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Accord après-Brexit: Boris Johnson savoure sa victoire

Le Premier ministre britannique Boris Johnson tient une conférence de presse à Downing Street sur le résultat des négociations sur le Brexit, à Londres, le 24 décembre 2020 (Paul Grover / Pool via Reuters)

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu jeudi un accord historique sur leurs futures relations commerciales, qui leur permettra d'éviter le choc dévastateur d'un "no deal" pour leurs économies en fin d'année. Cet accord intervient à la veille de Noël, après des négociations éreintantes.

Il s'agit d'un "bon accord, équilibré" et "juste" pour chaque partie, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. "Nous pouvons enfin laisser le Brexit derrière nous et nous tourner vers l'avenir", a-t-elle ajouté.

Avec ce traité commercial, l'UE offre à son ancien Etat membre un accès inédit sans droits de douane ni quotas à son immense marché de 450 millions de consommateurs.

Mais cette ouverture sera assortie de strictes conditions : les entreprises d'outre-Manche devront respecter un certain nombre de règles évolutives en matière d'environnement, de droit du travail et de fiscalité pour éviter tout dumping. Des garanties existent aussi en matière d'aides d'Etat.

Un mécanisme permettra aux deux parties d'activer rapidement des contre-mesures, comme des droits de douane, en cas de divergences sur ces normes.

L'accord prévoit une période de transition de cinq ans et demi jusqu'en juin 2026, à l'issue de laquelle les pêcheurs européens auront progressivement renoncé à 25% de leurs prises, qui s'élèvent chaque année à 650 millions d'euros.

Aucun calendrier n'a été fixé pour cette période d'adaptation. L'accès aux eaux britanniques sera ensuite renégocié annuellement, les privant de visibilité.

Cadeau de Noël aux Britanniques

Boris Johnson a promis que son pays resterait "culturellement, émotionnellement, historiquement, stratégiquement et géopolitiquement attaché à l'Europe".

"Ce soir, pour le réveillon, j'ai un petit cadeau pour ceux qui chercheraient quelque chose à lire dans la torpeur de l'après-déjeuner de Noël", a par la suite déclaré le chef du gouvernement conservateur dans un message vidéo publié sur Twitter. "Le voici: des nouvelles réjouissantes, voici un accord, un accord pour apporter certitude aux entreprises et aux voyageurs et à tous les investisseurs dans notre pays à partir du 1er janvier, un accord avec nos amis et partenaires de l'Union européenne."

"Je crois qu'il sera la base d'un partenariat heureux, couronné de succès et stable avec nos amis de l'UE dans les années à venir", s'est-il félicité.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite "confiante" dans le fait qu'il s'agissait d'"un bon" accord, quand le président français Emmanuel Macron a estimé que "l’unité et la fermeté européennes" avaient "payé" dans les pourparlers.

Deux ans et demi avaient été nécessaires pour négocier le traité de retrait scellant le départ britannique, conclu fin 2019, qui apportait une sécurité juridique aux expatriés des deux côtés de la Manche et des garanties pour le maintien de la paix sur l'île d'Irlande.

Le texte devra encore être validé par les Etats membres, un processus qui devrait prendre plusieurs jours.

Mais il reste en théorie suffisamment de temps pour qu'il entre en application provisoire le 1er janvier, quand le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier dernier, aura définitivement abandonné le marché unique. Il sera alors validé a posteriori par le Parlement européen début 2021. De leur côté, les députés britanniques sont convoqués pour le 30 décembre en vue d'en débattre.

"Soulagement"

La conclusion d'un texte de 2.000 pages en à peine dix mois constitue aussi une prouesse pour un accord de cette envergure dont la conclusion prend en général des années.

Le Premier ministre irlandais Micheal Martin, dont le pays aurait été en première ligne en cas d'échec, a salué l'accord de jeudi : "Il protège l'économie de l'île entière, avec aucune frontière dure" la coupant en deux, a-t-il fait valoir.

Des Britanniques affichaient un soulagement volontiers teinté d'amertume, à l'image d'Harry Vincent, un étudiant interrogé par l'AFP à Londres : "Les compromis que nous avons faits me font me demander si ça valait la peine" de quitter l'UE, se désole-t-il.

L'inquiétude des pêcheurs

Si l'accord a été salué par les chefs de l'UE et le Premier ministre britannique Boris Johnson, il suscite des craintes chez les pêcheurs européens qui estiment être "les grands perdants" du compromis, atteint une semaine seulement avant le divorce définitif du 1er janvier.

Malgré sa faible incidence économique, l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques a constitué l'ultime point d'achoppement des discussions, en raison de l'importance politique et sociale du secteur dans plusieurs Etats membres, dont la France, les Pays-Bas, le Danemark et l'Irlande.

Mais les Britanniques, qui reprennent le contrôle de leurs eaux, en avaient fait le symbole de leur souveraineté retrouvée.

Le négociateur européen Michel Barnier a promis que l'UE serait "aux côtés des pêcheurs européens pour les accompagner". Il a souligné qu'il y aurait, malgré cet accord, "de vrais changements" au 1er janvier "pour beaucoup de citoyens et d'entreprises".

Aide aux secteurs touchés

L'Union européenne a provisionné cinq milliards d'euros dans son budget pour soutenir les secteurs les plus touchés.

Mais sans accord, les échanges entre l'UE et Londres auraient été régis par les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, quotas et formalités administratives : un scénario noir pour un Royaume-Uni déjà malmené par la crise sanitaire et dont 47% des exportations sont destinées au marché européen.

Ce divorce à l'amiable, obtenu à l'arraché après 24 dernières heures sous haute tension, scelle près d'un demi-siècle de mariage houleux entre les deux partenaires, quatre ans et demi après le référendum de juin 2016 sur le Brexit.

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A Berlin, les femmes répliquent au manspreading

Illustration du métro U-Bahn peint à l'entrée de la station Unter den Linden lors de sa construction à Berlin, 29 décembre 2014.

Dans un métro berlinois bondé, un homme s'étale sur deux places, sans gêne. Face à lui, deux femmes écartent soudainement les jambes comme lui dévoilant sur leur pantalon une inscription indignée: "Stop manspreading!"

Militantes féministes, Elena Buscaino et Mina Bonakdar entendent sensibiliser les usagers des transports publics à "l'étalement masculin", cette façon -pour un homme- de s'assoir en prenant ses aises, sans considération pour ses voisins, souvent des voisines.

Plus largement, les performances de ces deux Berlinoises mêlant humour et provocation questionnent les enjeux de domination et le partage de l'espace urbain entre les genres.

"Il est parfaitement possible de s'assoir confortablement dans les transports sans prendre deux places en écartant les jambes", explique Mina Bonakdar, 25 ans.

Avec son amie Elena, comme elle étudiante en design, elle a créé le collectif "Riot Pant Project" qui transforme des pantalons d'occasion en support de revendications, pour encourager les femmes et personnes LGBTQ à se réapproprier l'espace public.

Cet arme vestimentaire ne révèle son message politique caché -"Stop mansreading!", "Give us space" ("Donnez-nous de l'espace") ou "Toxic masculinity"- qu'en imitant l'attitude de son vis-à-vis: cuisses ouvertes exhibant le slogan collé en lettres capitales dans l'entrejambe.

"Ce n'est que par l'imitation que l'interlocuteur comprend l'effet que produit son comportement", estime Elena Buscaino.

Phénomène ancien

Cependant, reconnaît la jeune femme, "très peu changent leur posture sur l'instant". "Ils sont souvent étonnés que des femmes puissent se tenir ainsi face à eux", poursuit l'activiste qui espère surtout donner matière à réfléchir.

Pour Mina Bonakdar, le simple fait de porter ce pantalon permet aux femmes de "se sentir plus fortes et gagner en confiance".

Si elle peut pour certains paraître anecdotique, la problématique du "manspreading" existe quasiment depuis l'apparition des transports collectifs.

"Asseyez-vous avec vos membres près du corps et ne décrivez pas un angle de 45 degrés avec vos jambes, ce qui reviendrait à occuper la place de deux personnes", prévenait dès 1836 le Times of London dans un article consacré à la bienséance dans l'autobus, explique dans "History of the Bakerloo Line" Clive D.W. Feather, spécialiste du métro londonien.

Le terme s'est popularisé en 2013 lorsque des utilisatrices du métro new-yorkais ont publié, sur les réseaux sociaux, des photos de voyageurs prenant leurs aises et de leurs voisines recroquevillées.

Selon une étude de 2016 de l'Hunter College de New York, 26% des usagers masculins du métro de la ville abusent de cette pratique contre moins de 5% des femmes.

La métropole américaine a été l'une des premières au monde à tenter de freiner ce comportement. En 2014, son gestionnaire des transports (MTA) avait collé des autocollants dans les wagons avec pour message: "mec, arrête de t'étaler s'il te plaît".

Montrer une domination

Depuis, des campagnes similaires sont apparues en Corée du Sud, au Japon ou à Istanbul. A Madrid depuis 2017, les usagers du bus s'exposent même à une amende s'ils sont pris en flagrant délit "d'étalement masculin".

Sur internet, le sujet est rapidement inflammable, certains hommes justifiant leur posture par leur spécificité anatomique. Un argument qu'aucune étude scientifique n'a pu jusqu'à présent confirmer.

C'est plutôt "une question de répartition des genres" au sein de la société, affirme Bettina Hannover, psychologue et professeure à l'Université libre de Berlin.

"Les hommes (...) montrent leur domination par leur position assise, analyse-t-elle. Les femmes sont censées prendre moins de place et surtout se comporter de manière décente".

La compagnie des transports berlinois BVG assure que les plaintes sont néanmoins trop peu nombreuses pour justifier une campagne séparée, "pour le moment".

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Le prince Harry dénonce la presse britannique

Le prince Harry et son épouse américaine, Meghan Markle le 24 février 2019.

La pression de la presse britannique "détruisait ma santé mentale", a affirmé le prince Harry pour expliquer sa décision de se mettre en retrait de la famille royale, lors d'un entretien diffusé jeudi soir à la télévision américaine.

"C'était une période très difficile. Nous savons tous comment la presse britannique peut se comporter, cela détruisait ma santé mentale, c'était nocif", a dit le duc de Sussex au présentateur du "Late Late show", James Corden, lors de cette interview filmée à bord d'un bus à impériale à Los Angeles.

"J'ai donc fait ce que tout époux ou père aurait fait (...), je devais mettre ma famille à l'abri", a expliqué le petit-fils de la reine Elizabeth II d'Angleterre.

Quant à sa décision de quitter ses fonctions au sein de la monarchie début 2020 et de s'installer aux Etats-Unis avec son épouse américaine, Meghan Markle, "cela n'a jamais été un départ, c'était un pas en arrière plutôt qu'un retrait", a-t-il dit.

Le prince Harry, 36 ans, sixième dans l'ordre de succession à la couronne britannique, a dénoncé à de multiples reprises la pression des médias sur son couple et en a fait la raison principale de sa mise en retrait de la famille royale, effective depuis avril 2020.

Le palais de Buckingham a annoncé la semaine dernière que le couple allait perdre ses derniers titres, notamment les titres militaires du prince auxquels il est très attaché. Meghan Markle, ancienne actrice, perdra ses patronages caritatifs.

Harry et Meghan, avec leur fils Archie, vivent dans une luxueuse villa près de Los Angeles, et ont déjà signé des contrats avec les plateformes Netflix et Spotify.

"Qu'importe la décision que j'ai prise, ma vie est dédiée au service public", a assuré Harry, 36 ans, qui oeuvre pour des causes humanitaires à travers une fondation, Archewell.

Tout en critiquant les médias, le couple les utilise régulièrement pour faire passer ses messages: Meghan, 39 ans, a ainsi annoncé récemment dans le New York Times qu'elle avait fait une fausse couche en juillet.

Le couple a alimenté la chronique en annonçant le jour de la Saint-Valentin qu'il attendait un deuxième enfant.

Meghan et Harry doivent aussi s'expliquer sur leur décision de se mettre en retrait dans un long entretien avec la star de l'interview confession Oprah Winfrey, qui sera diffusé le 7 mars à la télévision américaine.

Lors de l'entretien avec James Corden, Harry évoque également la série télévisée à succès de Netflix "The Crown", qui revient sur le règne d'Elizabeth II.

"C'est de la fiction, vaguement basée sur la vérité. Bien sûr, ce n'est pas complètement fidèle" à la réalité, dit-il. "Mais je me sens bien plus à l'aise avec +The Crown+ qu'avec les histoires écrites (dans la presse) sur ma famille, ma femme, ou moi".

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L'ambassadeur tué en RDC "a été trahi" par un proche, selon sa femme

Les carabiniers transportent le cercueil de l'ambassadeur italien Luca Attanasio dans la Basilique de Sainte Marie des Anges et des Martyrs à Rome, le 25 février 2021.

Selon le quotidien italien Il Messaggero, l'ambassadeur Luca Attanasio a été trahi par une personne proche de la famille.

C'est ce qui ressort d'une interview accordée par la veuve de l'ambassadeur tué lundi dans une embuscade en République démocratique du Congo (RDC).

Luca Attanasio, 43 ans, circulait dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda, à bord d'un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) lorsque celui-ci a été pris dans une embuscade.

L'ambassadeur, son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, 30 ans, et un chauffeur congolais du PAM, Mustafa Baguma Milambo, 56 ans, ont été tués par balles.

Pour sa veuve, Zakia Seddiki, "Luca a été trahi par quelqu'un qui nous est proche, proche de notre famille". "Quelqu'un qui connaissait ses déplacements a parlé, l'a vendu et l'a trahi", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Les circonstances de la fusillade devront être éclaircies par les enquêtes du PAM et de l'ONU à qui le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a demandé "le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives".

Le parquet de Rome, où se trouve le siège mondial du PAM, a ouvert de son côté une enquête pour "séquestration de personnes à des fins terroristes", selon la presse italienne.

Les autorités congolaises accusent les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l'est de la RDC. Mais dans un entretien accordé à VOA Afrique, un porte-parole des FDLR, Cure Ngoma, a nié toute implication dans cette attaque. Il s'est dit prêt à témoigner, tout en réclamant une enquête internationale et impartiale.

Selon les autorités congolaises et italiennes, l'attaque s'est produite à quelques kilomètres de la commune de Kiwanja, où Luca Attanasio et des fonctionnaires du PAM devaient visiter une école.

Selon le journal La Stampa, Luca Attanasio, arrivé en RDC en 2017, avait demandé l'année suivante au ministère italien des Affaires étrangères une escorte de quatre carabiniers, comme celle dont bénéficiait son prédécesseur, au lieu des deux alors en poste. Après une mission d'inspection en RDC, le ministère a refusé sa demande, écrit le quotidien.

Le PAM et le ministère italien des Affaires étrangères n'avaient pas immédiatement répondu vendredi aux sollicitations de l'AFP.

Après des funérailles d'Etat organisées jeudi à Rome, Luca Attanasio devait être inhumé samedi dans sa ville de Limbiate, près de Milan (nord).

Mort de l'ambassadeur Attanasio: les FDLR rejettent toute responsabilité
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