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Washington veut sanctionner les banques chinoises en affaire avec Pyongyang

Le leader nord-coréen Kim Jon-Un visite une académie scientifique à Pyongyang, Corée du Nord, 23 août 2017.

Les sanctions de l'ONU ayant échoué jusqu'ici à freiner les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, des voix s'élèvent à Washington pour un tour de vis unilatéral des Etats-Unis contre les entités étrangères en affaires avec Pyongyang, au risque de tensions accrues avec la Chine.

Près d'un mois après l'adoption à l'unanimité d'une résolution censée priver la Corée du Nord d'un milliard de dollars tirés de ses exportations, le Conseil de sécurité des Nations unies est resté uni mardi en condamnant le dernier tir de missile nord-coréen, qui a survolé le Japon et ravivé la crise après un bref répit.

Mais malgré l'entente ainsi affichée par les Etats-Unis, la Chine et la Russie, aux intérêts souvent divergents, la condamnation unanime n'est pas forcément le prélude à de nouvelles sanctions. S'il "y a eu des appels en séance" en ce sens, "rien n'est encore sur la table", résume une source diplomatique sous couvert d'anonymat.

Selon elle, "sur le fond, les positions restent les mêmes" malgré le "nouveau palier" que représente le tir au-dessus du Japon: certains comme les Etats-Unis "poussent pour davantage de fermeté", quand d'autres, dont Pékin, principal allié de Pyongyang, et Moscou, "demandent de dialoguer" avec la Corée du Nord et "d'éviter les provocations".

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a multiplié les messages en faveur de discussions directes sur une dénucléarisation de la péninsule coréenne, une fois que le régime de Kim Jong-Un aura observé une période suffisante de retenue.

Or, le dernier tir pourrait doucher les espoirs des partisans d'un tel dialogue: "Discuter n'est pas la solution!", a ainsi lancé mercredi Donald Trump sur Twitter.

Cela signifie-t-il que le président américain entend passer à l'option militaire et abattre "le feu et la colère" sur le régime nord-coréen, comme promis récemment? Plusieurs responsables américains écartent cette idée.

- 'Prochaine sur la liste' -

Alors va-t-il davantage prêter l'oreille à ceux qui, à Washington, lui conseillent de prendre des sanctions unilatérales, dites secondaires, contre des entreprises, établissements financiers ou personnes soupçonnés de commercer avec la Corée du Nord?

Anthony Ruggiero, chercheur au sein du groupe de pression conservateur Foundation for Defense of Democracies, en est persuadé. Cet ancien haut fonctionnaire, expert en sanctions financières, se démarque de l'opinion communément répandue selon laquelle la politique nord-coréenne de Donald Trump ressemble à celle de ses prédécesseurs, les déclarations tonitruantes en plus. "L'administration Trump a pris au moins six mesures distinctes, contre des sociétés, individus ou banques chinois", ce que Barack Obama ou même George W. Bush "rechignaient à faire", souligne-t-il.

Le département américain du Trésor a ainsi adopté la semaine dernière de nouvelles sanctions en désignant dix entreprises et six personnes, Chinois et Russes, accusés d'apporter leur aide financière à Pyongyang. Et il a promis "d'accroître sa pression" en "visant ceux qui soutiennent le développement des programmes nucléaire et balistique". Les sanctions visent en particulier des importateurs de charbon, dont la société chinoise Zhicheng.

"Si j'étais un haut responsable d'une banque chinoise, je commencerais à m'inquiéter, car elle sera très clairement la prochaine sur la liste" à être frappée par "des amendes importantes ou des actions en justice", estime Anthony Ruggiero.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump fait pression sur la Chine pour qu'elle use de son influence supposée sur la Corée du Nord, soufflant le chaud et le froid sur Pékin au gré des événements. Mais de telles sanctions risquent de froisser Pékin, s'inquiètent des diplomates américains et des observateurs.

Favorable à des mesures contre des banques, Tom Malinowski, ancien haut responsable du département d'Etat dans l'administration de Barack Obama, prévient qu'il "faut faire attention à ce que les sanctions soient ciblées contre les activités qui bénéficient directement au régime nord-coréen et aux programmes balistique et nucléaire".

"Il ne faut pas essayer de tuer tout échange et communication entre la Corée du Nord et la Chine, car c'est ce qui permettra in fine d'apporter du changement en Corée du Nord", a-t-il estimé lors d'un colloque la semaine dernière à Washington.

Anthony Ruggiero minimise de son côté les risques que comporterait un tour de vis draconien: "il y a beaucoup de rhétorique", "mais les Chinois ne vont pas réagir aussi durement que tout le monde le dit".

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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