Les Etats-Unis sanctionnent une milice clé du régime iranien

Le Département du Trésor américain, Washington, le 18 septembre 2018.

Les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre la milice Bassidj, ainsi qu'un "vaste réseau financier" qui soutient cette force paramilitaire clé du régime iranien, dans le cadre de leur campagne de pression maximale contre Téhéran.

Ces nouvelles mesures punitives visent officiellement le "recrutement et l'entraînement d'enfants-soldats" par cette milice islamique, selon le communiqué du département du Trésor américain.

Ils "sont ensuite envoyés en Syrie" par les Gardiens de la révolution, l'unité d'élite de la République islamique, "pour soutenir le régime brutal de Bachar al-Assad", a expliqué à des journalistes une responsable américaine, affirmant que de nombreux enfants "avaient combattu et étaient morts tragiquement au front".

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Mais, plus largement, il s'agit "d'un autre volet important de notre campagne de pression économique maximale contre le régime iranien, qui va se poursuivre tant qu'il n'aura pas mis fin à son comportement criminel et malveillant", a déclaré une autre responsable de l'administration de Donald Trump.

Le président des Etats-Unis s'est retiré en mai de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, jugeant qu'il n'offrait pas les garanties nécessaires pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique et, surtout, qu'il ne prévoyait rien pour contrecarrer son influence "déstabilisatrice" au Moyen-Orient.

Il a dans la foulée annoncé le rétablissement de toutes les sanctions américaines levées dans le cadre de cet accord, dont il a promis une stricte application, y compris à l'encontre des entreprises étrangères qui continueraient de faire affaire avec Téhéran.

"Réseau multimilliardaire"

Les dernières de ces mesures, visant les exportations pétrolières iraniennes et les transactions financières avec l'Iran, entrent en vigueur le 5 novembre.

"Comme le président l'a dit et répété, il reste ouvert au dialogue", a déclaré le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans un entretien à paraître dans le numéro novembre/décembre de la revue Foreign Affairs.

"Nous pensons qu'un accord avec le régime est possible", "un nouvel accord global" qui comprenne les questions nucléaires, balistiques, régionales et des droits de l'homme, a-t-il ajouté.

Sans accord, Washington a d'ores et déjà annoncé son intention de renforcer sa pression avec les sanctions "les plus fortes de l'Histoire", en prenant de nouvelles mesures pour d'autres sujets que le nucléaire.

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Les sanctions de mardi visent donc la milice Bassidj, liée aux Gardiens de la révolution et sous l'autorité du guide suprême iranien, mais aussi son "réseau de soutien financier", à savoir la "fondation coopérative" des Bassidj, qui comprend selon le Trésor américain "au moins 20 sociétés et institutions financières", et plusieurs banques, dont Mellat, "qui ont des branches dans le monde entier".

Il s'agit d'un "réseau multimilliardaire" ayant des liens avec l'Europe et le Moyen-Orient, a dit un des responsables américains.

Alors qu'un nombre croissant d'entreprises étrangères, et notamment européennes, quittent l'Iran sous la menace des sanctions américaines, "il est encore question de poursuivre certains investissements", a précisé une responsable.

Or, selon une autre , "le réseau de la milice Bassidj est l'exemple par excellence de comment les Gardiens de la révolution et les forces militaires iraniennes ont étendu leur implication économique dans les principales industries".

"L'influence économique des Bassidj à travers l'Iran est exactement le genre d'activités contre lesquelles nous mettons en garde les autres gouvernements et entreprises", a-t-elle ajouté.

Les Européens, les Chinois et les Russes ont tous dit vouloir préserver l'accord sur le nucléaire, dont l'Iran ne s'est pas retiré à ce stade malgré les conséquences économiques négatives du départ américain.

L'Union européenne tente de mettre en place un mécanisme pour que l'Iran puisse continuer notamment à vendre du pétrole sans que les acheteurs soient frappés par les sanctions des Etats-Unis, mais son efficacité reste difficile à évaluer.

Avec AFP