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États-Unis

A peine condamné, l'ex-directeur de campagne de Trump est à nouveau inculpé

Keven Downing, l'avocat de Paul Manafort, s'adresse aux journalistes à Washington, après l'audience du 13 mars 2019.

L'ancien directeur de campagne de Donald Tump, Paul Manafort, n'en a pas fini avec la justice: il a été inculpé pour fraude mercredi à New York, le jour même de sa seconde condamnation pour des malversations débusquées dans le cadre de l'enquête russe.

Une juge fédérale de Washington lui a infligé une peine de prison qui, ajoutée à une première sentence prononcée la semaine dernière en Virginie, le condamne à sept ans et demi derrière les barreaux pour diverses fraudes.

Quasi simultanément, l'ancien consultant de 69 ans a été inculpé par un grand jury new-yorkais qui l'accuse d'avoir obtenu de manière frauduleuse des prêts immobiliers entre 2015 et 2017.

Dans un échange avec des journalistes, le président américain s'est dit "très triste" pour Paul Manafort et n'a pas exclu de lui accorder une grâce. Interrogé sur cette éventualité, il a assuré ne pas l'avoir "à l'esprit dans l'immédiat".

S'il détient le pouvoir d'effacer les sept ans et demi de prison infligés par des tribunaux fédéraux, Donald Trump ne peut pas intervenir au niveau de la justice des Etats et sera donc impuissant en cas de condamnation de Paul Manafort à New York.

Le président ne cesse de louer le "courage" de son ancien directeur de campagne, l'un des rares, selon lui, à ne pas avoir plié devant les pressions du procureur spécial Robert Mueller.

- "Pas très franc" -

Bête noire de Donald Trump, qui dénonce une "chasse aux sorcières", le procureur cherche à établir s'il y a eu collusion entre Moscou et l'équipe du candidat républicain lors de la présidentielle de 2016. Il s'est naturellement intéressé à Paul Manafort, qui a dirigé sa campagne pendant deux mois.

Dans le cadre de ses investigations, il a découvert que le consultant avait dissimulé 55 millions de dollars sur des comptes off-shore et menti à des banques pour obtenir des prêts. Ce sont ces fraudes qui ont été jugées en Virginie.

Il a également établi que Paul Manafort avait omis de déclarer ses activités de conseil auprès d'Ukrainiens pro-russes, en violation des règles sur le lobbying. C'est sur ce volet qu'il était jugé à Washington, ainsi que pour avoir tenté d'influencer des témoins.

Paul Manafort n'est "pas l'ennemi public numéro un", a souligné la juge Amy Berman Jackson du tribunal de Washington, en rappelant qu'il n'était pas jugé pour collusion.

Mais il n'est "pas une victime non plus", a-t-elle poursuivi en évoquant ses "mensonges répétés et sur plusieurs années", destinés selon elle à "assurer le maintien de son train de vie" luxueux.

En septembre, il avait plaidé coupable et avait accepté de coopérer à l'enquête russe, mais il a continué de mentir lors des interrogatoires, a-t-elle souligné.

"Il n'a pas été très franc avec moi non plus", a remarqué la magistrate, avant d'ajouter: "le tribunal est l'un des endroits où les faits gardent leur importance".

La juge Jackson a également exprimé ses doutes sur les "remords" et les "excuses" exprimés devant elle par Paul Manafort, notant qu'ils étaient arrivés tardivement.

- "Menteur" -

"Je suis désolé de ce que j'ai fait", avait-il assuré un peu plus tôt. "Je ne peux pas changer le passé, mais je vous assure que le futur sera différent", avait-il ajouté, assis dans son fauteuil roulant, en jurant avoir été changé par ses neuf mois de détention.

Soulignant avoir déjà perdu ses "propriétés, liquidités, assurance-vie et actions", l'ancien homme de réseau, qui a tout perdu de sa superbe, avait demandé à la juge de le laisser finir sa vie avec sa femme.

A la sortie du tribunal, son avocat Kevin Downing a déploré une peine "très lourde" "absolument pas nécessaire". "La juge Jackson a concédé qu'il n'y avait eu aucune preuve de collusion avec la Russie", a-t-il ensuite assuré.

"Menteur, elle n'a jamais dit ça", ont rétorqué des manifestants.

La semaine dernière, le président Trump avait lui aussi prêté au juge de Virginie des propos qu'il n'a jamais tenus. Le magistrat a dit "clairement au monde entier qu'il y avait pas eu de COLLUSION", avait-il tweeté.

En fait, le juge T.S. Ellis du tribunal d'Alexandria avait simplement souligné que les faits reprochés à Paul Manafort "n'avaient rien à voir avec une quelconque collusion".

Avec AFP

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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