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L'ONU nomme ses experts pour le Kasaï sous le regard de Kinshasa

  • VOA Afrique

Des Casques bleus patrouillent près de Kananga, dans le Kasaï central, en RDC, le 11 mars 2017.

Les Nations unies ont annoncé mercredi la nomination de trois experts internationaux pour enquêter sur les violences dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, au terme d'un compromis avec Kinshasa qui a refusé une mission indépendante.

Un Sénégalais, un Canadien et une Mauritanienne devront "déterminer les faits et les circonstances sur les allégations de violations des droits de l'Homme et du droit humanitaire international dans la région du Kasaï", selon un communiqué du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme publié à Genève.

Bacre Ndiaye (Sénégal), Luc Côté (Canada) etFatimata M’Baye (Mauritanie) ont été nominé en "qualité d’experts internationaux sur la situation dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo". Bacre Ndiaye assumera les fonctions de président de l’équipe d’experts.

Le Conseil des droits de l'Homme avait adopté le 22 juin une résolution de compromis entre l'ONU, l'Union européenne et les États-Unis, qui souhaitaient une mission indépendante, et Kinshasa, qui s'y opposait avec le soutien des pays africains.

La résolution demande donc à la RDC de coopérer avec les experts, qui devront en retour partager leurs informations avec les autorités congolaises. La résolution prévoit que les auteurs des crimes dans le Kasaï seront jugés par la justice congolaise.

Le communiqué indique que "le Haut-Commissaire Zeid fera une présentation orale sur la situation dans la région du Kasaï au Conseil des droits de l’homme, à l’occasion de sa 37ème session en mars 2018. Un rapport complet sur les conclusions de l’équipe sera présenté en juin 2018, à l’occasion de la 38ème session du Conseil".

Depuis dix mois, la région du Kasaï (centre de la RDC) est secouée par des troubles ayant causé la mort de plus de 3.000 personnes, d'après des chiffres rassemblés par l'Église catholique, et le déplacement d'environ 1,4 million personnes, selon l'ONU.

Ces violences impliquent des miliciens, des soldats et des policiers. Elles ont débuté en septembre 2016, un mois après la mort du chef traditionnel Kamwina Nsapu, qui avait ouvertement remis en cause l'autorité du gouvernement du président Joseph Kabila. Kamwina Nsapu a été tué lors d'une opération militaire.

En mars, deux jeunes experts onusiens, l'Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan qui enquêtaient sur les violences au Kasaï et sur des fosses communes, ont été assassinés. Le procès de leurs assassins présumés s'est ouvert le 5 juin.

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