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Madagascar

Antananarivo, enjeu majeur des municipales

Marc Ravalomanana (g) à Antananarivo le 25 août 2018, Andry Rajoelina (d) à Paris le 1er février 2018.

Les électeurs malgaches votaient mercredi à des élections municipales dont l'enjeu principal sera de savoir si le camp du président Andry Rajoelina parviendra à prendre la capitale Antananarivo actuellement dirigée par la femme de son rival historique Marc Ravalomanana.

Dix millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour désigner leurs 1.695 maires, répartis dans les 119 districts du pays.

Après avoir voté à Antananarivo, le président Rajoelina a estimé que cette élection était "très importante", car devant "désigner les personnes dignes de diriger chaque commune dans tout Madagascar". Il a appelé "chaque citoyen en âge de le faire " à voter "car cela va influencer l'avenir de nos villes dans les cinq prochaines années".

Il s'est dit confiant dans la victoire de ses candidats, en voulant pour preuve la victoire de son camp aux législatives auxquelles, a-t-il rappelé, "on a déjà eu la majorité, avec 84 députés contre 16 pour l'opposition".

La capitale Antananarivo est dirigée depuis plusieurs années par Lalao Ravalomanana, épouse de Marc Ravalomanana,son conseiller spécial et ancien président renversé par Andry Rajoelina en 2009 qu'il a ensuite battu à la dernière présidentielle de 2018.

Andry Rajoelina était lui-même maire d'Anatananrivo depuis deux ans lorsqu'a éclaté la crise ayant abouti au renversement de Ravalomanana de 2009.

Cinq candidats sont en lice dans la capitale, celui du camp présidentiel étant Nanina Andriatsitohaina, riche homme d'affaires et ancien ministre des Affaires étrangères proche du président.

Lalao Ravalmonana ne se représente pas, le camp de l'ex-président ayant choisi contre toute attente de présenter un candidat inconnu du grand public, Tahiry Ny Rina Randriamasinoro.

Andry Rajoelina a vivement critiqué en début de semaine la gestion de la capitale par Lalao Ravalomanana, dénoncant notamment son "laxisme".

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Le Sénat attaque le président devant la Cour constitutionnelle

Selon l'opposition, le président Andry Rajoelina a pris des ordonnances qu'il réfuse de faire valider par l'Assemblée nationale, ainsi que le requiert la Constitution.

Le Sénat malgache, contrôlé par l'opposition, a saisi la Cour constitutionnelle pour obtenir l'annulation d'ordonnances à ses yeux irrégulières prises par le président Andry Rajoelina, a annoncé mercredi à l'AFP le président de cette chambre, Rivo Rakotovao.

"Nous avons constaté un non-respect de la Constitution par l'exécutif, nous avons déjà interpellé le gouvernement pour cela, maintenant nous saisissons la Cour constitutionnelle", a expliqué M. Rakotovao.

M. Rajoelina a remporté le second tour de l'élection présidentielle disputé en décembre 2018 face à son grand rival, Marc Ravalomanana.

Il a pris ses fonctions début 2019 avant l'expiration du mandat des députés de l'Assemblée nationale, dont il a obtenu le pouvoir de légiférer par ordonnances jusqu'aux élections législatives disputées en mai dernier.

La coalition qui soutient le chef de l'Etat y a obtenu la majorité absolue des sièges.

Entre son entrée en fonctions et l'élection de la nouvelle Assemblée nationale, Andry Rajoelina a signé 14 ordonnances relatives, entre autres, au recouvrement des avoirs illicites à Madagascar et à l'élection et à la désignation des sénateurs.

Selon le président du Sénat, il a depuis omis de faire valider ces textes par un vote de l'Assemblée nationale, ainsi que le requiert la loi fondamentale de la Grande île.

"L'exécutif a le devoir de se conformer à la Constitution et aurait dû soumettre à la ratification des parlementaires (...) les ordonnances prises", a plaidé M. Rakotovao, "nous n'avons aucune arrière-pensée politique, le Sénat exerce juste son droit et ses devoirs envers la Nation".

"C'est l'ordonnance qui a réduit le nombre des sénateurs et n'a pas plu au président du Sénat", a déploré auprès de l'AFP un proche de M. Rajoelina s'exprimant sous couvert de l'anonymat, l'accusant de "compromettre le développement du pays".

Si la plus haute juridiction du pays donne raison au président du Sénat, cinq accord de prêts de financement conclus entre le gouvernement malgache et des bailleurs de fonds seraient annulés.

Les crises politiques sont récurrentes à Madagascar, un des pays les plus pauvres de la planète. La dernière élection présidentielle s'y est déroulée dans un climat très tendu.

Plus de 10.000 enfants exploités dans des mines

Femmes et enfants dans la région de Vakinankaratra à Madagascar, 30 mars 2013.

Plus de 10.000 enfants, dont certains âgés d'à peine 5 ans, sont exploités à Madagascar dans des mines de mica, un minéral résistant à la chaleur utilisé dans l'électronique et l'automobile, selon l'enquête de deux ONG.

Très recherché pour sa capacité à supporter les fortes chaleurs, le mica est utilisé comme isolant dans les industries aéronautique et automobile, ainsi que dans la téléphonie.

Ces mineurs représentent la moitié de la main d’œuvre employée dans les mines du secteur, ont précisé Terre des Hommes et le Centre de recherche sur les multinationales dans une étude récemment publiée.

Au terme d'un an d'investigations dans 13 mines du sud-est, les deux ONG ont documenté en détail les "conditions de travail rudes" imposées à ces enfants. En raison de leur petite taille, la plupart sont chargés de creuser les puits et les tunnels dont ils extraient ensuite le mica. Les plus jeunes sont affectés au tri des plaques de minéraux.

"Ils souffrent du dos, de maux de tête dus à la chaleur et au manque d'eau, et sont victimes de blessures aux mains et aux pieds tous les jours", écrit le rapport. Nombre d'entre eux sont aussi "exposés aux particules de poussière de mica qui provoquent toux et des maladies des poumons".

Les trois-quarts des 26 millions d'habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. Selon l'enquête, le salaire quotidien octroyé aux travailleurs du secteur -entre 27 centimes d'euros à 3 euros- ne suffit souvent pas pour un repas quotidien.

Madagascar est le troisième producteur mondial de mica, pour un revenu estimé dans le rapport à 6,5 millions de dollars en 2017. Le pays est récemment devenue le premier exportateur de la planète en devançant l'Inde. L'essentiel de la production mondiale est acheté par la Chine, selon l'ONU.

"Il est urgent que les entreprises internationales se préoccupent de l'origine du mica qu'elles utilisent et que le gouvernement malgache (...) s'engage à faire respecter les droits des enfants", concluent les deux ONG.

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