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États-Unis

Trump dénonce "un jour très triste" à la reprise du procès de son ex-chef de campagne

Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Trump, accusé de subordination de témoins, devant le tribunal de district de Washington, le 15 juin 2018.

Le président américain Donald Trump a dénoncé vendredi "un jour très triste" à la reprise des délibérations du jury dans le procès pour fraudes bancaire et fiscale de son ex-chef de campagne, Paul Manafort, tandis que le juge s'est dit "optimiste" sur l'approche d'un verdict.

"C'est très triste ce qu'ils ont fait à Paul Manafort", a affirmé M. Trump à des journalistes.

"C'est un jour très triste pour notre pays", a-t-il ajouté à propos de ce procès, le premier émanant de l'enquête du procureur spécial, Robert Mueller, sur les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et Moscou. Ce dossier n'est qu'une "chasse aux sorcières", a encore lancé Donald Trump.

Paul Manafort "a travaillé pour moi pour une très courte période", a-t-il réaffirmé, assurant que c'était "quelqu'un de très bien".

M. Manafort fut son chef de campagne pendant une période-clé, entre mai et août 2016.

Les 12 jurés -six hommes et six femmes- avaient repris peu avant leurs délibérations à huis clos vers 10 heures (14 heures GMT) au tribunal d'Alexandria, près de Washington.

Juste après leur départ, le juge T.S Ellis a déclaré: "Je pense que nous sommes optimistes sur le fait que ce procès puisse se terminer bientôt".

Ex-consultant politique républicain et lobbyiste, Paul Manafort, 69 ans, est jugé depuis le 31 juillet pour fraudes fiscale et bancaire --entre 2010 et 2014-- liées aux dizaines de millions de dollars tirés de ses activités de conseil auprès de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou.

Ces faits concernent donc ses finances personnelles et ne sont pas liés aux soupçons de collusion mais ils ont été découverts au cours des investigations de l'équipe Mueller.

Les jurés doivent trancher, à l'unanimité, sur 18 chefs d'inculpation. Ils ont demandé au juge jeudi soir de redéfinir l'expression "doute raisonnable". Si ce doute persiste, le jury doit acquitter l'accusé, selon la loi américaine.

Paul Manafort risque de passer le restant de ses jours en prison.

Les procureurs l'accusent d'avoir sciemment contourné les lois pour s'enrichir en fraudant le fisc américain puis les banques pour obtenir des prêts lorsque ses revenus se sont asséchés.

La défense le présente comme un professionnel trop occupé pour s'occuper du menu détail de ses comptes et blâme un ex-adjoint, Rick Gates.

Avec AFP

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Destitution de Trump: les moments marquants des premiers témoignages télévisés

William Taylor, ancien ambassadeur en Ukraine qui est désormais chargé d’affaires à Kiev, et George Kent, secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires européennes et eurasiennes, ont été entendus mercredi. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Une révélation, des attaques républicaines, un peu de géopolitique: deux diplomates américains ont été longuement entendus mercredi lors des premières auditions publiques au Congrès depuis le début de l'enquête en destitution de Donald Trump.

Voici les moments les plus marquants des témoignages télévisés de William Taylor, le plus haut diplomate de l'ambassade des Etats-Unis à Kiev, et George Kent, haut responsable du département d'Etat spécialiste de l'Ukraine:

- La priorité de Trump en Ukraine -

William Taylor a rapporté un échange parvenu à ses oreilles récemment, qui donne l'image d'un Donald Trump obsédé par ses intérêts politiques personnels.

Le 26 juillet, un jour après avoir demandé à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival politique Joe Biden, le président américain s'est entretenu par téléphone avec un de ses proches, l'ambassadeur auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, qui se trouvait à Kiev.

Un des collaborateurs de M. Taylor, qui avait entendu les deux hommes discuter, avait ensuite demandé à M. Sondland ce que le locataire de la Maison Blanche pensait de l'Ukraine.

"L'ambassadeur Sondland a répondu que le président Trump s'intéressait davantage à l'enquête sur Biden" qu'à la situation dans ce pays, a révélé l'attaché d'affaires.

- "Témoin vedette" -

Plusieurs élus républicains ont reproché aux deux diplomates de n'avoir jamais parlé avec Donald Trump et d'extrapoler à partir de sources indirectes.

"Dans une phrase, on a six personnes impliquées dans quatre conversations", a ironisé Jim Jordan en interrogeant William Taylor: "Je ne peux pas y croire: vous êtes leur témoin vedette !"

"Je pensais avoir été clair quand j'ai dit que je n'étais pas ici pour prendre parti pour un camp ou un autre", a rétorqué l'ambassadeur sans se départir de son calme.

- Le canal "irrégulier" -

Les deux diplomates ont décrit comment un canal diplomatique "irrégulier" avait peu à peu pris le pas sur le canal "officiel" en Ukraine.

Ce canal, mis en place par l'avocat personnel de Donald Trump Rudy Giuliani, allait "à l'encontre" des intérêts américains dans ce pays", selon M. Taylor.

M. Giuliani "cherchait de quoi salir" Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump lors de la présidentielle de 2020, a déclaré George Kent. "A la mi-août, il m'est apparu évident que ses efforts" "contaminaient désormais" les relations entre Kiev et Washington, a-t-il ajouté.

- Le fils Biden -

Le fils de Joe Biden, Hunter, est entré au conseil d'administration d'un groupe gazier ukrainien, Burisma, en 2014. Au même moment, son père, en tant que vice-président des Etats-Unis, s'est impliqué dans les efforts américains pour soutenir ce pays en pleine révolution.

Or, Donald Trump accuse Joe Biden d'avoir réclamé peu après le limogeage d'un procureur ukrainien pour protéger ce groupe d'une enquête de corruption.

George Kent a reconnu avoir signalé à la Maison Blanche que la nomination d'Hunter Biden risquait de créer "l'impression d'un conflit d'intérêt".

"Je n'ai toutefois jamais vu aucun effort américain pour protéger Burisma d'une enquête", a-t-il ajouté, en assurant qu'il n'existe "aucune" base pour soutenir les accusations du président.

- Les morts ukrainiens -

Tout au long de l'audition, les deux diplomates ont tenté de rappeler les enjeux du dossier pour l'Ukraine.

Les Etats-Unis ont suspendu au début de l'été une aide militaire de 400 millions de dollars destinée à ce pays, finalement débloquée à la mi-septembre. M. Trump est soupçonné de s'en être servi pour faire pression sur Kiev.

Or, cette aide était "cruciale pour la défense de l'Ukraine" engagée depuis cinq ans dans un conflit armé avec la Russie, a souligné M. Taylor.

Le diplomate a raconté s'être rendu la semaine dernière sur la ligne de front où un soldat ukrainien venait de mourir, laissant entendre que, sans cette aide, le bilan aurait pu être plus lourd.

Avec AFP

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