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Polémique au Sénégal après le décès d’une jeune fille faute de soins aux urgences

L’hôpital de Pikine dans la banlieue de Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le décès d’Aicha Diallo, adolescente de 12 ans, à l’hôpital de Pikine (banlieue de Dakar) pour négligence médicale présumée, agite l’opinion publique et remet au gout du jour la situation des patients dans les structures sanitaires de service public au Sénégal.

Au lendemain de cet événement malheureux, le ministre de la santé Abdoulaye Diouf Sarr annonce d’éventuelles sanctions mais il a surtout reconnu qu’il y avait problème dans les hôpitaux sénégalais.

"Pour ce cas de figure, une enquête est en cours. Nous ne préjugeons de rien à priori pour déterminer effectivement des responsabilités s’il y a lieu. Et à partir des résultats de l’enquête, nous allons prendre les dispositions nécessaires. Nous sommes dans un système où il y a d’excellents professionnels mais dans ce système là aussi, il faut tous les jours se battre pour sortir ceux qui n’ont pas conscience de servir la santé du pays," déclare M. Sarr.

Mballo Dia Thiam, secrétaire général du SUTSAS, le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Mballo Dia Thiam, secrétaire général du SUTSAS, le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Mballo Dia Thiam, secrétaire général du SUTSAS, le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale affirme que les manquements sont nombreux dans les hôpitaux

"Des fois, les collègues passent plus de 24 heures dans les structures alors que 12 heures, c’est la limite normale. Il y a un déficit de personnel, un déficit de spécialistes, les structures qui sont chargées d’accueillir ces urgences sont presque toutes dépassées parce que la capacité d’urgence est très réduite. Les urgentistes, on les compte car ils sont peu nombreux et souvent les intrants posent problèmes parce que tout est tributaire des budgets de fonctionnement," se défend M. Thiam.

De leur côté, les usagers des hôpitaux dénoncent un manque criant d’organisation dans les structures sanitaires,

Momath Cissé, vice-président de l’association des consommateurs du Sénégal, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Momath Cissé, vice-président de l’association des consommateurs du Sénégal, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Un vigile même, vu la proximité qu’il a avec le personnel médical, arrive même à occuper un poste où il ne devait pas être. On a constaté des vigiles qui remplissent des fiches alors que cette personne-là ne peut pas remplir le rôle de l’infirmier. Un vigile n’est pas formé pour orienter un patient avec exactitude dans un département ou une pathologie. Parcourez les hôpitaux, vous allez voir des vigiles qui sont dans les bureaux ou à l’entrée ou à l’accueil" se plaint Momath Cissé, vice-président de l’association des consommateurs du Sénégal.

M. Cissé évoque également le problème de la formation et de l’encadrement du personnel sanitaire

"Il y a beaucoup d’écoles privées qui pullulent et les stagiaires qui viennent de là-bas sont des gens qui doivent être encadrés. Un stagiaire ne doit pas pleinement remplir une fiche. A n’importe quel poste qu’il dcupe, un stagiaire doit être encadré par un personnel qualifié et expérimenté," suggère le défenseur des consommateurs à VOA Afrique.

M. Thiam estime, pour sa part, que la qualité de la formation doit être une priorité pour les autorités afin d’éradiquer les manquements qui gangrènent le secteur de la santé.

L’hôpital de Pikine visé par une enquête pour négligence médicale présumée, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
L’hôpital de Pikine visé par une enquête pour négligence médicale présumée, Dakar, Sénégal, 25 octobre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"La formation a été libéralisée. Donc, il faut d’abord une réelle inspection des écoles pour voir si, dans le cadre de la formation, elles se conforment à leur cahier de charges. En tout cas, nous invitons le gouvernement à faire de l’inspection des écoles surtout paramédicales une affaire sérieuse. C’est de ce point de vue qu’on peut régler ces questions qui sont liés à des problèmes de maladresse ou simplement de mauvais comportements," déplore le secrétaire général du SUTSAS.

Malgré plusieurs programmes de prise en charge des malades notamment des enfants et des personnes âgées, le secteur de la santé publique demeure dans des problèmes d’ordre structurel qui affectent son bon fonctionnement.

Le renforcement des établissements sanitaires en ressources humaines et matérielles de qualité semble être vital pour le pays.

Reportage de Seydina Aba Gueye à Dakar pour VOA Afrique

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Un groupe armé attaque un village dans l'ouest

La mairie d’Alindao, à 400 km au sud-est de Bangui, Centrafrique, 29 novembre 2018. (VOA/ Felix Yepassis-Zembrou)

Des éléments du groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) ont attaqué lundi le village de Lokoti, dans l'ouest du pays, où ils ont incendié des véhicules et pris en otage onze personnes, a appris mercredi l'AFP de la gendarmerie locale.

"Ils sont entrés dans le village, ont incendié deux camions ainsi qu'une moto", a indiqué à l'AFP une source à la gendarmerie de Bouar, ville située à environ 70 km de Lokoti.

Onze personnes ont été prises en otage par les éléments du FDPC, les autres villageois ont réussi à prendre la fuite, a précisé cette source.

"Les casques bleus sont dans une phase d'action et de recherche dans la zone", a indiqué mercredi à la presse le porte-parole de la MINUSCA (mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique) Vladimir Monteiro.

Début avril, une opération militaire avait été lancée par la Minusca dans la zone contre ce groupe implanté localement, mais sans influence nationale.

L'ONU reprochait au groupe armé d'avoir érigé des barricades sur la route nationale 1, la seule permettant d'approvisionner Bangui depuis le Cameroun, et volé une dizaine de pick-up.

Le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada, avait alors "appelé à la raison" le FPDC. " (Nous) n'avons pas signé un accord de paix pour revenir à la guerre", avait-il déclaré.

Après la signature d'un accord de paix début février entre Bangui et 14 groupes armés, dont le FDPC, ce dernier avait érigé des barricades en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités qui, selon lui, n'avaient "pas respecté" l'accord dans la formation du gouvernement.

Un nouveau round de négociations avait eu lieu mi-mars en Ethiopie, et un nouveau gouvernement avait été nommé le 22 mars.

Si le leader du groupe, Abdoulaye Miskine, avait décliné le poste ministériel qui lui était destiné, l'un de ses proches avait été nommé "conseiller spécial" à la Primature et l'autre préfet de la Nana-Mambéré, région de l'ouest.

L'accord de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Ghassan Salamé espère une avancée dans ses contacts avec les belligérants lybiens

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé, a dit mercredi à Rome espérer que les contacts qu'il a pu avoir avec les belligérants sur le terrain "portent leurs fruits" avant le ramadan.

"J'espère que les contacts que nous avons rétablis avec les deux belligérants puissent porter leurs fruits avant le début du ramadan", a déclaré M. Salamé lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi.

Le ramadan, période de jeûne pour les musulmans, débute cette année le 5 mai au soir.

M. Salamé n'a pas caché les difficultés qu'il reste à résoudre avant que le processus de stabilisation de ce pays en proie au chaos depuis 2011 puisse reprendre avec quelque chance de réussite.

Tout était prêt pour la conférence nationale, prévue mi-avril et censée préparer le terrain à des élections en Libye, avant que le maréchal Khalifa Haftar ne lance son offensive contre la capitale Tripoli, a affirmé l'envoyé de l'Onu.

Elle est aujourd'hui en suspens, mais pas annulée, a-t-il ajouté, précisant toutefois qu'il fallait aussi "un fort soutien de la part de la communauté internationale". Or, a-t-il déploré, celle-ci est divisée, notamment au niveau du Conseil de sécurité de l'Onu, qui n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur un projet de résolution sur la Libye.

Sur le terrain, les combats s'enlisaient près de trois semaines après le début de l'offensive de Khalifa Haftar contre Tripoli, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Production record de coton de plus de 700.000 tonnes

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Au Soudan, les militaires veulent négocier avec les leaders de la contestation

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Un blogueur reste en "détention" dans l'attente du jugement de la Cour suprême

Une manifestation à Nouakchott, Mauritanie, 12 septembre 2012.

Le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir, considéré par des ONG comme "symbole de la répression" en Mauritanie, reste en "détention" dans l'attente d'une décision de la Cour suprême, a déclaré mercredi le ministre de la Justice.

Le blogueur de 35 ans, condamné à mort en 2014 pour "apostasie", puis à deux ans de prison en appel en 2017, est considéré le "symbole de la répression en Mauritanie" par des organisations de défense des droits humains.

Mohamed Cheikh Ould Mkhaïtir est en "détention provisoire" et "seule la Cour suprême pourra statuer sur son sort", a déclaré le ministre mauritanien de la Justice Dia Moctar Malal devant l'Assemblée nationale, sans donner de date pour ce jugement.

Ayant passé quatre années en détention provisoire entre son arrestation et le jugement en appel, M. Ould Mkhaïtir aurait dû être remis en liberté après la réduction de peine, le pourvoi en cassation déposé par le parquet n'étant pas suspensif. Mais il a été placé en "détention administrative" dans un lieu inconnu, selon les autorités.

"Ni l'exécutif, ni le législatif ne peuvent imposer une décision le concernant", a encore déclaré le ministre, alors que cette affaire a déchaîné les passions en Mauritanie.

Le jeune homme avait été reconnu coupable d'apostasie (le fait de renier sa religion) pour un article sur internet taxé de blasphème envers le prophète de l'islam, Mahomet. Mais il avait ensuite exprimé son repentir.

En 2017, l'annonce de la réduction de sa peine en appel avait provoqué des manifestations de protestation et le gouvernement mauritanien avait, en avril 2018, adopté un projet de loi durcissant la législation contre les auteurs d'apostasie et de blasphème, rendant la peine de mort obligatoire contre eux même en cas de repentir.

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