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Yali Pitch Competition, ou le premier pas entrepreneurial

Les trois lauréats du Yali Pitch Competition 2019, Lomé, le 24 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Global Alumni Association of Togo (GAAT), a organisé un concours de pitch, dénommé ‘‘Yali Pitch Competition’’, pour des jeunes porteurs de projets.

La compétition a eu lieu le 24 octobre dernier, entre boursiers des YALI (Young African Leaders Initiative) régionaux, notamment Accra, Lagos et Dakar. Ce concours, qui en est à sa deuxième édition, mise sur l’originalité et l’impact social.

Togo: un concours pour des jeunes porteurs de projets
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Sur les six projets sélectionnés pour la finale du "Yali Pitch Competition", trois ont été primés.

Manibézouwé Gnarou, qui a remporté le 1er prix, a défendu un projet de ferme agro-écologique. Il a mis en avant la production du piment Bio, comme tous les légumes produits dans la ferme école de sa coopérative.

"En 2016, j’ai lu un article de l’OMS qui disait qu’il y avait eu plus de 3 millions de personnes dans le monde qui ont perdu la vie pour avoir mangé des aliments produits avec des pesticides chimiques. J’étais scandalisé parce que c’était la moitié de la population de notre pays le Togo. Donc nous avons créé une ferme agro-écologique qui nous permet d’offrir des fruits et légumes naturels à nos concitoyens", expliquant les raisons qui ont poussé à la création de cette ferme qui est opérationnelle depuis février dernier.

Se réclamant d'une entreprise sociale, M. Grarou a fait savoir qu’il mettait l’humain au centre de leur activité. "L’aspect le plus important dans ce que nous faisons, c’est l’humain. C’est la jeunesse togolaise que nous voulons encourager dans l’entrepreneuriat agricole et surtout agro-écologique", a-t-il soutenu.

Les lauréats avec les membres du Jury et du bureau du GAAT, Lomé, le 24 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Les lauréats avec les membres du Jury et du bureau du GAAT, Lomé, le 24 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Même si l’écart entre le trois lauréats n’est pas assez grand, à peine 1 point, la présidente du jury, Essi Farida Géraldo, revient sur ce qui a milité en faveur de la ferme agro-écologique.

"Le premier prix, nous l’avons choisi grâce à son originalité et surtout de l’impact sur tous les plans. L’impact social, l’impact sur la santé et la clarté du projet. Parce que la plupart des candidats ont des idées qui sont intéressantes mais n’ont pas pu montrer vraiment la richesse et l’impact de ces projets", a expliqué Mme Géraldo.

Les projets primés lors de ce pitch ont un dénominateur commun, l’impact social. Boutamékpo Adakpo, qui a eu le troisième prix, est le promoteur du projet ‘‘antivol moto défense’’. Son objectif est de contribuer à la sécurité des personnes et des biens, notamment les motos.

"Nous sommes partis d’un constat, beaucoup de motos sont volées. Moi-même j’ai été victime. Donc nous avons pensé mettre en place ‘antivol moto défense’’ qui est un dispositif qui permet de pouvoir sécuriser les motos contre le vol, que ce soit en stationnement ou en situation de braquage", a révélé Boutamékpo Adakpo, précisant qu’une fois que "le système est installé sur votre moto, ça permet au moteur de pouvoir se bloquer et en même temps déclencher une alarme".

Le jury a dû faire des recommandations aux porteurs de projets afin de les rendre plus compétitifs.

"Ce serait bien d’intégrer un système de géolocalisation à votre système. Parce que si le voleur le prend et que ça se bloque, s’il n’y a pas de géolocalisation, il peut coincer l’engin quelque part, après revenir la nuit et partir avec. Et donc vous n’aurez vraiment pas résolu un problème. Permettre à ce que même là où l’engin est bloqué soit signalé directement au poste de police le plus proche", a dit Sylvio Combey, membre du Jury, s’adressant au gagnant du 3e prix.

Toujours sur l’amélioration du système présenté, le jury est revenu sur le timing d’alerte. "Vous avez parlé aussi du timing d’alerte. Tantôt c’est 30 secondes tantôt c’est 30 minutes. Et si on part du principe que c’est 30 secondes, si la moto est volée et c’est 30 secondes c’est bien mais si je suis braqué et que c’est 30 secondes, le voleur revient et il peut me tuer ", a ajouté M. Combey tout en félicitant le lauréat.

Le premier prix est de 800 dollars, le second 650 dollars et le troisième prix 500 dollars. De petits fonds qui peuvent constituer un premier pas dans le monde entrepreneurial, a estimé le président du GAAT.

Hermann Toto, Président du GAAT, Lomé, le 24 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Hermann Toto, Président du GAAT, Lomé, le 24 octobre 2019. (VOA/Kayi Lawson)


"Pitch Competition pour les YALI, les jeunes de 18-35 ans, pour les aider à mettre en place leur projet. Parce que nous avons constaté qu’il y a pleins de jeunes qui rédigent de bons projets mais qui n’ont pas d’appui aussi petit soit-il pour démarrer. Donc nous nous sommes dit avec ce concours nous pouvons aider chaque année trois jeunes à démarrer leurs activités et se prendre en charge", a laissé entendre Hermann Toto, sur les motivations de ce Pitch.

"Yali Pitch Competition" est l’une des activités du mois des Alumni, les anciens bénéficiaires des programmes d’échanges et d’étude aux Etats-Unis. Au programme : une opération de don de sang, des rencontres B2B, des activités socio-culturelle mais aussi communautaires.

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La pandémie fait tourner au ralenti le marché des bouteilles de Lomé

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Lancement d'une nouvelle raffinerie à Pointe-Noire

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Seules l’éwé et le kabiyè ont statut de langue nationale

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Les langues nationales ne pèsent pas dans le système éducatif togolais

Entrée principale de l’Université de Lomé. Lomé, 15 février 2021.

Chaque 21 février, le monde célèbre la journée internationale de la langue maternelle. Le thème de cette année est "Promouvoir le multilinguisme pour l'inclusion dans l'éducation et la société".

Sur la trentaine de langues locales qui existent au Togo, seules deux sont véritablement équipées. De plus, au niveau national, l’éducation formelle se fait en français de la maternelle au supérieur. Une stratégie qui ne favorise pas une acquisition des nouvelles connaissances auxquelles l’enfant est exposé à l’école, selon les experts.

"C’est bien prouvé au niveau de la psychopédagogie que l’acquisition des éléments linguistiques de base de chaque apprenant constitue les fondamentaux qui permettent à l’enfant d’asseoir ses compétences avant de s’ouvrir à une autre valeur linguistique ou une langue étrangère", rappelle le Professeur Essodina Péré, enseignant chercheur en linguistique à l’université de Lomé.

L'éwé et le kabiyè, seules exceptions

C'est en 1975, dans le cadre d'une réforme de l’enseignement, que le Togo élève deux langues locales au statut de langue nationale et qui sont enseignées dans les écoles. Il s’agit de l’éwé, la langue la plus véhiculaire du pays et majoritairement parlée au sud Togo mais aussi au Ghana et au Bénin. La seconde langue nationale est le kabiyè, parlée dans une partie du nord du pays.

Ainsi l’éwé et le kabiyè disposent d’une académie. Ces académies ont pour, entre autres mandats, de contribuer à la codification de ces langues mais aussi de soutenir leur enseignement à travers la production de manuels didactiques.

Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’académie de langue Kabiyè. Lomé, 18 février 2021.
Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’académie de langue Kabiyè. Lomé, 18 février 2021.

Atinédi Gnassé, secrétaire général de l’Académie de langue kabiyè, parle des réalisations de cette académie.

"L’année dernière, l’académie a sorti des livres d’enseignement dont L’orthographe et grammaire kabyè et Mon livret de vocabulaire kabyè", fait savoir l’académicien. "Cette année 2021, il est prévu le renouvellement du syllabaire kabiyè, en même temps qu’il est prévu la mise à jour des différents manuels d’enseignement et la reprise et l’agrandissement du dictionnaire kabyè-français, français-kabyè", ajoute-t-il.

"Si on nous avait enseigné les mathématiques dans nos langues, nous n’aurions pas des problèmes", approuve le Professeur Essodina Péré.

"Nous avons honte de nos propres langues"

Parler plusieurs langues permet à une personne de s'enrichir culturellement. Mais dans certaines familles togolaises, il est interdit aux enfants de s’exprimer en langue locale. Une aberration qui retarde le développement, estime Antoine Kossi Aféli, professeur titulaire de linguistique à la retraite.

"C’est par les langues maternelles et nationales que les enfants d’un pays peuvent d’abord être scolarisés et donc participer plus activement au processus de développement", fait noter le Pr Afeli.

Pr Antoine Kossi Aféli, enseignant chercheur à la retraite. Lomé, 19 février 2021.
Pr Antoine Kossi Aféli, enseignant chercheur à la retraite. Lomé, 19 février 2021.

Pourtant, explique-t-il, une bonne politique linguistique est non seulement salutaire sur le plan éducatif mais contribue aussi à enraciner les valeurs et la culture."Nous avons honte de nos propres langues et cultures et nous ne pensons qu’à la culture de l’autre comme étant celle qui doit apporter le salut et la promotion sociale", déplore le Pr Afeli.

"Même ceux qui maîtrisent très mal le français, parlent le français à leurs enfants à la maison, ce qui est extrêmement dommage", regrette-t-il.

L'éducation, fondée sur la première langue ou la langue maternelle, doit commencer dès la petite enfance, recommande l’UNESCO, Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Le covid freine le recyclage des bouteilles et appauvrit les petits commerces de Lomé

Un taxi chargé de bouteilles en direction d’un marché périphérique. Lomé, 22 janvier 2021.

Le marché de bouteilles de Kodomé, à Lomé, s’anime tous les vendredis. Dans cet espace commercial assez particulier, tous types de bouteilles sont proposés.

Qu’elles soient en plastique ou en verre, issues du milieu hospitalier, du cosmétique ou de l’alimentation... Des contenants d’antibiotique injectable aux liqueurs en passant par des bouteilles d’eau minérale, des déodorants, ou encore les bidons et les tonneaux, vous y trouverez tout.

"Nous sillonnons les différents quartiers de la capitale, en faisant du porte-à-porte pour acheter les bouteilles vides. Le travail de collecte fini, nous les ramenons ici au marché pour les revendre. Nous avons aussi des fournisseurs qui nous les ramènent aussi directement sur le site ici", explique Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles.

Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.
Justine Atindogbé, présidente des commerçantes du marché des bouteilles. Lomé, 22 janvier 2021.

D'ordinaire, leurs clients viennent non seulement des marchés périphériques de la capitale togolaise, mais aussi du Bénin et du Ghana voisins. Mais avec la pandémie de Covid-19 et la fermeture des frontières terrestres, les activités au marché des bouteilles tournent au ralenti.

Une thèse qu’approuve Akossiwa Agbodjan, la cinquantaine à peine entamée, le regard vers l’horizon.

"Rien ne va dans le marché. Depuis plus de 5 mois que j’ai ce stock, j'ai du mal à l'écouler. La pandémie ne nous a pas fait de cadeau", se lamente-t-il. "Nos clients habituels se plaignent de la mévente. Tant qu’ils n’écoulent pas leurs marchandises et ils ne peuvent pas revenir en acheter. Pire, nos clients de l’extérieur ne viennent plus", témoigne la commerçante.

Effet de chaîne

Le rôle crucial que ce marché joue dans la protection de l’environnement et l'assainissement de la ville pourrait être perturbé par la période de mévente causée par le coronavirus.

"Ces bouteilles vont se retrouver sur les dépotoirs à ciel ouvert. Elles seront soit brûlées ou enfouies, polluant ainsi l’environnement", s'alarme Justine Atindogbé.

Au-delà de la protection environnementale, le marché des bouteilles de Kodomé est un maillon clé de la chaîne des activités économiques. Les bouteilles achetées sur le site servent dans d’autres domaines, permettent à d'autres commerces d'exister et à de nombreuses familles de subvenir à leurs besoins.

Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.
Un étalage d’amuse-gueules dans des bouteilles recyclées au marché de Hédzranawoé. Lomé, 10 février 2021.

"Les bouteilles en plastique servent de contenant pour les détaillants d’huile végétale, pour les jus faits maison. Pour les bouteilles en verre, elles servent dans la pharmacopée, dans la vente illicite de carburant et aussi de contenant pour des amuse-gueules", indique Marie Anakpo, revendeuse de bouteilles au marché d’Adidogomé Assiyéyé, dans la périphérie nord-ouest de Lomé.

Kayi Ameh, la trentaine, a pris le relais de ce commerce familial, il y a 12 ans. Elle constate une dégradation de ses revenus.

"Nous achetons 12 bouteilles vides d’eau minérale de 1,5 litre à 1000 francs CFA que nous revendons à 1200 francs. C’est dans ces 200 francs que nous devons enlever les frais de transport avant de dégager notre bénéfice", décrit la vendeuse. "Ce commerce n’est plus rentable. Nous sommes en survie", lâche-t-elle.

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