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"On veut nos bourses !": au Gabon, les élèves dans la rue depuis trois jours

Des étudiants montrent une cartouche de gaz lacrymogène lancée par la police anti-émeute lors de leur rassemblement pour protester contre une modification des règles régissant le processus d'attribution de subventions, le 10 avril 2019 à Libreville.

"Nous sommes orphelins de bourse", scandent en chœur des centaines de lycéens gabonais en uniforme, qui manifestaient mercredi pour le troisième jour consécutif dans les rues de Libreville contre un changement des règles d'attribution des bourses d'étude.

"Nous voulons avoir la bourse pour étudier à l'université, comme nos grands-frères, comme nos parents l'ont eue", s'insurge Simpson, 21 ans, en classe de terminale dans un lycée de Libreville.

"Même si demain j'obtiens la note de 20/20 au baccalauréat, je ne pourrai pas avoir la bourse. Je suis un fils de pauvre et mes parents comptaient sur cette bourse-là pour m'envoyer à l'université", détaille-t-il.

Fin mars, un projet de décret restreignant l'accès aux bourses universitaires pour les futurs étudiants gabonais a été entériné. Il fixe désormais à 19 ans l'âge maximum pour y avoir droit et exige au moins 12 de moyenne au bac.

Répondant à l'appel de plusieurs organisations lycéennes, des milliers de lycéens défilent depuis lundi dans les rues des principales villes du pays. Mercredi, ils s'étaient de nouveau donné rendez-vous devant leurs établissements.

Aux alentours de midi, plusieurs centaines de lycéens avaient convergé vers le quartier populaire de Nkembo, dans le centre de la capitale.

Sous un soleil de plomb, escortés par des policiers, ils tapent des mains et crient: "Nous sommes orphelins de bourse!", "Rendez-nous nos bourses!" ou encore "On veut nos bourses!".

127 euros par mois

En chemise blanche, et pantalon bleu ou vert, la multitude d'uniformes témoigne de l'étendue de la mobilisation.

"Sans cette bourse nous n'aurons plus les moyens d'aller à l'université, pour louer une chambre, pour acheter les fascicules, tout simplement pour subvenir à nos besoins d'étude", s'inquiète Samantha, 21 ans, en terminale.

Avant le décret, les étudiants gabonais ayant obtenu leur baccalauréat, pouvaient prétendre à une bourse universitaire d'un montant mensuel d'environ 83.000 francs CFA (127 euros).

"On nous demande d'avoir plus de 12/20, mais avant, regardons les conditions dans lesquelles nous étudions!", lance-t-elle.

"Dans mon lycée, les classes sont surchargées, il manque des livres, les enseignants sont très souvent absents, on a pas de laboratoire de physique", affirme un autre.

Lundi, le Premier ministre, Julien Nkogue Bekale, a défendu cette nouvelle mesure, invoquant notamment les difficultés économiques rencontrées par le Gabon depuis la chute des prix du pétrole en 2014.

"L'Etat et le gouvernement ne ménageront aucun effort pour attribuer les bourses à nos étudiants brillants, mais nous n'allons pas encourager la médiocrité", avait-il déclaré.

Selon les chiffres du ministère de l'Enseignement supérieur gabonais, 65% des admis au premier tour du baccalauréat en 2017 étaient âgés de vingt ans ou plus. La scolarité commence le plus souvent tard au Gabon et les redoublements y sont fréquents.

Remaniement du gouvernement au Gabon
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"Qu'ils reculent !"

Dans la rue, les parents regardent d'un œil inquiet leurs enfants défiler. "J'ai interdit à ma fille de sortir. Mais c'est vrai que cette réforme ne plait à personne ici", explique Joël, 49 ans, père de quatre enfants.

"Lorsqu'ils invoquent des raisons financière, cela me met hors de moi. (...) Quand on sait, comment ils gèrent notre argent depuis des années, (qui) n'est pas redistribué, maintenant on doit se serrer la ceinture ?", s'indigne-t-il.

Pour Jean Ndong, un autre parent interrogé par l'AFP, la mesure a aussi du bon: "D'un côté, c'est une bonne chose que le gouvernement cherche à récompenser les plus méritants", estime-t-il. "De l'autre, c'est vraiment un coup dur pour les familles pauvres".

A Nkembo, où les jeunes manifestants sont de plus nombreux, la tension monte avec les forces de l'ordre. Les lycéens souhaitent aller vers le ministère de l'Education, pour interpeller le ministre.

La police tente de les disperser avec des tirs de gaz lacrymogène. La grande majorité se réfugie alors sur le parvis de l'église Saint-Michel.

A chaque passage du blindé d'où partent les tirs de gaz lacrymogènes, les militaires sont copieusement hués, des projectiles sont jetés dans leur direction.

"On marche pacifiquement et vous voyez comment ils nous traitent?", peste Nellia, une lycéenne de 20 ans, foulard noué sur le bas du visage.

"S'ils pensent nous intimider, on ne va pas s'arrêter, on reviendra demain s'il le faut. Il faut qu'ils reculent (...), qu'ils nous rendent nos bourses !".

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L'économie africaine va subir un recul de 3% cette année avant de rebondir en 2021

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. REUTERS/Thomas Mukoya

L'économie de l'Afrique subsaharienne va subir un recul de 3,1 % cette année, avant de remonter en 2021 pour atteindre une croissance d’environ 3,5 %.

C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé la semaine dernière par l’agence de presse Reuters dont les résultats ont été publiés vendredi.

Selon les analystes, la pandémie du nouveau coronavirus continue de peser sur la croissance, avec des interruptions soutenues de l'activité économique et un nombre croissant de cas au quotidien.

Fin juin, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait une contraction de 3,2%, par la voix de son directeur pour la région Afrique, l’Éthiopien Abebe Selassie.

Alors que certains pays ont commencé à assouplir les restrictions liées au contrôle du virus, les cas de contamination continuent d'augmenter, contrairement à de nombreux pays d’Europe et d’Asie qui ont commencé à montrer des signes de stabilisation du nombre d'infections.

L'Afrique du Sud s'inquiète, le Ghana sourit

L'Afrique du Sud, deuxième plus grande économie du continent, continue de signaler le plus grand nombre de cas en Afrique. Les prévisions indiquent que le pays de Cyril Ramaphosa va subir une chute de 8% cette année, coup dur pour un pays confronté à des soubresauts liés à l’équité socioéconomique. On prévoit un rebond de 3,5 % l'année prochaine.

Le Nigeria, la plus grande économie d'Afrique, devait se contracter de 3,7 % cette année pour rebondir avec 2 % de croissance l'année prochaine.

Dans de nombreux pays, la véritable ampleur des cas de coronavirus n’est pas bien cernée en raison d’une faible couverture des tests.

"La maladie COVID-19 va réduire encore plus la croissance en Afrique", lit-on dans une analyse de la banque Standard Chartered.

Certains pays, à l’instar du Ghana, pourront tirer leur épingle du jeu. En effet, les prévisions indiquent que l’économie ghanéenne va connaitre une croissance de près de 2% cette année avant de remonter davantage pour atteindre 4,2 % en 2021.

"Nous pensons que le Ghana a des perspectives de croissance", a souligné Michael Kafe, économiste chez Barclays.

Mais les pays producteurs de pétrole ne s’en tireront pas à si bon compte. En effet en Angola et au Gabon, par exemple, les indicateurs sont au rouge.

Le Kenya, la plus grande économie d'Afrique de l'Est, devait stagner cette année. Le pays dont les secteurs vitaux, à savoir le tourisme et l’exportation des fleurs, dépendent énormément de l’extérieur, a subi de plein fouet la fermeture des aéroports. Coup dur pour un pays dont la croissance moyenne au cours de la décennie écoulée se situait autour de 6%.

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