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Mike Pompeo "confiant" à l'issue d'une brève visite au Pakistan

Le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Shah Mehmood Qureshi, serre la main au secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à Islamabad, au Pakistan, le 5 septembre 2018.

La visite du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo mercredi au Pakistan a semblé rendre le sourire aux deux pays, dont les relations diplomatiques sont très conflictuelles depuis des mois, sur fond de guerre en Afghanistan.

M. Pompeo, qui avait indiqué espérer "tourner la page" des rapports houleux avec le Pakistan à l'occasion de cette étape de quelques heures, s'est montré cordial après s'être entretenu avec son homologue, le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi.

"J'ai été très heureux", a déclaré le secrétaire d'Etat au nouveau chef du gouvernement pakistanais Imran Khan, qui s'enquérait de sa rencontre avec son ministre. M. Qureshi a de son côté évoqué une "excellente rencontre".

"Il y a à nouveau un alignement et une convergence (d'idées) entre l'Amérique et le Pakistan", a ensuite affirmé le ministre pakistanais lors d'une conférence de presse.

"C'est le point de vue que défend Imran Khan depuis des années, qu'il n'y a pas de solution militaire mais qu'il faut se diriger vers une solution politique" au conflit afghan, a poursuivi Shah Mehmood Qureshi, alors qu'un attentat-suicide contre un club de sports a fait au moins 20 morts et 70 blessés mercredi soir à Kaboul.

Les Etats-Unis et son allié l'Afghanistan accusent de longue date le Pakistan de soutenir via ses services de renseignement des groupes extrémistes armés comme les talibans afghans et leurs alliés du réseau Haqqani, à qui il fournirait des refuges dans ses régions frontalières avec l'Afghanistan.

Washington exige que cesse ce soutien, qu'Islamabad nie catégoriquement, arguant à l'inverse des énormes sacrifices humains et financiers consentis dans sa lutte contre le terrorisme.

Les Etats-Unis, dont les forces armées combattent depuis 17 ans en Afghanistan, où la situation sécuritaire ne cesse d'empirer, attendent également du Pakistan qu'il les aide à trouver une issue pacifique au conflit.

"Nous les avons assurés de notre soutien total" en vue de pourparlers de paix, a déclaré M. Qureshi, qui a qualifié la venue de Mike Pompeo de "bonne avancée" dans les relations bilatérales entre les deux pays.

D'après le ministre pakistanais, le secrétaire d'Etat lui aurait également laissé entendre que des discussions directes pourraient se tenir entre les Etats-Unis et les talibans, un sujet tabou jusqu'à ces derniers mois.

"Je suis confiant que les fondations que nous avons posées aujourd'hui permettront d'obtenir des résultats positifs", a estimé le secrétaire d'Etat, dont c'était la première visite au Pakistan en cette qualité.

"Besoin" du Pakistan

"Nous avons parlé de leur nouveau gouvernement, de l'opportunité de réinitialiser la relation entre nos deux pays (...), du travail que nous devons fournir pour aboutir à une résolution pacifique (du conflit) en Afghanistan", a-t-il poursuivi avant de s'envoler pour l'Inde.

Questionné sur ses capacités à renouer des liens avec les Etats-Unis, le Premier ministre Imran Khan, qui avait eu des mots durs à l'encontre de Washington alors qu'il était encore dans l'opposition, s'est de son côté qualifié d'"optimiste-né".

Les tensions ne sont pas nouvelles entre les deux pays mais se sont aggravées ces derniers mois.

Samedi, le Pentagone a indiqué avoir reprogrammé 300 millions de dollars destinés au Pakistan "en raison de l'absence d'actions décisives" de ce dernier. Cette mesure avait déjà été pré-annoncée en janvier dans le cadre du gel du "fond de soutien de la coalition" destiné à rembourser au Pakistan ses dépenses liées aux opérations antiterroristes.

M. Pompeo a suggéré que l'aide pourrait être rétablie si les circonstances le permettent, même si "il reste un long chemin à parcourir" avant que la décision ne soit prise. Les autorités pakistanaises ont indiqué ne pas avoir abordé ce sujet mercredi.

Mike Pompeo, qui est resté un peu plus de 4 heures au Pakistan, a par ailleurs annoncé que le diplomate Zalmay Khalilzad allait prendre la tête des efforts américains pour rétablir la paix en Afghanistan.

Figure de la diplomatie américaine et du camp néo-conservateur sous le président George W. Bush, Zalmay Khalilzad, qui a des origines afghanes, fut ambassadeur à Kaboul, à Bagdad et aux Nations unies.

Outre MM Khan et Qureshi, le secrétaire d'Etat s'est entretenu avec le chef d'état-major de la puissante armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa.

Avec AFP

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USA: le Congrès adopte un projet de loi de finances pour éviter un "shutdown"

Le Congrès décoré pour l'investiture de Donald Trump, à Washington DC, le 18 janvier 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

Le Congrès américain a définitivement approuvé jeudi un projet de loi budgétaire temporaire, courant jusqu'au 20 décembre, afin d'éviter la paralysie des administrations américaines, ou "shutdown".

Le président Donald Trump doit encore signer ce texte pour le promulguer avant minuit ce jeudi, heure à laquelle les budgets actuellement alloués arriveront à leur terme.

Malgré des mois de négociations, l'opposition démocrate et les républicains ne sont pas parvenus à s'accorder sur un budget à plus long terme, à cause de différends, notamment sur le financement du mur à la frontière avec le Mexique, grande promesse de campagne de M. Trump pour lutter contre l'immigration clandestine.

Divisés par l'enquête en destitution lancée contre M. Trump par les démocrates à la Chambre des représentants, des élus s'inquiètent de leur capacité à parvenir à un accord budgétaire à long terme d'ici la prochaine date butoir du 20 décembre.

La mesure provisoire a été approuvée jeudi au Sénat, contrôlé par les républicains, par 74 voix en faveur contre 20, soit un soutien suffisant pour surmonter un éventuel veto présidentiel.

Elle avait déjà été adoptée mardi à la Chambre des représentants, à majorité démocrate, par 231 voix contre 192, dont 12 soutiens républicains.

Le budget temporaire inclut une augmentation de salaire de 3,1% pour l'armée américaine, finance le fonctionnement du grand recensement prévu en 2020 ainsi que d'importants programmes dans le secteur de la santé.

Depuis l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, en janvier 2017, les Etats-Unis ont été partiellement paralysés par deux "shutdowns", dont le plus long de l'histoire américaine, lorsque certains budgets avaient été asséchés durant 35 jours entre fin 2018 et début 2019.

Cinquième débat démocrate à Atlanta

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L'enquête a permis d'établir une forme de chantage de Trump sur l'Ukraine, selon les démocrates

Trump Impeachment

L'enquête en vue d'une destitution de Donald Trump a permis jusqu'ici de confirmer une forme de chantage exercée par le président américain sur l'Ukraine pour obtenir des enquêtes contre ses adversaires politiques, même si les républicains continuent de le défendre, disent les démocrates.

Voici ce qui a pu être établi, deux mois après le début de la procédure lancée par les démocrates et après une semaine d'auditions publiques au Congrès.

- L'appel Trump-Zelensky -

Le scandale est parti d'une conversation téléphonique du 25 juillet au cours de laquelle le milliardaire républicain demande "un service" à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que ce dernier lui parle d'armements américains dont Kiev a besoin.

Donald Trump évoque la nécessité d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans les élections américaines de 2016 au profit des démocrates, selon une thèse relayée par des cercles trumpistes qui ne s'appuie sur aucun élément avéré; et d'enquêter aussi sur l'ancien vice-président Joe Biden, accusé sans preuve d'être intervenu pour protéger son fils Hunter d'investigations visant Burisma, groupe gazier local dont il était membre du conseil d'administration.

Au même moment, Volodymyr Zelensky espérait décrocher une invitation dans le Bureau ovale. Et, surtout, les Etats-Unis avaient gelé une aide militaire cruciale à l'Ukraine.

Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir commis un "abus de pouvoir" en exerçant un chantage aux allures de "corruption", afin de monnayer l'invitation et la reprise de l'aide en échange de ces enquêtes. Avec d'évidentes arrières-pensées politiques, Joe Biden étant bien placé pour l'affronter à la présidentielle de 2020.

- Invitation contre enquêtes -

Les témoignages semblent confirmer que Donald Trump avait conditionné une rencontre avec Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche à un engagement ukrainien à enquêter contre les démocrates.

Il a imposé à ses diplomates de travailler avec son avocat personnel, Rudy Giuliani, dont c'était l'objectif affiché.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, a affirmé sans détour qu'il y avait bien eu un tel "donnant-donnant", sous l'impulsion de Rudy Giuliani mais conformément aux "souhaits du président".

- Aide contre enquêtes? -

L'ambassadeur Sondland a aussi dit aux Ukrainiens que le dégel de l'aide militaire était conditionné à l'annonce des enquêtes chères à Donald Trump.

Mais l'ordre d'imposer cet autre "donnant-donnant" venait-il du président?

Oui, ont répondu plusieurs acteurs, mais aucun d'entre eux n'en a été un témoin direct. La plupart affirment avoir entendu Gordon Sondland leur rapporter que Donald Trump avait lié l'aide aux enquêtes.

Or, l'ambassadeur a lui déclaré sous serment que le président ne le lui avait "jamais dit directement".

Pour autant, Gordon Sondland estime que c'était la seule explication logique du gel de cette aide pourtant jugée par tous indispensable. Il assure que le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo ne l'ont pas contredit lorsqu'il a évoqué avec eux sa "déduction logique" d'un lien aide-enquêtes. Et que même les dénégations de Donald Trump, qui lui a dit ne vouloir "aucun donnant-donnant", n'avaient pas ébranlé sa conviction.

- Les républicains font bloc -

Les démocrates estiment que ces témoignages permettent d'établir que le 45e président des Etats-Unis s'est rendu coupable d'abus de pouvoir, voire de corruption, des actes passibles de destitution. Ils pourraient aussi l'accuser d'entrave, la Maison Blanche ayant refusé de coopérer avec la procédure, et d'intimidation de témoins, pour avoir attaqué plusieurs diplomates alors même qu'ils étaient entendus au Congrès.

Les démocrates devraient bientôt formaliser sa "mise en accusation", ou "impeachement", par la Chambre des représentants, où ils sont majoritaires.

Mais le procès en destitution sera organisé au Sénat, qui aura le dernier mot.

Or, les républicains, majoritaires à la Chambre haute, font bloc derrière leur président.

Pour sa défense, ils estiment qu'il n'a personnellement jamais lié l'aide aux enquêtes. Qu'il était fondé à demander à l'Ukraine de lutter contre la corruption, quand bien même cela impliquerait un adversaire politique. Qu'aucun crime n'est constitué puisque l'aide a été débloquée sans que les enquêtes soient lancées. Ou, pour les plus embarrassés d'entre eux, que ce qu'a fait Donald Trump était certes "inapproprié", mais pas au point de lui valoir une destitution.

Trump interdit à l'US Navy d'exclure un soldat de son unité d'élite

Germany G20

Donald Trump a interdit jeudi à l'US Navy d'exclure de son unité d'élite, les "Navy Seals", un sous-officier américain qu'il vient de gracier alors que la justice militaire l'avait déchu de son grade après l'avoir accusé de crimes de guerre.

"La Navy ne va PAS retirer son Trident au Navy Seal Eddie Gallagher", a tweeté le président américain en référence au prestigieux insigne que portent les soldats des commandos de la Marine américaine.

"Cette affaire a été très mal gérée depuis le début", a ajouté M. Trump au lendemain de l'ouverture d'une procédure administrative au sein de l'US Navy pour exclure Gallagher et trois autres Navy Seals.

Un panel d'officiers des Navy Seals devait se réunir le mois prochain pour décider si Edward Gallagher, dont le cas a notamment été défendu par la chaîne de télévision Fox News, très suivie par Donald Trump, peut rester au sein de cette unité très respectée de l'US Navy.

Ce panel devait donner son avis au chef des commandos de l'US Navy, le vice-amiral Collin Green, qui devait lui-même faire des recommandations à la direction de l'US Navy.

Edward Gallagher avait été acquitté en juillet du meurtre d'un prisonnier adolescent lors d'une mission en Irak en 2017 et de deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens à l'aide de son fusil de précision, ainsi que pour obstruction à la justice.

Il avait en revanche été reconnu coupable d'avoir posé à côté du corps du jeune homme en compagnie d'autres soldats, une photo de groupe de nature à "porter préjudice aux forces armées" d'après l'acte d'accusation, et dégradé d'un rang, une sanction qui réduisait sa solde et sa retraite.

La semaine dernière, M. Trump a gracié un ex-soldat américain condamné pour meurtre et un autre accusé d'avoir assassiné à l'arme blanche un taliban, en dépit des critiques d'anciens responsables militaires américains. Il a également annulé la décision de la justice militaire de rétrograder Edward Gallagher.

Cette nouvelle intervention du président américain dans les affaires internes de la Navy est "une attaque dévastatrice contre le professionnalisme de nos forces armées", a estimé sur Twitter un expert des affaires militaires au Council on Foreign Relations, Max Boot.

Auditions publiques au Congrès américain: Fiona Hill, et David Holmes témoignent

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