Liens d'accessibilité

La Corée du Nord tire trois nouveaux missiles en mer du Japon


Kim Jong Un sourit lors d'une visite à Pyongyang, le 23 aout 2017.

La Corée du Nord a tiré samedi trois missiles à courte portée en mer du Japon, au moment où des dizaines de milliers de soldats américains et sud-coréens participent à des manoeuvres dans la péninsule, a annoncé l'armée américaine.

Aucun des missiles, tirés du site nord-coréen de Kittaeryong, n'a présenté de menace pour les Etats-Unis ou pour le territoire américain de Guam, a précisé un porte-parole du commandement de l'armée américaine dans le Pacifique.

Deux des projectiles ont parcouru environ 250 km en direction du nord-est, et un troisième a explosé en vol "presque instantanément", a précisé ce porte-parole, revenant sur ses précédentes déclarations selon lesquelles les deux missiles n'ayant pas explosé avaient tout de même présenté des dysfonctionnements en vol.

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, les tirs ont commencé à 06h49 heure locale samedi (21h49 GMT vendredi) et les projectiles ont parcouru environ 250 kilomètres.

- 'Stricte surveillance' -

Le président américain Donald Trump "a été informé" de ces tirs "et nous suivons de près la situation", a souligné Sarah Sanders, la chargée de communication de la Maison Blanche. Mercredi, M. Trump avait affirmé que le leader nord-coréen Kim Jong-Un commençait à "respecter" les Etats-Unis.

Le Japon a indiqué que son territoire n'avait pas été affecté. "Nous confirmons qu'aucun missile balistique n'est tombé sur le territoire de notre pays ni dans sa zone économique exclusive" en mer, a déclaré à des journalistes le porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga.

"Il pourrait s'agir de missiles balistiques comme il pourrait s'agir de roquettes. Nous sommes en train d'effectuer des analyses", a ajouté le ministre japonais de la Défense, Itsunori Onodera.

Les tests de missiles par le régime de Pyongyang sont sa réponse traditionnelle aux manoeuvres militaires annuelles des forces sud-coréennes et américaines, qu'il considère comme une répétition d'une invasion de la Corée du Nord.

Ces manoeuvres, largement fondées sur des simulations par ordinateurs, mobilisent des dizaines de milliers de personnels militaires américains et sud-Coréens. Elles doivent durer deux semaines et ont débuté lundi.

Les nouveaux tirs constituent "un acte de provocation de faible niveau" contre les manoeuvres, a estimé Lee Il-Woo, analyste au Korea Defence Network.

Selon lui, l'explosion d'un des projectiles pourrait signifier que la Corée du Nord a essayé une nouvelle technologie. "Elle a tendance à envoyer des missiles non encore testés depuis la côte vers la mer pour éviter une chute" sur les terres habitées, a estimé M. Lee.

- Forces spéciales -

Les tirs par la Corée du Nord ont été "calibrés avec soin, pour éviter de faire monter la tension trop haut et hors de son contrôle", a commenté Yang Uk, analyste au Korea Defence and Security Forum.

Au moment où avaient lieu les nouveaux tirs nord-coréens, l'agence de presse officielle KCNA a annoncé que le dirigeant Kim Jong-Un avait supervisé un exercice militaire simulant un assaut des forces spéciales nord-coréennes sur des îles de Corée du Sud, avec la participation d'avions, de lance-roquettes à tubes multiples et de canons.

Des obus ont frappé des îles nord-coréennes censées représenter les îles sud-coréennes de Paekryong et Taeyonphyong, tandis que des forces spéciales prenaient les îles d'assaut en canots pneumatiques ou en parachute et "annihilaient l'ennemi", selon KCNA.

"Kim Jong-Un a exprimé sa grande satisfaction devant le succès" de cet exercice, a ajouté l'agence.

La tension entre Pyongyang et Washington a connu dernièrement des sommets, avec notamment les tirs d'essai de deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) potentiellement capables d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a alors menacé de déchaîner "le feu et la colère" sur la Corée du Nord si elle ne cessait pas ses menaces contre les Etats-Unis.

Pyongyang a répliqué en menaçant de tirer des missiles à moyenne portée à proximité de l'île de Guam, territoire américain du Pacifique qui abrite d'importante bases militaires, afin d'adresser "un avertissement crucial" à Washington.

Kim Jong-Un a ensuite annoncé que l'application de ce projet était reportée, ce qui a été interprété comme un geste d'ouverture. Mais il a ensuite déclaré qu'il avait ordonné d'intensifier la fabrication de moteurs de fusée et d'ogives pour ICBM.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG