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Commission anti-corruption: Jacob Zuma obligé de témoigner, tranche la justice

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma feuillette des documents alors qu'il témoigne devant une commission d'État chargée d'enquêter sur les allégations de corruption au sein du gouvernement et des entreprises publiques, à Johannesburg, Afrique du Sud, le 17 juillet 2019.

La plus haute juridiction sud-africaine a ordonné jeudi à l'ancien président Jacob Zuma de témoigner devant la commission Zondo, qui enquête sur les soupçons de corruption durant sa mandature (2009-2018).

Les conclusions de la commission anti-corruption ne déboucheront pas directement sur des inculpations, mais pourront être transmises au parquet pour d'éventuelles poursuites.

Depuis des mois, empilant tour à tour les recours ou faisant valoir son droit au silence, l'ancien président a réussi à éviter de témoigner.

"M. Jacob Zuma est enjoint de comparaître et de témoigner devant la commission aux dates fixées par celle-ci", a ordonné la Cour constitutionnelle sud-africaine dans un jugement rendu jeudi. Et il "n'a pas le droit de garder le silence pendant cette procédure", a-t-elle ajouté.

M. Zuma, 78 ans, n'a témoigné qu'une seule fois devant la commission présidée par le juge Raymond Zondo, en juillet 2019. Mais il s'était retiré au bout de quelques jours, considérant qu'il était traité comme un "accusé" et non comme un témoin.

Début octobre, la commission anti-corruption était montée d'un cran en assignant l'ancien chef d'Etat à témoigner, menaçant qu'une absence sans motif constituerait "une infraction pénale".

Après des mois à jouer au chat et à la souris, M. Zuma s'était finalement présenté mais n'avait pas fait entendre le son de sa voix. Et cette audition s'était concentrée sur l'examen de la demande de l'ex-président de récuser Raymond Zondo, qui selon lui ne pouvait pas être impartial.

La commission avait répliqué en saisissant la Cour constitutionnelle, afin qu'elle se prononce sur l'obligation de M. Zuma à témoigner.

A nouveau convoqué en janvier, l'ancien chef d'Etat avait fait savoir, par le biais de ses avocats, qu'il ne se présenterait pas. Cette fois-là, les auditions n'avaient toutefois pas eu lieu, le président de la commission devant s'isoler après qu'un de ses proches collaborateurs a été testé positif au Covid-19.

La commission n'a pas encore donné de nouvelle date de convocation.

Englué dans les scandales, l'ancien président avait été poussé à la démission et remplacé par Cyril Ramaphosa, qui a promis d'éradiquer la corruption.

La commission d'enquête, qui devait initialement siéger jusqu'en mars, doit demander une prolongation en raison du retard causé par la pandémie de Covid-19. Elle a déjà entendu des dizaines de ministres ou ex-ministres, élus, hommes d'affaires ou hauts fonctionnaires.

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Saisie de 17 tonnes de cannabis à Niamey

Une photo prise le 25 février 2021 montre de la résine de cannabis saisie à des revendeurs locaux lors d'une visite du ministre français de l'Intérieur à Marseille, dans le sud de la France.

Dix-sept tonnes de résine cannabis d'une valeur marchande de 20 milliards de FCFA (plus de 30,4 millions d'euros) en provenance du Liban, via le port togolais de Lomé, ont été interceptées par les autorités nigériennes, une saisie record dans ce pays.

"C'est une très grosse quantité de 17 tonnes évaluée à près de 20 milliards de FCFA qui a été saisie dans un entrepôt de Niamey", a expliqué Alkache Alhada, ministre nigérien de l'Intérieur au cours d'une cérémonie de présentation de la drogue saisie à la presse.

C'est la première fois qu'autant de drogue, en provenance du Liban, est saisie au Niger, a-t-il commenté, précisant que treize personnes, onze Nigériens et deux Algériens, avaient été arrêtées et écrouées.

La drogue, soigneusement conditionnée dans des emballages étanches, a été saisie le 2 mars dans un quartier de la périphérie de Niamey. Chacun des milliers de petits paquets contenant la drogue portait le nom d'un destinataire précis.

Cette cargaison avait quitté le Liban et a transité par le port de Lomé grâce à une société indienne, avant d'être acheminée à Niamey dissimulée dans un camion-citerne immatriculé au Bénin et censé contenir des hydrocarbures, selon la police nigérienne.

La drogue était destinée à la Libye et devait passer par Agadez, la grande ville du nord du Niger, a-t-elle souligné.

Au Niger, les saisies record de stupéfiants et de médicaments contrefaits se sont enchaînées depuis 2017.

En juin 2018, trois tonnes de résine de cannabis, estimées à trois milliards de FCFA (4,5 millions d'euros) en provenance du Maghreb, ont été interceptées à Niamey. La drogue était dissimulée dans des caisses de fruits et légumes.

Une partie de la drogue est écoulée localement, mais l'essentiel est généralement camouflé dans des sacs d'aliments pour bétail, puis réexporté vers les marchés des pays de la région, selon les autorités.

En mai 2018, la police nigérienne avait également saisi plus de 29 tonnes de faux médicaments.

Plus de dix morts par l'explosion d'une voiture piégée à Mogadiscio en Somalie

Une femme blessée lors d'une attaque à la voiture piégée à Mogadiscio, le 28 décembre 2019.

Plus de dix personnes ont été tuées vendredi soir par l'explosion d'une voiture piégée, revendiquée par les islamistes shebab, devant un populaire restaurant de la capitale somalienne Mogadiscio, a annoncé un responsable sécuritaire.

"L'explosion a été très forte et a causé des destructions importantes et fait des victimes civiles. Les opérations sont toujours en cours pour établir le bilan exact des victimes, mais les premières informations obtenues par les responsables sécuritaires indiquent que plus de dix personnes ont péri", a déclaré ce responsable, Mohamed Osman.

"Il se pourrait qu'il y ait plus de victimes, mais c'est difficile dire pour le moment", a-t-il ajouté.

Un responsable médical a indiqué que le décès de 20 personnes avait été confirmé.

"Nos équipes sur le terrain ont confirmé la mort de 20 personnes, 30 autres ont été blessées", a déclaré le directeur du service d'ambulances Amin de Mogadiscio, Abdikadir Abdirahman.

Les islamistes somaliens shebab, qui commettent régulièrement des attentats dans la capitale somalienne, ont revendiqué l'attentat.

Les shebab mènent depuis des années une rébellion pour renverser le fragile gouvernement somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Ils ont été chassés de Mogadiscio en 2011 par la force de l'Union africaine (UA), l'Amisom, mais contrôlent toujours de larges portions de la Somalie, qui a sombré dans le chaos depuis 1991.

Qui sont ces bandits qui enlèvent les gens et terrorisent dans le Nord du Nigeria?

Des membres d'un gang de "bandits" avec des armes dans leur cachette dans la forêt du nord-ouest de l'État de Zamfara, au Nigéria, le 22 février 2021.

Dans le Nord-Ouest du Nigeria, 279 adolescentes ont été libérées le 2 mars, après quatre jours de captivité, suite à leur rapt par des hommes armés qui avaient attaqué leur école à Jangebe dans l'Etat de Zamfara. Qui sont ces bandits qui multiplient les enlèvements et sèment la terreur dans le pays?

L'attaque du pensionnat de Jangebe, dans l'Etat de Zamfara et le rapt des écolières n'était que le dernier en date d’une vague d’enlèvements dans le nord du pays.

En décembre, plus de 300 garçons ont été enlevés dans une école de Kankara, dans l’État natal du président Buhari.

On se rappelle encore le rapt des filles de Chibok en 2014, lorsque le groupe jihadiste Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes. Pus d'une centaines d'entre elles sont encore portées disparues et personne ne sait combien sont toujours vivantes.

L'armée nigériane s'est déployée dans la région du Nord en 2016 mais les attaques se sont poursuivies. Des groupes criminels, appelés "bandits", multiplient les vols de bétails à grande échelle et pratiquent les enlèvements contre rançon depuis plus de dix ans.

Ces enlèvements se multiplient de plus en plus sont devenus un problème largement répandu dans le pays qui touche et vise tout le monde: hommes d’affaires, fonctionnaires et citoyens ordinaires. Tous sont arrachés dans les rues par des criminels à la recherche d’une rançon.

Celui de vendredi 26 février était le quatrième enlèvement de masse d'écoliers en moins de trois mois dans le nord du Nigeria.

Besoin de survivre

On ne sait pas encore qui est responsable de ce rapt. Deux journalistes, dont un du service haoussa de la VOA, ont rencontré les membres d'un gang armé dans leur repaire de la forêt Sububu à Zamfara, il y a quelques jours.

Ces bandits ont affirmé qu'ils - et d'autres comme eux - se sont tournés vers la prise d'otages et d'autres crimes parce qu'ils n'ont guère le choix pour survivre.

D'après les journalistes, ces "bandits" sont pour la plupart de la tribu ethnique des Fulani, des éleveurs traditionnellement nomades. Les pâturages publics où ils paissaient leur bétail a considérablement diminué. Leurs bovins et leurs moutons ont été pris par des soldats et des voleurs. Ils ont tout perdu. Ils ont déclaré que divers gouvernements les avaient négligés et même harcelés - et n'avaient pas réussi à protéger leur mode de vie.

"Tout le monde sait que nous sommes des éleveurs. Ce pays a la chance de disposer de pétrole et d’autres ressources naturelles, mais cette prime ne filtre pas", a déclaré Shehu Rekep, le chef du groupe, pour justifier ses actes criminels. "Nous n'avons pas été scolarisés, nous n'avons pas de sécurité et le gouvernement ne fait rien pour nous. Nous sommes tués, mais nous sommes toujours signalés comme les tueurs", a-t-il ajouté.

Ces éleveurs traditionnels soutiennent avoir pris les armes par désespoir.

Ils ont déclaré que les gouvernements centraux et étatiques au cours des 20 dernières années ont abandonné les communautés d'éleveurs, ne fournissant aucune éducation académique ou religieuse ou d'autres services sociaux, avec des limitations sur les droits de pâturage - en particulier dans le sud du Nigeria. Résultat: ils se retrouvent analphabètes, sans emploi et sans espoir.

Ils ont également déclaré que les éleveurs étaient confrontés à des taxes excessives lorsqu'ils tentaient de vendre leur bétail au marché et qu'ils étaient parfois victimes d'extorsion ou de brutalité de la part du personnel militaire et policier.

Les chefs de bandits ont déclaré à VOA que nombre de leurs membres avaient perdu des proches lors d'affrontements avec des agents de sécurité et des groupes rivaux.

"Les forces de sécurité et les justiciers nous tuent. Nous tuons aussi tous les jours", a avoué Rekep.

Il a également déclaré que les captifs sont libérés lorsque la rançon est payée - mais que les bandits tireront sur quiconque leur résiste. Il n'a pas révélé combien de personnes avaient été tuées parce que les demandes de rançon n'avaient pas été satisfaites.

Amnesty International a rapporté en août 2020 que des bandits mènent des "attaques terrifiantes contre des communautés rurales" dans le nord du Nigeria depuis des années. Selon l'ONG, les attaques dans les régions du nord-ouest et du centre-nord du pays s'étaient intensifiées depuis janvier 2020, avec "des hommes armés déchaînés… [tuant] au moins 1 126 personnes" début août.

Le camp des bandits

Des hommes armés à motocyclette sont allés chercher les journalistes à un lieu de réunion désigné pour visiter la cachette forestière du gang dans l'extrême nord de l'État de Zamfara pour une interview le 1er mars.

Quelqu'un a tiré dans l'air pour annoncer leur arrivée. Une trentaine d'hommes se déplaçaient autour de la clairière. Ils ont été rejoints par au moins 20 autres, dont plusieurs femmes. La plupart portaient des foulards qui couvraient leur visage. Ils portaient des fusils d'assaut. Certains avaient des fusils équipés de lance-grenades.

Ils se sont rassemblés près d'un homme assis sur un tapis sous un arbre. Shehu Rekep l'a présenté comme étant "Kachalla Halilu Sububu Seno, chef de tous les terroristes". M. Rekep a utilisé un titre de courtoisie. Kachalla signifie chef de gang en Fulani.

Halilu Sububu commande un réseau d'environ 1000 bandits dans l'État de Zamfara, a déclaré son adjoint. Le chef prétend également contrôler certains gangs dans le sud du Nigeria. Rekep exerce également une influence au-delà des frontières nigérianes. Il cite des liens avec des bandits dans les pays francophones comme le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso, le Cameroun et la République centrafricaine.

Dans un accord de paix négocié il y a deux ans entre son gang et les communautés de la zone de Shinkafi, le gang fournit une protection en échange d'une base d'opérations relativement non perturbée, affirme Rekep.

Des médiateurs autoproclamés

Consterné par l'insécurité croissante, un religieux islamique, Ahmad Gumi, basé à Kaduna a commencé, en février, à visiter des camps de bandits dans les États du nord-ouest dans une tentative de médiation autoproclamée. Ahmad Gumi, qui était auparavant capitaine de l'armée nigériane, a transmis ses doléances à certains gouverneurs de la région.

Les bandits "ont de nombreux problèmes. Il n’ya pas de présence du gouvernement dans la brousse où ils vivent. Ils n'ont pas de commodités sociales, telles que des écoles ou des hôpitaux. Malheureusement", a déclaré M. Gumi à VOA dans une interview à la mi-février. Et d'ajouter: "Ils n’ont pas de dirigeants éclairés et éduqués".

D'après Ahmad Gumi, "Ces nomades sont confrontés à de multiples défis de la part des responsables locaux, y compris la police et la justice qui les brutalisent souvent".

Comme M. Gumi, Samuel Aruwan, commissaire à la sécurité intérieure dans l'État voisin de Kaduna, a déclaré à VOA que les gouvernements du passé avaient négligé les éleveurs peuls. Les autorités n'avaient pas fait grand-chose pour arrêter le vol de leur bétail, mettant ainsi les éleveurs à la faillite.

Les plaidoyers de M. Gumi en faveur des bandits ne plaisent pas à tous.

Un groupe appelé Northern Elders Forum (Forum des anciens du Nord) a publié la semaine dernière une déclaration exhortant le religieux à arrêter sa tournée des camps de bandits; estimant que ses remarques publiques "encourageaient les terroristes" et "mettaient la vie de soldats non musulmans en grave danger".

Les vidéos de réunions entre le médiateur autoproclamé et des bandits armés ont également soulevé des questions sur sa capacité à accéder à leurs cachettes, alors que les agences de sécurité - qui prétendent chasser les criminels - ne l'ont pas fait.​

Le gouvernement dit résister au chantage

Le président nigérian Muhammadu Buhari avait dénoncé l’enlèvement du 26 février à l’école secondaire gouvernementale pour filles de la ville de Jangebe, à Zamfara. Il avait affirmé que son administration "ne succomberait pas au chantage des bandits" qui demandaient le paiement d’une rançon.

"Entre 2011 et 2020, les Nigérians ont payé plus de 18 millions de dollars pour se libérer ou se libérer leurs proches", a rapporté le Washington Post cette semaine, citant des données du cabinet de conseil SB Morgen.

Les autorités fédérales et les gouvernements des États avaient été critiqués auparavant pour avoir payé d'importantes rançons.

Dissuader les rapts

Pour dissuader les enlèvements, au moins deux États du nord-ouest - Kebbi et Jigawa - ont adopté des lois prescrivant des condamnations à mort pour les ravisseurs.

Reportage initial du service haoussa de la VOA.

L'opposant Sonko, gardé à vue, garde le silence

Ousmane Sonko lors d'un débat présidentiel, le 21 février 2019.

Le principal opposant au pouvoir sénégalais, le député Ousmane Sonko, a passé sa première nuit en garde à vue et gardé le silence face aux gendarmes après son arrestation, à l'origine de troubles dans la capitale mercredi, a indiqué un de ses avocats jeudi.

Le parlementaire, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme l'un des principaux candidats à la prochaine, a été arrêté mercredi sur le trajet du tribunal où il devait être entendu sur des accusations de viols.

Il a été placé en garde à vue officiellement pour les troubles à l'ordre public qu'il aurait causés en se rendant en cortège au tribunal et en refusant de suivre l'itinéraire fixé par les autorités.

Son arrestation a provoqué les heurts parmi les plus sérieux qu'ait connus Dakar depuis des années. Des troubles ont été rapportés dans d'autres villes du pays.

"Ousmane Sonko est toujours en garde à vue. Lui et les gardes (du corps) arrêtés (en même temps que lui) gardent le silence pour protester contre les violations de leurs droits dont ils sont victimes", a dit à l'AFP Me Cheikh Khouraissy Ba.

M. Sonko, 46 ans, chef du parti Pastef-Les Patriotes, est visé depuis début février par une plainte pour viols et menaces de mort déposée par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

L'affaire secoue le monde politique sénégalais, avec la présidentielle de 2024 à l'horizon.

M. Sonko, personnalité au profil antisystème et au discours impétueux, réfute les accusations. Ce musulman strict pratiquant crie au complot ourdi par le président Macky Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle. Le président a démenti.

Des groupes de jeunes et les forces de l'ordre ont échangé mercredi pendant une partie de la journée des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogènes dans la capitale. Les médias et les réseaux sociaux ont rapporté le pillage de magasins.

Le gouverneur de la région de Dakar, Al Hassan Sall, a demandé mercredi le concours des forces armées. Il a assuré jeudi à l'AFP que c'était pour une "mission ponctuelle", désormais terminée. Le calme est revenu dans la capitale, a-t-il dit.

Aucun bilan des blessés ou des interpellations n'a été communiqué.

L'ONU veut une enquête sur de possibles "crimes de guerre" au Tigré

Des hommes du Tigré sont assis au sommet d'une colline surplombant une partie du camp de réfugiés d'Umm Rakouba, accueillant des personnes qui ont fui le conflit dans la région du Tigray en Éthiopie, à Qadarif, dans l'est du Soudan, le 14 décembre 2020.

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a appelé jeudi à une "enquête objective et indépendante" dans la région éthiopienne du Tigré, après avoir "corroboré de graves violations" susceptibles de constituer des "crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Dans un communiqué publié à Genève, Mme Bachelet a annoncé que son bureau "a réussi à corroborer des informations sur certains incidents survenus en novembre de l'année dernière, indiquant des bombardements aveugles dans les villes de Mekele, Humera et Adigrat dans la région du Tigré", dans le nord du pays, théâtre de plusieurs mois de combats.

Le bureau de l'organisation onusienne a également vérifié "des informations faisant état de graves violations et abus incluant des massacres à Aksoum et à Dengelat dans le centre du Tigré par les forces armées érythréenne", selon les termes du communiqué.

"De graves violations du droit international, pouvant être assimilées à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, peuvent avoir été commises", souligne le communiqué.

Les forces en présence sur le terrain comprennent les forces de défense nationale éthiopiennes, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les forces armées érythréennes, les forces régionales d'Amhara et les milices affiliées, rappelle la même source.

"Dénégations générales"

"Avec de multiples acteurs dans le conflit, des dénégations générales", il y a "clairement besoin d'avoir une évaluation objective et indépendante", a déclaré Mme Bachelet.

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a exhorté le gouvernement éthiopien à autoriser son bureau et d'autres enquêteurs des Nations unies à accéder à Tigré "en vue d'établir les faits et de contribuer à rendre des comptes, quelle que soit l'origine des auteurs".

Elle a souligné que son bureau continuait de recevoir des informations sur des combats en cours dans le centre du Tigré.

Elle a déploré "des informations profondément angoissantes faisant état de violences sexuelles et sexistes, d'exécutions extrajudiciaires, de destructions et de pillages généralisés de biens publics et privés par toutes les parties".

"Sans des enquêtes rapides, impartiales et transparentes et sans demander des comptes aux responsables, je crains que des violations (des droits de l'Homme) continuent d'être commises en toute impunité, et la situation restera instable pendant encore longtemps", a-t-elle déclaré.

Mme Bachelet a également exprimé son inquiétude face aux détentions cette semaine à Tigré de journalistes et de traducteurs travaillant pour des médias locaux et internationaux, dont l'AFP.

Alors qu'ils ont été libérés, elle a souligné les remarques inquiétantes d'un membre du gouvernement affirmant que des représentants des "médias internationaux trompeurs" seraient tenus pour responsables.

"Les victimes et les témoins de violations et d'abus des droits humains ne doivent pas être empêchés de partager leur témoignage par crainte de représailles", a souligné Mme Bachelet.

Fin novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed avait proclamé la fin de l'opération militaire au Tigré avec la prise de Mekele, mais les autorités en fuite de la région ont promis de poursuivre la lutte et des combats ont été signalés depuis.

Plusieurs massacres ont par ailleurs été documentés, pour certains imputés par les survivants à des troupes érythréennes au Tigré, dont la présence continue à ce jour d'être niée par Addis Abeba et Asmara.

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