités russes s'étaient effectivement ingérées dans la présidentielle de 2016 pour tenter de discréditer Hillary Clinton, mais les éléments qu'il a recueillis ne lui ont pas permis de confirmer les soupçons de collusion entre Moscou et le candidat républicain.

"Le rapport de l'inspecteur général indique maintenant clairement que le FBI a ouvert une enquête intrusive sur la campagne présidentielle américaine en se fondant sur les soupçons les plus minces", écrit William Barr dans un communiqué publié lundi.

Le rapport Horowitz ne sera pas le dernier sur le sujet. En mai, Barr a chargé John Durham, procureur fédéral du Connecticut, de vérifier si l'enquête était légalement justifiée.

Avec Reuters

Trump rencontrera le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov

Le président Donald Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la Maison Blanche à Washington, le mercredi 10 mai 2017. (Photo du ministère russe des Affaires étrangères via AP)

Donald Trump recevra mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une rencontre qui sera scrutée avec attention tant les relations du président américain avec Moscou ont été marquées par d'innombrables controverses.

"Le président Trump rencontrera demain (mardi) le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour évoquer l'état des relations bilatérales", a lundi à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine sous couvert d'anonymat.

La dernière visite du ministre russe à la Maison Blanche, en mai 2017, avait fait couler beaucoup d'encre: son passage dans le Bureau ovale avait alimenté une polémique sur l'éventuelle divulgation par Donald Trump de documents confidentiels sur la Syrie.

Les photos de la rencontre, diffusées par l'agence russe d'Etat Tass et à laquelle avait aussi participé l'ambassadeur russe Sergueï Kysliak, montraient un M. Trump tout sourire face aux diplomates. Elles avaient provoqué de très vives réactions dans le camp démocrate qui dénonce de longue date la bienveillance de Donald Trump vis-à-vis de son homologue russe Vladimir Poutine.

La rencontre entre MM. Trump et Lavrov interviendra par ailleurs après celle lundi entre M Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky qui se sont rencontrés à Paris afin de relancer le processus de paix en Ukraine sous la houlette de la France et de l'Allemagne.

Après trois ans de paralysie des négociations pour tenter de mettre fin à la guerre dans l'est de l'Ukraine, la rencontre entre le maître du Kremlin, rompu aux rapports de force internationaux, et le jeune président ukrainien, un ancien comédien arrivé au pouvoir en mai, était très attendue. A l'issue de cette dernière, M. Poutine a salué un "pas important" vers une désescalade.

La guerre entre Kiev et les séparatistes pro-russes a fait plus de 13.000 morts dans le Donbass, bastion industriel de l'Est ukrainien, et un million de déplacés depuis 2014.

Avec AFP

Destitution de Trump: démocrates et républicains à couteaux tirés sur l'enquête

Le leader démocrate Jerry Nadler et son homologue républicain de la commission judiciaire lors des auditions le lundi 09 Novembre 2019.

Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l'enquête en destitution contre Donald Trump, illustrant les profondes divisions partisanes qui traversent les Etats-Unis.

Démocrates et républicains américains se sont écharpés lundi en offrant leurs conclusions diamétralement opposées de l'enquête en destitution contre Donald Trump, illustrant les profondes divisions partisanes qui traversent les Etats-Unis.

L'opposition démocrate a présenté son dossier contre le président républicain, en amont d'un vote crucial à la Chambre des représentants sur sa mise en accusation ("impeachment"), qui pourrait intervenir avant Noël.

Et les parlementaires s'apprêtent à dévoiler dès mardi les chefs d'accusation retenus contre le milliardaire new-yorkais, qui sont selon plusieurs médias l'abus de pouvoir et l'entrave à la bonne marche du Congrès.

La cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi, a en effet annoncé qu'une conférence de presse avec notamment le chef de la commission judiciaire, Jerry Nadler, et le président de la commission du renseignement, Adam Schiff, se déroulerait mardi pour annoncer "les prochaines étapes" du processus de destitution.

Au terme d'une audition acrimonieuse longue de près de dix heures, marquée par de vives passes d'armes, Jerry Nadler n'a en tout cas laissé aucun doute sur sa position: la conduite de Donald Trump "est à l'évidence passible d'une mise en accusation. Cette commission agira en conséquence", a-t-il déclaré.

Le milliardaire "a violé son serment envers les Américains, il a fait passer son propre intérêt avant notre sécurité nationale", a-t-il martelé. M. Trump "représente encore aujourd'hui une menace pour l'intégrité de nos élections et notre système démocratique".

Les républicains ont tenu la ligne de défense de la Maison Blanche, dénonçant "un spectacle politique".

Les démocrates "n'arrivent pas à se remettre du fait que Donald Trump est président" depuis sa victoire surprise en 2016, a lancé le numéro deux républicain de la commission, Doug Collins.

- "Un coup monté" -

Proclamant depuis le début de l'affaire qu'il n'a rien fait de mal, Donald Trump a confié lundi avoir regardé "un petit peu" cette audition fleuve. "C'est une honte, c'est un coup monté", a-t-il encore dit.

Forts de leur majorité à la Chambre, les démocrates ont lancé fin septembre l'enquête en destitution, après avoir appris que Donald Trump avait demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

L'accusant d'abus de pouvoir, ils estiment que le président a fait pression sur l'Ukraine, notamment en suspendant une importante aide militaire destinée à ce pays en guerre avec la Russie.

Les parlementaires pourraient aussi inclure le refus de la Maison Blanche de collaborer dans l'enquête en destitution, qu'elle juge "anticonstitutionnelle", dans un second chef d'accusation: l'entrave à la bonne marche du Congrès.

Compte tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump deviendra certainement le troisième président de l'histoire, après Andrew Johnson et Bill Clinton, mis en accusation au Congrès américain.

Lâché par ses troupes, Richard Nixon avait démissionné avant le vote en séance plénière.

Cependant, le milliardaire devrait ensuite être acquitté lors du procès au Sénat, où les républicains sont majoritaires et le soutiennent largement.

- Contre-feux -

Des semaines d'auditions et d'enquête n'y ont rien fait, au contraire: républicains et démocrates sont encore apparus fermement retranchés dans leurs positions lundi.

"Le président Trump a mené pendant des mois un complot pour solliciter une aide étrangère dans sa campagne de réélection en 2020", a affirmé un juriste qui représentait les démocrates, Daniel Goldman.

Le juriste Steve Castor, au service des républicains, a lui jugé que les démocrates n'étaient pas parvenus à démontrer un abus de pouvoir au cours de cette enquête "précipitée".

Il a aussi évoqué à plusieurs reprises Joe Biden et son fils.

Hunter Biden avait été nommé au conseil d'administration d'un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, lorsque son père était vice-président de Barack Obama. Ce qui mène le président à les accuser, sans preuves, d'être corrompus.

Ces accusations font partie des nombreux contre-feux allumés par le président républicain pour délégitimer la batterie d'enquêtes qui le visent depuis son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2017.

Avant l'affaire ukrainienne, les plus de deux ans d'enquête sur le dossier russe n'étaient, aussi, qu'une "chasse aux sorcières" selon lui, voire une "tentative de coup d'Etat".

Mais un rapport officiel publié lundi a largement contredit ses allégations, en établissant que le FBI n'avait pas d'arrière-pensée politique quand il a ouvert en 2016 une enquête sur de possibles liens entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

L'inspecteur général du ministère de la Justice Michael Horowitz souligne toutefois que certains agents ont par la suite commis des "erreurs et des omissions".

De quoi conforter le président américain. "Ce qui s'est passé est une honte", a-t-il réagi.

Avec AFP

Pompeo dit au chef de la diplomatie égyptienne ses "inquiétudes" pour les droits humains

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi .

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a fait part lundi à son homologue égyptien Sameh Choukry des "inquiétudes" des Etats-Unis "au sujet de la liberté de la presse et de la situation des droits humains" en Egypte.

Lors d'une rencontre à Washington, il a également évoqué le cas des ressortissants américains détenus en Egypte, et notamment de Moustapha Kassem, a déclaré le département d'Etat américain dans un communiqué.

Cet Américain est incarcéré depuis 2013, accusé de participation à des manifestations contre le pouvoir du Caire. Il a été condamné en 2018 à quinze ans de prison.

Washington a récemment haussé le ton à l'égard du gouvernement égyptien, malgré l'amitié régulièrement affichée par le président américain Donald Trump et son homologue Abdel Fattah al-Sissi.

Mike Pompeo a ainsi exhorté fin novembre l'Egypte, proche allié des Etats-Unis, à respecter la liberté de la presse, en réaction à une série d'arrestations de journalistes.

L'Egypte est le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde après la Chine et la Turquie, selon le Comité pour la protection des journalistes, une association basée à New York.

Des manifestations --rares en Egypte car interdites en vertu d'une loi adoptée en 2013-- ont eu lieu en septembre à travers le pays contre le président al-Sissi.

Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, plusieurs milliers de personnes ont depuis été arrêtées, dont des intellectuels, des militants politiques, des avocats et des journalistes. Les ONG estiment que ce coup de filet est le plus vaste depuis l'arrivée au pouvoir du président en 2014.

Mike Pompeo a toutefois aussi évoqué lundi avec Sameh Choukry "l'importance du partenariat stratégique fort" entre les deux pays.

Avec AFP

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