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Corée du Nord : avant le G20, Pékin sur la corde raide face à Trump

FILE - Chinese President Xi Jinping, left, smiles at U.S. President Donald Trump as they pose together with their wives for photographers before dinner at Mar-a-Lago in Palm Beach, Fla.

Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping auront un délicat entretien cette semaine lors du G20, à l'heure où leurs avis diamétralement opposés sur la Corée du Nord fissurent leur amitié de façade.

Le lancement historique mardi par la Corée du Nord d'un missile intercontinental a renforcé les frictions entre les deux pays, à la veille du sommet qui débute vendredi en Allemagne.

En avril, après la première rencontre entre les deux hommes dans la résidence de Donald Trump, ce dernier avait vu en Xi Jinping "un homme bien".

Mais ces dernières semaines, changement de ton: le président américain a fustigé le régime communiste pour son échec supposé à contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang.

"Peut-être que la Chine va faire un geste fort au sujet de la Corée du Nord et mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes!" a-t-il encore tweeté cette semaine.

Pékin "a accompli des efforts acharnés pour résoudre le dossier", a aussitôt répliqué le ministère chinois des Affaires étrangères. Tandis que M. Xi déplorait lundi, lors d'un appel téléphonique avec M. Trump, les "facteurs négatifs" assombrissant les relations bilatérales.

De fait, les Etats-Unis ont coup sur coup sanctionné la semaine dernière une banque chinoise accusée de blanchir de l'argent nord-coréen, et autorisé une vente d'armes à Taïwan, une île de facto indépendante mais considérée par la Chine comme une de ses provinces.

- 'Un équilibre délicat' -

La Chine est le principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord. Elle calibre soigneusement ses actions pour ne pas entraîner une chute de Pyongyang, laquelle provoquerait un afflux de réfugiés, ni être trop laxiste, ce qui pourrait donner à Washington un prétexte pour frapper le régime nord-coréen.

"Ils s'efforcent de trouver le point d'équilibre afin de contenter les Américains et d'éviter que Trump (...) n'envisage une intervention militaire", juge Andrew Gilholm, analyste du cabinet britannique Control Risks.

Si la Chine dispose avec son poids économique d'un moyen de pression sur la Corée du Nord, cela ne signifie pas pour autant qu'elle puisse la convaincre d'abandonner son programme nucléaire, note-t-il.

Mais le missile intercontinental de Pyongyang change la donne. Washington peut désormais se sentir directement menacé, et le temps presse pour Pékin s'il veut contenir son turbulent voisin.

"C'est un équilibre délicat", juge Willy Lam, spécialiste de la Chine à l'Université chinoise de Hong Kong. "Si la Chine n'agit pas suffisamment vite, il est possible que les Etats-Unis envisagent une action, une frappe chirurgicale ou autre."

Pékin a annoncé en février la suspension de ses importations de charbon nord-coréen jusqu'à la fin 2017.

Par ailleurs, le montant de l'ensemble des importations chinoises depuis la Corée du Nord est tombé à 721,5 millions de dollars entre janvier et mai. Il était de 773,6 millions lors de la même période en 2016, selon les Douanes chinoises.

- Une impasse ? -

Washington est partisan de sanctions pour faire plier Pyongyang. Pékin plaide pour une reprise des pourparlers à Six (deux Corées, Russie, Etats-Unis, Chine, Russie), au point mort depuis 2009.

Xi Jinping, en visite à Moscou mardi, a obtenu du président russe Vladimir Poutine son adhésion à la proposition chinoise d'un "double moratoire": arrêt par la Corée du Nord des tests nucléaires et balistiques, contre arrêt par les Etats-Unis et la Corée du Sud de leurs exercices militaires conjoints à grande échelle -- que Pyongyang considère comme une menace directe.

Selon des analystes, la Chine pourrait sanctionner bien plus durement Pyongyang: en frappant des banques, entreprises et aéroports chinois liés au régime nord-coréen, ou encore en réduisant ses livraisons de nourriture et de pétrole à son voisin.

"Ce qui fait la différence, ce ne sont pas les mesures de l'ONU, c'est jusqu'où la Chine les met en oeuvre", estime M. Gilholm, de Control Risks, en référence aux sanctions des Nations unies contre la Corée du Nord.

Selon Willy Lam, le président chinois pourrait être tenté de prendre des sanctions, mais discrètes, afin "de ne pas être perçu comme manquant de fermeté face aux Américains" après les affronts infligés la semaine dernière par Washington.

Mais pour Michael Cole, sinologue à l'université de Nottingham, une avancée durant la rencontre Xi-Trump du G20 paraît improbable. "Nous sommes dans une impasse", estime-t-il.

Avec AFP

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Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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Visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington

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