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L'ex-directeur de campagne de Trump saura jeudi s'il va finir sa vie en prison

Paul Manafort, ancien responsable de la campagne de Donald Trump, le 15 juin 2018, à Washington. REUTERS / Jonathan Ernst

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump passera-t-il le restant de ses jours en prison? Paul Manafort, bientôt 70 ans, sera fixé jeudi sur sa peine après avoir été reconnu coupable de fraudes lors du premier procès né de la tentaculaire enquête russe.

Le ministère américain de la Justice a recommandé d'imposer entre 19 et 24 ans de prison à l'ancien lobbyiste, qu'un jury populaire a déclaré coupable de fraudes bancaire et fiscale à l'issue d'un procès très médiatisé l'été dernier à Alexandria, en Virginie.

Cet homme dont les goûts de luxe ont pimenté des audiences plutôt arides --il a un jour déboursé 15.000 dollars pour une veste en peau d'autruche et fait tailler un bosquet en forme de son initiale "M"-- a perdu de sa superbe depuis son arrestation en juin 2018.

Lors d'une audience procédurale, il était apparu en fauteuil roulant et combinaison de prisonnier. Ses avocats, arguant qu'il souffre de la goutte et qu'il est empli de "remords", ont demandé une certaine clémence pour leur client.

Le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016, a contré leurs arguments dans un document transmis mardi au juge T.S. Ellis chargé de fixer la sentence.

Paul Manafort "cherche à faire porter la faute sur les autres", n'a pas prouvé qu'il ne pourrait pas recevoir les soins adaptés en prison et présente un "risque de récidive", a écrit le procureur Mueller. Pour lui, il n'y a "aucune raison de ne pas appliquer une peine proportionnée à sa conduite criminelle".

- Liens en Ukraine -

En enquêtant sur les ingérences russes dans l'élection américaine de 2016, Robert Mueller s'est naturellement intéressé à Paul Manafort, qui a dirigé pendant deux mois la campagne de Donald Trump, mais a aussi entretenu des relations d'affaires avec des Ukrainiens proches de Moscou.

Dans ce cadre, l'ancien chef du FBI a débusqué les preuves de malversations financières antérieures à 2016, notamment la dissimulation au fisc de plus de 55 millions de dollars sur une trentaine de comptes à l'étranger. Il a également établi que Paul Manafort avait trompé des banques sur ses finances pour obtenir des prêts.

Ce sont ces fraudes qui ont été jugées en août dernier à Alexandria.

Le procureur Mueller a aussi démontré que Paul Manafort avait dissimulé ses activités de conseil pour l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, en infraction des règles encadrant les activités de lobbying.

Ce volet fait l'objet d'une procédure distincte devant un tribunal fédéral de Washington. Dans ce dossier, M. Manafort a accepté en septembre de plaider coupable et de coopérer avec Robert Mueller dans l'espoir d'une peine amoindrie.

Mais, selon la justice, il n'a pas tenu ses engagements et a continué à mentir aux enquêteurs, notamment sur ses liens avec un ancien associé, Konstantin Kilimnik, soupçonné par les Etats-Unis d'être lié aux services de renseignement russes. Il lui aurait notamment transmis des sondages électoraux pendant la campagne présidentielle.

- "Courage" -

Sa peine, dans cette seconde procédure, devrait être prononcée le 13 mars.

Seule lueur d'espoir pour Paul Manafort: Donald Trump a fait savoir qu'il n'excluait pas de lui accorder une grâce présidentielle.

En novembre, le milliardaire républicain avait loué le "courage" de son ancien directeur de campagne, l'un des rares selon lui à résister aux pressions de Robert Mueller, qu'il accuse de mener une injuste "chasse aux sorcières".

Rien à voir avec son ancien homme de confiance Michael Cohen, qui s'est retourné contre Donald Trump une fois le procureur à ses trousses.

Poursuivi pour parjure, infraction au code électoral et fraude, l'ancien avocat personnel du magnat de l'immobilier a accepté de plaider coupable et a été condamné en décembre à trois ans de prison, une peine relativement clémente liée à sa collaboration avec les enquêteurs.

Depuis, Michael Cohen multiplie les déclarations à charge contre son ancien patron, qu'il a encore dépeint la semaine dernière lors d'une audition au Congrès comme un "escroc", un "raciste" et un "tricheur".

Avec AFP

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Elizabeth Warren confirme sa place dans le trio de tête de la course démocrate à la Maison Blanche

Vue du plateau du débat des démocrates à Miami.

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren a assis mercredi soir sa stature de prétendante sérieuse à la Maison Blanche lors d'un premier débat démocrate marqué par la crise migratoire et la solide performance de plusieurs "petits" candidats.

Dix démocrates étaient pour la première fois réunis sur un plateau de télévision à Miami, grande ville de Floride, un Etat clé dans les élections américaines.

Jeudi soir, avec une affiche nettement relevée, ce sera au tour du second groupe de prétendants à la Maison Blanche d'entrer en scène. Les deux meneurs dans les sondages --l'ancien vice-président centriste Joe Biden et le socialiste Bernie Sanders-- croiseront le fer avec deux étoiles montantes du peloton de tête -- la sénatrice Kamala Harris et le jeune maire Pete Buttigieg-- ainsi que six autres candidats.

Pourfendeuse de Wall Street âgée de 70 ans, c'est armée d'un programme déjà très étoffé qu'Elizabeth Warren a grimpé à la troisième place des sondages pour l'investiture démocrate ces dernières semaines.

Ses propositions détaillées sur un vaste éventail de sujets sont même devenues objet de plaisanterie, sa phrase préférée en meeting --"j'ai un projet pour cela"-- étant devenue un classique de ce début de campagne.

Bénéficiant de ne pas avoir à partager le plateau avec son rival direct Bernie Sanders, elle a dénoncé "une économie qui marche parfaitement pour ceux qui ont de l'argent mais pas pour les autres".

- Image "déchirante" -

Dans cette ville de Miami où sept habitants sur dix sont Hispaniques, la polémique sur la gestion par le président républicain Donald Trump de la crise migratoire à la frontière avec le Mexique a pris une grande importance dans le débat, après les révélations sur les conditions de vie sordides de jeunes migrants dans un centre de rétention et la noyade d'un père et de sa fillette.

Cette image "est déchirante. Elle devrait aussi nous foutre tous en rogne", s'est indigné Julian Castro, qui espère devenir le premier président hispanique des Etats-Unis.

"Si j'étais président aujourd'hui, je signerais un décret pour annuler la politique de tolérance zéro de Trump", a-t-il lancé.

La politique étrangère, l'Iran, le problème endémique de la violence par armes à feu, le changement climatique... les prétendants démocrates à la Maison Blanche ont critiqué Donald Trump et exposé leurs vues souvent proches, certains petits candidats parvenant à imprimer leur marque, comme Julian Castro.

Proche des 0%, le maire de New York Bill de Blasio a ainsi été le premier à interrompre un de ses rivaux et a lancé plusieurs tirades passionnées, en affirmant vouloir replacer "les travailleurs au premier plan".

La sénatrice modérée Amy Klobuchar a, elle, été chaudement applaudie lorsqu'elle a remis en place l'un des ses rivaux qui affirmait être le seul à avoir voté une loi protégeant le droit à l'avortement.

Le sénateur Cory Booker, seul candidat noir sur le plateau, a multiplié les références aux difficultés encore plus criantes rencontrées par les minorités.

Très attendu en début de campagne, l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke n'a lui pas fait d'étincelles.

- "Ennuyeux!" -

Alors qu'il vole vers le Japon pour un sommet du G20, Donald Trump a affiché à plusieurs reprises son dédain pour ses rivaux potentiels, ironisant d'un tweet pendant le débat: "Ennuyeux!"

Mais un sondage le donnait la semaine dernière perdant en Floride face à plusieurs démocrates engagés dans la primaire, Joe Biden en tête.

"Les démocrates ont proposé une prise d'assaut de la société, par un gouvernement radical, qui démolirait le rêve américain", a réagi son équipe de campagne en clôture du débat, vantant la bonne santé de l'"économie Trump".

Un temps éclipsée en milieu de débat, Elizabeth Warren a conclu en rappelant son enfance modeste pour exposer sa vision.

"Je suis dans ce combat car je suis convaincue que nous pouvons faire marcher notre gouvernement, notre économie et le pays non seulement pour ceux qui se trouvent au sommet mais pour tous" les Américains.

Mais certains s'inquiètent qu'elle soit trop vulnérable dans un éventuel duel présidentiel avec Donald Trump, qui la surnomme "Pocahontas" pour moquer sa revendication controversée de très lointaines origines amérindiennes.

A huit mois des premiers votes de la primaire démocrate, il est encore trop tôt pour esquisser un réel pronostic, souligne Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. Et "la première soirée risque d'être oubliée dès que les grands noms arriveront" jeudi soir.

Avec AFP

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