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Santé du président Bongo six mois après son AVC

Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba (à gauche), parle à son épouse, Sylvia Bongo Ondimba, lors d’un match de football de la Coupe d'Afrique des Nations 2017 au Stade de l'Amitie Sino-Gabonaise à Libreville, le 14 janvier 2017.

Six mois après son AVC, et malgré plusieurs retours au pays, dont un "définitif" fin mars, le président Ali Bongo Ondimba reste invisible à Libreville, suscitant les interrogations.

Le 23 mars, des milliers de Gabonais s'étaient pressés pour accueillir leur président, de "retour définitif" après cinq mois d'absence quasi ininterrompue, en convalescence à l'étranger après avoir subi un AVC fin octobre lors d'un déplacement en Arabie Saoudite.

Durant plusieurs jours, M. Bongo avait reçu personnalités politiques et membres de la majorité. Son compte Twitter avait repris du service et les communiqués se succédaient au rythme des visites.

"Le chef est en super forme !", avait lâché, à l'issue d'un Conseil des ministres, celui de l'Economie Jean-Marie Ogandaga.

Mais depuis vingt jours, nouveau calme plat.

Les soldats de la Garde républicaine (GR, rattachée à la présidence) ne sont plus sur le bord de mer, où ils veillaient habituellement au passage du chef de l'Etat chaque matin.

"Il a disparu des écrans radars depuis le 4 avril", note l'opposant Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, signataire d'un "appel à agir" avec neuf autres personnalités.

Seul événement inscrit à l'agenda présidentiel : les cérémonies du 17 avril, journée gabonaise des droits de la femme.

Pour l'occasion, son épouse Sylvia Bongo a remis, sur l'estrade de la présidence, le prix de sa fondation éponyme. A ses côtés, une pléiade de ministres, mais pas son mari, absent.

L'hebdomadaire Jeune Afrique, s'appuyant sur les horaires de décollage du jet privé de la présidence vers la capitale anglaise, assure que le président a de nouveau quitté le pays, cette fois pour Londres, où sa femme dispose d'une maison dans le chic quartier de Mayfair.

- "Pas un tabou" -

Interrogée par l'AFP sur un nouveau départ d'Ali Bongo à l'étranger, la communication présidentielle est restée muette.

Début avril en conférence de presse, le Premier ministre Julien Nkhoge Bekale l’assurait : Ali Bongo "va bien et sa santé n'est pas un tabou".

Mais pour l'activiste Marc Ona, membre de la société civile et lui aussi signataire de l'"appel à agir", le président "n'est plus en capacité d'être au sommet de l'Etat".

"Ali Bongo est toujours indisponible. Temporairement ou définitivement ? Seule une expertise médicale pourrait le dire", ajoute-il.

Les deux premier retours d'Ali Bongo - moins de 24 heures la première fois, 48 heures la seconde - devaient montrer qu'il remplissait néanmoins ses prérogatives présidentielles : présider un Conseil des ministres, assister à la cérémonie d'investiture du nouveau gouvernement, signer des décrets de loi.

- "Chacun pense à 2023" -

Et son "retour définitif" début mars devait permettre de tourner la page d'une séquence politique inédite dans ce pays de 1,5 million d'habitants, dirigé par la famille Bongo depuis 1967.

La réélection d'Ali Bongo en 2016 avait été contestée et le scrutin marqué par des violences post-électorales.

En janvier dernier, en pleine convalescence du président au Maroc, une poignée de militaires avait tenté un putsch, prenant possession de la radio nationale et appelant sans succès la population à se soulever.

Si le rival de M. Bongo à la dernière présidentielle, Jean Ping, s'en estime toujours le vainqueur, ses appels à l'unité autour de sa personne restent lettre morte.

Les principaux chefs de partis d'opposition continuent plutôt de batailler entre eux en rêvant de prendre le leadership.

"Chacun pense à 2023" et la prochaine présidentielle, estime un homme d'affaires proche du parti au pouvoir.

En attendant, spéculations et rumeurs se multiplient sur le pilotage du pays et les rivalités supposées de clan entre la famille étendue et les divers conseillers de la présidence.

Sans plus de certitudes que sur le président lui-même.

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L'eau potable reste un souci dans la ville gabonaise de Ndjolé

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L'économie africaine va subir un recul de 3% cette année avant de rebondir en 2021

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. REUTERS/Thomas Mukoya

L'économie de l'Afrique subsaharienne va subir un recul de 3,1 % cette année, avant de remonter en 2021 pour atteindre une croissance d’environ 3,5 %.

C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé la semaine dernière par l’agence de presse Reuters dont les résultats ont été publiés vendredi.

Selon les analystes, la pandémie du nouveau coronavirus continue de peser sur la croissance, avec des interruptions soutenues de l'activité économique et un nombre croissant de cas au quotidien.

Fin juin, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait une contraction de 3,2%, par la voix de son directeur pour la région Afrique, l’Éthiopien Abebe Selassie.

Alors que certains pays ont commencé à assouplir les restrictions liées au contrôle du virus, les cas de contamination continuent d'augmenter, contrairement à de nombreux pays d’Europe et d’Asie qui ont commencé à montrer des signes de stabilisation du nombre d'infections.

L'Afrique du Sud s'inquiète, le Ghana sourit

L'Afrique du Sud, deuxième plus grande économie du continent, continue de signaler le plus grand nombre de cas en Afrique. Les prévisions indiquent que le pays de Cyril Ramaphosa va subir une chute de 8% cette année, coup dur pour un pays confronté à des soubresauts liés à l’équité socioéconomique. On prévoit un rebond de 3,5 % l'année prochaine.

Le Nigeria, la plus grande économie d'Afrique, devait se contracter de 3,7 % cette année pour rebondir avec 2 % de croissance l'année prochaine.

Dans de nombreux pays, la véritable ampleur des cas de coronavirus n’est pas bien cernée en raison d’une faible couverture des tests.

"La maladie COVID-19 va réduire encore plus la croissance en Afrique", lit-on dans une analyse de la banque Standard Chartered.

Certains pays, à l’instar du Ghana, pourront tirer leur épingle du jeu. En effet, les prévisions indiquent que l’économie ghanéenne va connaitre une croissance de près de 2% cette année avant de remonter davantage pour atteindre 4,2 % en 2021.

"Nous pensons que le Ghana a des perspectives de croissance", a souligné Michael Kafe, économiste chez Barclays.

Mais les pays producteurs de pétrole ne s’en tireront pas à si bon compte. En effet en Angola et au Gabon, par exemple, les indicateurs sont au rouge.

Le Kenya, la plus grande économie d'Afrique de l'Est, devait stagner cette année. Le pays dont les secteurs vitaux, à savoir le tourisme et l’exportation des fleurs, dépendent énormément de l’extérieur, a subi de plein fouet la fermeture des aéroports. Coup dur pour un pays dont la croissance moyenne au cours de la décennie écoulée se situait autour de 6%.

"Nommer une femme ne change rien" au quotidien des Gabonais, selon l'activiste Laurence Ndong

L'activiste gabonaise Laurence Ndong. (Photo: Silver Mba/Courtesy Image)

Laurence Ndong, leader de la société civile au Gabon, dit ne pas s'attendre à un grand chamboulement malgré la nomination de la première femme Premier ministre.

Si pour certains Gabonais la désignation de Rose Christine Ossouka Raponda au poste de Premier ministre du Gabon a permis de casser le "plafond de verre", pour l'activiste Laurence Ndong c'est un non-événement.

"La nomination d'une femme ne change rien, c'est le gouvernement gabonais qui doit changer", affirme la responsable de "Tournons la page", un collectif qui œuvre pour la bonne gouvernance dans ce pays d'Afrique centrale.

Pour cette leader de la société civile, Mme Ossouka Raponda ne fera que "ce que le président Ali Bongo Ondimba souhaite" et non "les réformes nécessaires pour améliorer les conditions de vie des Gabonais".

Les recriminations de Laurence Ndong à l'endroit de Mme Ossouka Raponda remontent à l'époque où cette dernière dirigeait la mairie de Libreville, la capitale.

"Elle n'a rien changé dans la ville", s'indigne Mme Ndong au micro de Peter Clottey du service anglophone de la VOA. "Il ne suffit pas d'être une femme pour changer le système", soutient l'activiste. "Nous devons changer de président en premier lieu", précise-t-elle dans un anglais limpide.

Si certains saluent l'ascension de Mme Ossouka Raponda comme un développement positif et un modèle auquel les jeunes filles peuvent désormais aspirer, il n'en est rien pour Mme Ndong.

"Il change de Premier ministre tous les deux ans, car ce n'est que le président qui décide, tout le monde le sait", soutient-elle, en parlant du chef de l'État gabonais, Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009.

"Nous ne nous attendons à aucun changement" avec Mme Ossouka Raponda​, soutient l'activiste. "Elle sert une dictature".

Des changements tactiques au sein du nouveau gouvernement gabonais

Rose christiane Ossouka Raponda dans un bureau de vote à Libreville, le 6 octobre 2018. (Photo by Joel TATOU / AFP)

Tout juste 24 heures après sa nomination, la Première ministre du Gabon Rose Christiane Ossouka Raponda a dévoilé vendredi son nouveau gouvernement.

Même si la nouvelle équipe ministérielle ne se démarque pas trop de la précédente, on remarque quelques changements qui interpellent l'opinion.

Première femme à être nommée à la tête d'un gouvernement au Gabon, Mme Ossouka est remplacé à la tête du ministère de la Défense, poste qu'elle occupait jusqu'ici, par Michael Moussa Adamo, ancien ambassadeur du Gabon aux Etats-Unis.

M. Moussa Adamo, qui a fait ses études universitaires dans l'État américain du Massachusetts, est très proche du président Ali Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 2009. Cité dans un rapport du sénat américain sur la corruption et le blanchiment d'argent en Afrique centrale, il est agressé en 2011 par des activistes gabonais aux abords de l'ambassade qu'il dirigeait à Washington.

Autre changement notable: le départ de Jean De Dieu Moukagni Iwangou, ancienne figure de proue au sein de l'opposition gabonaise. L'entrée de ce juriste réputé intègre au sein du gouvernement avait alimenté la polémique en 2018. Difficile de savoir de quoi sera fait son avenir.

Rosine Ossouka Raponda devient la première femme première ministre
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La plupart des portefeuilles ministériels restent inchangés.

Une des seules entrées notables est celle de Guy Patrick Obiang, jusqu'ici à la tête du comité de pilotage de lutte contre la maladie Covid-19, qui devient ministre de la Santé. Il remplace ainsi Max Limoukou, étrangement silencieux depuis le début de la pandémie.

Le charismatique ministre des Affaires étrangères, Alain-Claude Bilie-By-Nze, devient ministre de l'Energie et des Ressources Hydrauliques, un portefeuille stratégique dans ce pays producteur de pétrole. L'un de ses derniers actes aura été d'imposer le gel de visas de tourisme aux ressortissants européens "par réciprocité".

M. Bilie-By-Nze est remplacé aux Affaires étrangères par Pacôme Moubelet Boubeya, qui connaît bien le poste, pour l'avoir occupé entre 2016 et 2017.

Un président quasi-invisible

Ce remaniement intervient alors que l'opposition et des personnalités de la société civile s'interrogent à nouveau publiquement sur l'état de santé du président Ali Bongo Ondimba.

Élu il y a près de 11 ans, en succédant à son père Omar Bongo Ondimba, le chef de l'Etat est affaibli physiquement par un AVC qui l'a frappé en octobre 2018. D'ailleurs, l'absence très remarquée du chef de l'État gabonais aux obsèques de son ancien Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet, fin juin, avait relancé les débats sur son état de santé. Le président a "une nouvelle fois brillé par son absence", note le site d'informations Info241. Début juillet l’opposant Jean Ping avait déclaré qu'Ali Bongo Ondimba est désormais dans "l'incapacité manifeste" de s'acquitter de ses fonctions.

Lundi, après quelques semaines d'absence dans les médias, Ali Bongo Ondimba est réapparu sur des photos et des vidéos diffusées par les médias officiels ou proches du pouvoir, présidant une réunion des chefs des différents corps de l'armée et de la police.

La Première ministre a rencontré le président vendredi pour lui présenter son gouvernement, selon la présidence, qui a diffusé des photographies de ce rendez-vous.

Selon la présidence, le nouveau gouvernement de Mme Ossouka aura pour "mission", entre autres, "d'assurer la relance économique et l'accompagnement social nécessaires en raison de la crise mondiale liée à la (maladie) Covid-19".

Déjà déstabilisé par la chute des cours de l'or noir en 2014, le Gabon, très dépendant de l'économie mondiale en raison de la place des matières premières dans son économie, doit désormais faire face aux conséquences économiques de la pandémie du coronavirus.

Le pays manque toujours cruellement d'emplois pour les jeunes, de routes, d'hôpitaux et d'écoles. Un Gabonais sur trois vit sous le seuil de pauvreté.

Rosine Ossouka Raponda devient la première femme première ministre

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