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Ted Cruz persiste et signe avec son idée de patrouiller les quartiers musulmans

Le sénateur Ted Cruz ,R - Texas, parle durant un rassemblement samedi à Provo, Utah, 19 Mars , 2016.

Patrouiller les quartiers musulmans avant qu'ils ne se radicalisent ? L'idée du candidat républicain à la présidence a suscité de vives critiques aux Etats-Unis, notamment du président Obama et du chef de la police de New York, mais le sénateur n'a rien lâché mercredi.

Une telle surveillance "est contraire à qui nous sommes. Et cela ne nous aidera pas à vaincre l'Etat islamique", a tonné mercredi Barack Obama. "Une approche qui les singulariserait ou les ciblerait pour les discriminer est non seulement erronée et non-Américaine, elle serait aussi contre-productive", a insisté le président.

Après les attentats qui ont fait au moins 31 morts mardi à Bruxelles, revendiqués par le groupe jihadiste EI, Ted Cruz n'avait pas hésité: "nous devons permettre à la police de patrouiller et sécuriser les quartiers musulmans avant qu'ils ne se radicalisent", avait-il déclaré.

Son rival Donald Trump, qui prône sans complexe la torture pour les suspects de terrorisme, a trouvé que c'était "une bonne idée".

Plusieurs organisations de défense des musulmans s'en sont émues et Twitter s'est enflammé avec le hashtag #MuslimNeighborhood (quartier musulman) racontant la vie et les actes de générosité dans ces quartiers.

Le chef de la police de New York Bill Bratton a été l'un des critiques le plus véhément de cette proposition.

- 1.000 policiers musulmans à New York -

"Il ne sait vraiment pas de quoi il parle", a déclaré M. Bratton, en rappelant que près de 1.000 policiers new-yorkais étaient musulmans et que quand M. Cruz venait à New York, il était probablement protégé par certains d'entre eux. M. Bratton s'est dit sur CBS "très offensé" par les remarques du sénateur ultra-conservateur du Texas.

D'autant que M. Cruz, pour son idée de patrouiller les quartiers musulmans, a cité en modèle un programme secret de surveillance mis en place après les attentats du 11-Septembre à New York, quand Michael Bloomberg était maire.

Des policiers en civil avaient pour mission de surveiller la communauté musulmane, ses lieux de culte, ses restaurants, librairies et magasins et de documenter ce qu'ils voyaient et entendaient.

Très controversé, le programme, objet de plusieurs plaintes en justice, a été officiellement abandonné en avril 2014.

M. Bratton a souligné qu'il n'avait pas permis de découvrir la moindre information.

"Je voudrais rappeler au sénateur qu'il vit aux Etats-Unis", avait déjà déclaré M. Bratton mardi lors d'une conférence de presse. "Et la déclaration qu'il a faite (sur les patrouilles) est la raison pour laquelle il ne deviendra pas président".

Ted Cruz, qui avait déjà provoqué un tollé en attaquant New York sur ses valeurs en janvier, n'a pas été impressionné. "Ce n'est pas surprenant que les hommes de main démocrates du maire de Blasio m'attaquent, et c'est sur instructions du maire", a-t-il déclaré sur CBS.

"Hier nous avons vu une affreuse attaque terroriste à Bruxelles. Ce n'était pas un loup solitaire. Ce n'était pas un attentat isolé. C'était du terrorisme radical islamiste. C'était l'Etat islamique qui (...) nous a déclaré la guerre. Et malheureusement, le président Obama et Hillary Clinton et le maire de Blasio, les élus démocrates sont tellement liés par le politiquement correct qu'ils refusent de prononcer le mot terrorisme radical islamiste. Et ils refusent de tenter sérieusement d'en venir à bout", a-t-il dit.

Interrogé sur le nombre de musulmans aux Etats-Unis, M. Cruz a admis qu'il ne le connaissait pas (environ 3,3 millions).

La principale association de défense des musulmans CAIR (Council on American-Islamic Relations) lui a demandé de "se rétracter et de s'excuser pour sa proposition anticonstitutionnelle", et a dénoncé dans un communiqué "un appel à un traitement des musulmans comparable au fascisme".

Sur Twitter, le hashtag #MuslimNeighborhood a fleuri.

"Dans mon #quartiermusulman, vous verrez des gens distribuer de l'eau propre aux victimes de la crise de l'eau à Flint" (Michigan, nord), avait écrit un internaute, photos à l'appui, dans un message retweeté plus de 1.200 fois. "@tedcruz bonne chance pour essayer de distinguer un quartier musulman d'un autre, car les musulmans sont une partie intégrante du tissu américain", affirmait un autre tweet. Un troisième montrait trois jeunes femmes souriantes. "Hey @tedcruz, choisis les deux qui sont musulmanes et patrouille nous", disait-il.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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