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Brexit: Johnson invoque l'intégrité du Royaume-Uni pour défendre son texte controversé

Le premier ministre britannique Boris Johnson, le 9 septembre 2020.

Confronté à une fronde au sein de son propre camp, le Premier ministre britannique Boris Johnson a invoqué lundi la défense de l'intégrité du Royaume-Uni pour défendre son controversé projet de loi qui revient sur certains engagements pris dans le cadre de l'accord de Brexit.

Devant une Chambre des Communes qui renoue avec les débats enflammés sur la sortie du pays de l'Union européenne, le chef du gouvernement conservateur a jugé son texte "essentiel pour maintenir l'intégrité politique et économique du Royaume-Uni".

Boris Johnson a accusé l'Union européenne de menacer de créer "une frontière douanière dans notre propre pays" entre la Grande-Bretagne et la province d'Irlande du Nord. Son projet de loi représente un "filet de sécurité", une "police d'assurance", dont espère-t-il le pays n'aura pas à se servir.

"Aucun Premier ministre britannique, aucun gouvernement, aucun Parlement ne pourrait accepter" de telles conditions, a-t-il argumenté, répondant notamment aux critiques formulées par ses cinq prédécesseurs encore en vie.

De l'aveu même du gouvernement, ce projet de loi viole le droit international "d'une manière très spécifique et limitée" en contredisant certaines parties de l'accord de retrait de l'UE que Londres s'était engagé il y a moins d'un an à respecter, en particulier les dispositions douanières pour l'Irlande du Nord.

Exigeant le retrait des dispositions controversées au plus tard à la fin du mois, Bruxelles a menacé d'entamer une action en justice et y a vu un coup porté à la "confiance" mutuelle au moment où les deux parties n'ont plus que quelques semaines pour parvenir à un accord de libre-échange et éviter une rupture brutale et des droits de douane au 1er janvier prochain. Cette date correspond à la fin de la période de transition amortissant le divorce effectif depuis le 31 janvier dernier.

Si Boris Johnson dispose d'une large majorité qui rend peu probable un rejet du texte lors du premier vote lundi soir, les députés rebelles pourraient apporter dans les jours qui viennent un soutien décisif à un amendement présenté par le député Robert Neill qui limite les pouvoirs du gouvernement concernant toute atteinte à l'accord de Brexit.

La rébellion au sein des conservateurs s'est amplifiée lundi avec les critiques de Geoffrey Cox, un ancien attorney general (conseiller juridique du gouvernement) conservateur et favorable au Brexit, et l'ancien ministre des Finances Sajid Javid, qui a démissionné du gouvernement Johnson en février.

"Blocus" alimentaire

Ce projet a provoqué une nouvelle crise politico-diplomatique dans la saga du Brexit, qui a commencé il y a plus de quatre ans avec la victoire du "leave" au référendum.

L'accord conclu l'année dernière entre Londres et Bruxelles prévoit des dispositions douanières particulières pour l'Irlande du Nord, destinées notamment à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique, conformément à l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de violences.

L'Irlande du Nord doit rester pendant quatre ans, soumise à certaines dispositions européennes, notamment concernant les échanges de marchandises. Mais pour Londres, l'UE menace de refuser de placer le Royaume-Uni sur la liste des pays autorisés à exporter des produits alimentaires vers ce territoire qui en fait partie, ce qui empêcherait les importations en Irlande du Nord à partir du reste du pays.

Si le projet de loi est approuvé, le gouvernement pourra unilatéralement prendre des décisions commerciales en Irlande du Nord, contrairement à ce qui avait été initialement convenu.

Malgré la crise déclenchée par ce projet, les discussions se poursuivent entre négociateurs britanniques et européens sur un accord de libre-échange.

Elles doivent reprendre cette semaine à Bruxelles mais une huitième session la semaine dernière n'a permis aucune percée majeure sur les principaux blocages, à savoir le respect par Londres de règles évitant de créer une concurrence inéquitable aux portes de l'UE et les conditions de l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques.

Les deux parties ont affirmé qu'un accord devait être conclu en octobre pour éviter un "no deal" revenant à l'introduction de droits de douane entre le Royaume-Uni et le bloc européen et risquant d'aggraver la crise économique historique provoquée par la pandémie liée au nouveau coronavirus.

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Une attaque au couteau fait au moins trois morts dont une décapitée en France

Un agent de sécurité surveille la zone après une attaque au couteau signalée à l'église Notre Dame de Nice, en France, le 29 octobre 2020.

Une femme a été décapitée et au moins deux autres personnes ont été poignardées à mort jeudi dans la ville française de Nice, a-t-on appris des autorités.

La police a déclaré que plusieurs autres personnes ont été blessées.

L’attaque s’est déroulée à l’église Notre Dame et le maire de Nice, Christian Estrosi, l’a qualifiée d’incident terroriste. Il a précisé que l’assaillant présumé est entre les mains de la police.

Selon M. Estrosi, le suspect "n’a cessé de répéter Allah Akbar devant nous alors qu’il était médicalisé sur place", même après avoir été arrêté.

Le parquet anti-terroriste français a été saisi.

"Notre pays ne peut plus se contenter des lois de la paix pour anéantir l’islamo fascisme", a tweeté M. Estrosi.

Des journalistes présents sur les lieux ont déclaré que des policiers munis d'armes automatiques avaient mis en place un cordon de sécurité autour de l'église. Des ambulances et des véhicules de secouristes étaient également visibles sur les lieux.

L'attaque a eu lieu alors que la France est encore sous le choc de la décapitation, au début du mois, de Samuel Paty, professeur de collège, à Paris.

L'agresseur présumé avait déclaré qu'il voulait punir la victime pour avoir montré à des élèves des caricatures du prophète Mahomet lors d'un cours d'instruction civique.

Il n'a pas été possible de déterminer immédiatement si l'attaque de jeudi était liée à ces caricatures, que les musulmans considèrent comme blasphématoires.

Depuis l'assassinat de M. Paty, les responsables français - soutenus par de nombreux citoyens ordinaires - ont réaffirmé le droit de montrer les caricatures, et les images ont été largement diffusées lors de manifestations de solidarité avec l'enseignant tué.

Cela a provoqué une vague de colère dans certaines parties du monde musulman, certains gouvernements accusant le président français Emmanuel Macron de poursuivre un programme anti-islamique.

La lune de miel entre Washington et Paris est terminée

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Il y a 80 ans, le Manifeste de Brazzaville

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

Le Sénégal s'inquiète de la "recrudescence" des tentatives d'émigration clandestine
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Au Bangladesh, des dizaines de milliers de manifestants contre la France

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