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Hambourg redoute des manifestations violentes à la veille du G20


La police utilise un canon à eau lors d'une manifestation à Schanzenviertel avant le sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne, le 4 juillet 2017.

La ville allemande de Hambourg prendra des allures de forteresse jeudi, à la veille du sommet du G20, avec des mesures de sécurité drastiques face à la menace terroriste et la crainte de violences en marge des manifestations d'opposants.

Quelque 20.000 policiers venus de toute l'Allemagne et d'Autriche sont déployés dans cette grande cité portuaire de 1,7 million d'habitants.

Avec 28 hélicoptères, 185 chiens et 3.000 véhicules, ils sont chargés d'assurer la sécurité d'un sommet qui réunira vendredi et samedi les dirigeants des vingt pays les plus riches de la planète, dont Angela Merkel, Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping ou Emmanuel Macron.

Très surveillée en raison des attentats islamistes qui ont frappé l'Europe depuis 2015, cette réunion s'annonce en outre comme un défi pour la police face à la forte mobilisation attendue des anti-G20.

- Démonstration de force

Les autorités craignent une démonstration de force des opposants qui depuis des semaines promettent de bloquer les travaux des dirigeants.

"Il n'y a pas de justification de la violence", a prévenu la chancelière allemande. "Ceux qui sont violents bafouent la démocratie", a-t-elle jugé jeudi dans l'hebdomadaire Die Zeit.

Dans la nuit de mardi à mercredi, des échauffourées ont déjà éclaté entre policiers et protestataires qui voulaient camper pour la nuit dans des parcs de la ville, malgré une interdiction.

Jusqu'à 100.000 manifestants devraient battre le pavé sur plusieurs jours, dont 7.000 à 8.000 extrémistes de gauche prêts à en découdre, selon les autorités.

Plus de 30 rassemblements de protestation sont prévus d'ici la fin du sommet.

Le défilé de tous les dangers, à l'initiative d'une "alliance autonome et anti-capitaliste" et avec pour mot d'ordre "Welcome to Hell" ("Bienvenue en enfer"), est attendu dès jeudi soir avec 10.000 participants, selon les organisateurs.

Le cortège doit s'élancer à 19h00 (17h00 GMT) du Marché aux poissons, près de l'Elbe, et le début du rassemblement est attendu dès 16h00 (14h00 GMT).

- Blacks blocs

Les autorités craignent tout particulièrement la présence de milliers de +Black blocs+, ces groupuscules de militants anarchistes ou autonomes.

"La scène militante autonome" s'est donnée pour objectif "d'organiser le plus grand Black bloc de tous les temps", a prévenu le ministre de l'Intérieur de la Ville-Etat de Hambourg, Andy Grote.

Organisés et dissimulés par des cagoules ou des masques, ils apparaissent tout à coup dans les cortèges et veulent en découdre avec la police.

Les inquiétudes sont d'autant plus vives que Hambourg est un bastion de la contestation violente, notamment autour d'un ancien théâtre occupé depuis près de 30 ans, le Rote Flora, situé à 10 minutes seulement du centre de congrès ultra-sécurisé du sommet.

Une autre grande manifestation à l'initiative de la mouvance d'extrême-gauche est prévue samedi en fin de matinée.

Les protestataires jugent "la démocratie à Hambourg en danger" avec un tel déploiement policier.

Et des voix, parmi lesquelles Amnesty International, s'indignent de voir Hambourg se transformer en "forteresse" avec interdiction des manifestations sur une zone de 38 km2, soit pratiquement tout le centre ville.

Certains critiquent le fait qu'une grande ville ait été choisie pour accueillir un tel sommet, et non un endroit éloigné des zones urbaines comme c'est souvent le cas.

Mais les autorités allemandes ont affirmé vouloir ainsi envoyer un signal de transparence, à l'heure où les dirigeants politiques font face à une grande défiance des populations.

L'imposant dispositif de sécurité doit se traduire par l'instauration de deux périmètres de sécurité, autour du centre de congrès, où se dérouleront les travaux des dirigeants, et autour de la nouvelle Elbphilharmonie où les dirigeants doivent assister à un concert puis dîner vendredi.

De gros blocs de béton et des barrières de métal ont été déployés tout autour du centre de congrès.

Certains commerces ont commencé de se barricader pour éviter les dégradations éventuelles des casseurs.

Et des Hambourgeois excédés ont fait part de leur intention de quitter la ville pendant la durée du sommet.

Avec AFP

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