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Américain, musulman et humoriste, il chasse les idées reçues avec le rire

Comédien et directeur du documentaire "Les musulmans arrivent", Dean Obeidallah ( à gauche) et Negin Farsad sont à Manhattan, New York, le 7 mars 2016.

L'humoriste américain musulman Dean Obeidallah combat depuis quinze ans les préjugés sur l'islam avec pour seule arme le rire, une mission que la campagne électorale américaine rend plus urgente que jamais.

La vie de Dean Obeidallah, comme celle de nombreux musulmans, a changé un matin de 2001.

"Avant le 11-Septembre, je me définissais comme Blanc", dit-il à l'AFP. Après les attentats, "j'ai rejoint la minorité".

De père palestinien et de mère italienne, cet ancien avocat fait le choix de mettre en avant sa condition de musulman, lui dont le physique passe-partout échappe à bien des regards.

"Personne ne devine que je suis arabe ou musulman. Cela ne m'est jamais arrivé", dit ce natif du New Jersey, au débit souvent très soutenu.

Mais "quand vous êtes stigmatisé, ça fait ressortir le truc en vous", justifie celui qui dit prier quasiment tous les jours. "Soit vous vous cachez, soit vous allez au devant des projecteurs et vous vous battez pour votre communauté".

Spectacles de stand-up, son élément, mais aussi le documentaire "The Muslims are Coming!", qu'il a coréalisé en 2013, et désormais l'émission de radio sur le réseau numérique SiriusXM, "The Dean Obeidallah Show", l'humoriste use depuis de toutes les plateformes possibles pour faire passer son message.

L'émergence du groupe Etat islamique depuis 2013 a rendu plus nécessaire encore le travail de Dean Obeidallah contre les stéréotypes dont souffrent les musulmans aux Etats-Unis, une petite communauté largement méconnue.

"Si vous ne savez pas qui nous sommes et que tout ce que vous voyez (dans les médias), c'est l'EI et Al-Qaïda, évidemment, vous n'allez pas penser que nous sommes drôles. Vous pensez que nous sommes flippants, que nous allons venir vous tuer", dit-il.

Sur ce tapis de braises, le candidat républicain Donald Trump n'a eu qu'à verser un peu d'essence pour déclencher un incendie.

En décembre, l'homme d'affaires a proposé d'interdire à tous les musulmans l'entrée sur le territoire américain, "le temps que les dirigeants de notre pays comprennent ce qui se passe".

"Je pense que l'islam nous hait", a affirmé Donald Trump dans un entretien à la chaîne CNN en mars.

Messages haineux

"Aujourd'hui, les musulmans américains se sentent seuls, assiégés. Nous avons l'impression que personne ne se préoccupe de notre communauté", regrette Dean Obeidallah.

Pour se convaincre de ce que subit actuellement la communauté musulmane des Etats-Unis, il suffit de lire quelques-uns des messages qu'il reçoit quotidiennement via les réseaux sociaux.

"Au fond, tu sais que Trump va gagner et que tu vas devoir te cacher de honte. Petite pute de rien du tout, ça va arriver. Va te faire sauter quelque part", dit l'un d'entre eux, lu à l'antenne par l'animateur de 46 ans.

En 2012, Dean Obeidallah s'est rendu dans plusieurs Etats considérés comme conservateurs pour tourner son documentaire, y compris dans le sud.

A l'époque, il avait eu droit à quelques "Rentre dans ton pays!", hurlés depuis la fenêtre d'une voiture, mais jamais à des menaces, verbales ou physiques.

"Je me dis qu'aujourd'hui, ce serait peut-être plus inquiétant".

Pas intimidé, Dean Obeidallah met les bouchées double. Dans son émission de radio quotidienne, le seul programme national animé par un musulman, mais aussi sur les plateaux de télévision, il ouvre les regards, bouscule les consciences, inlassablement.

"Je ne pense pas me battre pour les musulmans. Je me bats pour les valeurs américaines, pour l'idée que nous soyons tous traités de la même manière", martèle le créateur de la Muslim Funny Fest, festival d'humoristes musulmans à New York.

"Je refuse de laisser des gens comme Donald Trump changer ce qui définit ce pays".

Comme beaucoup, Dean Obeidallah attend avec anxiété le verdict du scrutin présidentiel du 8 novembre.

Aux démocrates, dont il est proche, il lance un message: "Allez voter! Je ne veux pas finir dans un camp d'internement."

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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