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Tchad

"Violents" combats dans une zone aurifère du Tibesti au Tchad

Des soldats tchadiens en patrouille dans la région du Tibesti, 28 mars 1999.

Des combats "violents" opposent depuis lundi l'armée tchadienne à un "comité d'auto-défense" d'habitants du massif du Tibesti, en proie à des affrontements fréquents depuis fin août.

L'armée tchadienne a bombardé lundi et mardi la zone aurifère de Miski (nord), selon une source militaire tchadienne.

Des combats y opposent les militaires à un "comité d'auto-défense" créé début novembre par des habitants de la région excédés par "les exactions" de l'armée.

Aucun bilan n'a été communiqué de source officielle, mais les deux camps compteraient plusieurs morts.

Deux hélicoptères de combat et deux avions Sukhoi ont été déployés dans la zone, indique-t-on de source militaire.

Les affrontements se déroulent à l'intérieur et à l'entrée de Miski, selon le porte-parole du comité, Mouli Sougui, ex-sous-préfet de Yebbi-Bou.

Samedi, Miski avait également été sous le feu de combats meurtriers entre des militaires et des autochtones.

Le "comité d'auto-défense", créé début novembre dans la circonscription de Yebbi-Bou, proteste contre "l'opération punitive" de l'armée tchadienne dans la zone de Miksi et veut y "défaire" l'armée, selon M. Sougui.

Le comité "n'exclut pas la possibilité" d'une alliance avec des rebelles tchadiens basés en Libye, qui ont progressé dans le nord du Tchad depuis août, selon M. Sougui.

Ni le gouvernement ni l'armée ne se sont exprimés officiellement au sujet de ces affrontements dans le Tibesti, mais le président Idriss Déby Itno a annulé un voyage à Palerme en Italie pour rentrer lundi soir à N'Djamena.

Son fils, le général Mahamat Kaka, chef de la Direction générale des services de sécurité des institutions de l'État (DGSSIE), commande les opérations dans le nord tchadien.

Depuis fin août, l'armée tchadienne a mené plusieurs offensives proche de la frontière libyenne, dans le Tibesti, pour "nettoyer" la zone des orpailleurs illégaux, et lutter contre les incursions de groupes rebelles tchadiens basés en Libye.

La zone aurifère de Miski est au cœur des affrontements depuis fin août.

De nombreux habitants de la zone protestent contre la récupération de l'exploitation aurifère par la famille du président Déby, et contre le nouveau découpage administratif qui rattache la localité à la région de Borkou.

Avec AFP

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La création du poste de vice-président ne fait pas l’unanimité chez les Tchadiens

Les officiels tchadiens à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, le gouvernement a validé la semaine dernière, en conseil des ministres, un projet de révision de la constitution. Une modification de la loi fondamentale pour tenir compte des résolutions issues du 2e forum national inclusif tenu à N’Djamena en octobre dernier.

Selon le projet de loi constitutionnelle, le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République. Il aidera le chef de l’Etat dans ses responsabilités et fonctions en cas d’absence du territoire ou d’empêchement temporaire. Une initiative qui va supprimer définitivement la primature.

"Nous avons défendu le principe de la vice-présidence parce que c’est logique avec la 4e République. Si on restaure la primature, ça veut dire qu’on remet en cause la 4e République et on revient avec un autre régime qui est parlementariste", a déclaré M. Abdéraman Djasnabaye, coordonnateur de la majorité présidentielle.

En cas de vacance de poste ou d’empêchement définitif, les attributions du chef de l’Etat sont provisoirement exercées par le vice-président. Il procédera à des nouvelles élections présidentielles 45 jours au moins et 90 jours au plus.

Pour Dr Nasra Djimasngar secrétaire général du parti "Un nouveau jour", l’opposition démocratique dans son ensemble et la société civile étaient catégorique à la création du poste de vice-président. "Le Tchad n’a pas besoin d’un vice-président parce que c’est un poste qui va diviser les Tchadiens", a-t-il indiqué.

Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, il faut expérimenter. En 2018 dit-il, c’était le système de la présidence intégrale, mais maintenant l’intégralité se limite avec le parlement qui sera secondé d’une chambre haute, le Sénat. Le constitutionnaliste estime que cela répond à des réalités politique du pays dans la recherche de la stabilité, et du vivre ensemble.

Pour beaucoup d’observateurs, la création du Sénat en elle même n’est pas mauvaise, puisqu’il jouera le rôle de négociateur pour des intérêts locaux entre l’assemblée nationale et l’exécutif.

Par contre, la création du poste de vice-président relève d’un calcul politique. Puisque le président actuel ouvre une possible succession par voie constitutionnelle d’un dauphin qu’il aura choisi pour pérenniser son régime.

Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.
Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.


Dr Djong-yang Dibam, publiciste et consultant indépendant, estime que deux scénarios sont envisageables.

Le premier scénario selon lui, c’est qu’en plein mandat présidentiel, le président peut décider de se retirer pour des raisons quelconques et se faire remplacer à la tête de l’Etat par un vice-président dauphin qu’il aura choisi.

Le second scénario, poursuit-il, c’est que le prédisent peut décider de ne plus se présenter à l’élection présidentielle, pas en avril 2021 mais au prochain scrutin, et d’investir un vice-président dauphin qui portera les couleurs du parti au pouvoir.

Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.
Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.

Mais, pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, ce genre d’analyse semble être assez courte et sans fondement. "Si le président avait l’intention de transformer la forme républicaine de l’Etat en monarchie, il n’aurait pas accepté qu’il y ait une répartition de pouvoir entre lui et un vice-président", réplique-t-il.

Si ce projet de loi constitutionnelle validé par le conseil des ministres est adopté par l’assemblée nationale, c’est pour la troisième fois consécutive que la loi fondamentale sera modifiée en 30 ans de pouvoir d'Idriss Déby.

Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs
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Inondations: plus de 2000 ménages sans abri à N'Djamena

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Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs

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Les autorités tchadiennes veulent créer un poste de vice-président et un sénat

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Elections américaines: des réactions positives au Tchad

Le président élu américain Joe Biden s'exprime dans son quartier général de transition à Wilmington, Delaware, le 10 novembre 2020.

Les Tchadiens ont suivi avec beaucoup d’intérêt les élections américaines. Beaucoup pensent que Joe Biden peut apporter des changements dans la politique américaine sur l’Afrique. Pour d’autres, Biden ne peut pas apporter un grand changement dans les relations entre le Tchad et les Etats-Unis.

"Je suis très favorable à Joe Biden parce que nous sommes dans la même idéologie politique. Nous faisons même campagne, et nous militons pour lui, nous mettons tous nos poids dans la balance pour qu’il soit élu", a déclaré le socio-démocrate tchadien Max Kemkoi.

"Vous pouvez voir ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, en Guinée et bientôt le Tchad. Un démocrate au pouvoir veillera au grain pour faire en sorte que la démocratie puisse être une réalité en Afrique", a-t-il indiqué.

Abdéraman Djasnabaye, homme politique, membre de la majorité présidentielle, estime aussi que l’élection annoncée de Joe Biden offre une nouvelle perspective pour les Africains.

"En tant qu’Africain, je souhaite qu’il y ait une large ouverture puisque depuis un certain temps on a senti une certaine restriction vis-à-vis des pays africains. L’élection de Joe Biden peut nous permettre de mieux coopérer avec les Etats-Unis", a souhaité Abdéraman Djasnabaye.

Léopold, un citoyen tchadien, ne partage pas cet avis. Pour lui, il faut que les Africains et les Tchadiens en particulier soient réalistes. Pour lui, les Africains ont tendance à dire que si tel est élu président, il va aider l’Afrique.

"Nous avons notre président qui est là et qui doit s’occuper aussi des problèmes des Tchadiens. Nous devons comprendre que l’élection soit de Trump ou de Joe Biden, c’est d’abord pour les Américains", a-t-il dit.

Réaction similaire du côté du coordonnateur national du mouvement citoyen "Le Temps", Kemba Djidah Alain. Pour lui, avec l’avènement de Trump, il y a une remise en cause de plusieurs traités dont les USA sont partie prenante. Aujourd’hui, Joe Biden a décidé de renouveler les accords tels que les accords sur le changement climatique, et l’Organisation mondiale du commerce.

"En tant que Tchadien, nous n’attendons pas grand chose mais nous espérons que les Etats-Unis en tant que puissance mondiale puissent jouer leur partition dans la promotion de la démocratie pour permettre qu’il y ait la paix et le progrès dans le monde", a-t-il souligné.

Beaucoup des Tchadiens souhaitent vivement que Joe Biden en sa qualité de démocrate puisse ramener le programme initié par l’ancien président Barack Obama qui a permis aux jeunes Africains de séjourner aux Etats Unis 3 à 4 semaines pour apprendre l’entrepreneuriat et le leadership ainsi que le programme de l’énergie dénommé "Power for Africa", suspendu par Donald Trump.

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