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Washington veut "une enquête complète" sur le meurtre d'experts onusiens en RDC


Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp, disparus dans le Kasaï le 12 mars 2017 et retrouvé mort le 27 mars.

Les Etats-Unis veulent "une enquête complète sous la responsabilité du secrétaire général" de l'ONU sur le meurtre en mars de deux experts en République démocratique du Congo, a affirmé jeudi l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies.

Les Etats-Unis ont affirmé jeudi vouloir "une enquête complète" de l'ONU sur le meurtre en mars de deux experts de l'institution en République démocratique du Congo mais ce pays a rejeté toute "enquête internationale indépendante".

"Les meurtres des experts de l'ONU --Michael et Zaida qui ont risqué leur vie pour aider celle d'autres-- ne peut s'achever dans une procédure bureaucratique", a souligné dans un communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. "Nous continuons d'avoir besoin d'une enquête complète sous l'autorité du secrétaire général sur les évènements liés à leur mort et une mise en responsabilité des auteurs".

Ce communiqué a été diffusé alors que se tenait une réunion du Conseil de sécurité sur la RDC, en présence des familles des victimes et du ministre congolais des Affaires étrangères.

Ce dernier, Léonard She Okitundu, a réfuté la nécessité d'une enquête internationale indépendante, comme pourtant recommandé dans un rapport de l'ONU.

"Mon gouvernement juge inopportun la mise en place d'une telle enquête". Les autorités congolaises "collaborent déjà avec des mécanismes des Nations unies (et) les pays d'origine des deux victimes".

Michael Sharp, Américain, et Zaida Catalan, Suédo-Chilienne, qui enquêtaient sur les violences et sur des fosses communes, ont été assassinés en mars au Kasaï, dans le centre du pays. La jeune femme a été décapitée.

L'ONU dispose de deux rapports, l'un de juin fait par des experts de l'ONU, l'autre d'août réalisé par des enquêteurs onusiens. Le premier évoque un "guet-apens prémédité" sans exclure l'implication de membres de la sécurité d'Etat. Le second parle d'un crime commis par des miliciens et réclame des investigations complémentaires pour identifier formellement les auteurs des meurtres.

Menée en RDC, "l'enquête a permis d'identifier seize suspects, neuf sont aux arrêts", a fait valoir le chef de la diplomatie congolaise, en répétant que "la justice congolaise collaborait avec l'ONU". "Les auteurs de ces crimes seront sévèrement sanctionnés", a-t-il promis, en précisant que son pays avait accepté une coopération avec les autorités suédoises comme celle déjà en cours avec la police fédérale américaine (FBI).

A l'instar des Etats-Unis, plusieurs membres du Conseil de sécurité, dont la Suède et la France, ont réclamé de "faire toute la vérité" sur le double meurtre et d'avoir "plus d'investigations", et demandé à la RDC de coopérer "pleinement avec l'équipe d'experts internationaux".

Sur la situation dans le pays, Mme Haley a menacé dans son communiqué Kinshasa de nouvelles sanctions onusiennes "si des progrès ne sont pas faits en matière de paix et de stabilité pour le peuple congolais". "La situation humanitaire reste très difficile, en particulier pour les femmes", a rappelé la France.

Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers au Kasaï ont causé depuis un an la mort de plus de 3.000 personnes, d'après des chiffres rassemblés par l'Eglise catholique, et environ 1,4 million de personnes ont fui leurs foyers dans cette région, selon l'ONU.

Avec AFP

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