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Burkina-Faso

Violences intercommunautaires au Burkina: le gouvernement admet désormais 46 morts

Des campements Peulh détruits par les Koglweogo dans le Centre-Nord du Burkina, 3 janvier 2019.

Le porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, a déclaré vendredi sur la télévision nationale que 46 personnes ont été tuées dans des affrontements intercommunautaires dans le Centre-Nord du Burkina Faso. Le premier bilan officiel parlait de 16 Morts.

Le gouvernement burkinabè a finalement revu de 16 à 46 le nombre de morts dans des affrontements intercommunautaires dans le Centre-Nord du Burkina Faso. Ce nouveau bilan a été publié quelques heures après la diffusion ce matin sur VOA Afrique des propos d’un témoin qui a affirmé avoir compté au moins 48 morts, essentiellement de l'ethnie peulh.

"Ce que le gouvernement a dit, c’est faux", a déclaré à VOA Afrique un témoin qui affirme avoir compté de ses yeux les 48 morts. Il a rejeté le bilan officiel de 16 victimes donné mercredi soir par le ministre de l’Administration territoriale Siméon Sawadogo.

"Ce n’est pas le nombre exact, moi-même j’ai été là-bas, j’ai compté plus de 48 et il y a des coins où je ne suis pas allé".

Joint mercredi par VOA Afrique, le maire de la commune de Barsalogho où ces violences se sont déroulées avait parlé de 13 morts.

"Personne des autorités n’est allé sur le lieu, c’est par téléphone", a précisé le témoin.

A son arrivée sur les lieux, dit-il, les Koglweogo (un groupe d’auto-défense de l’ethnie Mossi) étaient en train de bruler les maisons des peulhs.

"Dès qu’ils arrivent dans les maisons des peulhs, ils tuent les garçons, on les égorge directement (…) Il n’y a plus de Peulh garçon dans les villages, sauf les femmes et les enfants".

Vendredi, des sources sur place, ont indiqué à VOA que ce bilan pourrait bien s'alourdir.

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Burkina : le gouvernement admet « des ressentiments » au sein de l’armée

Des soldats burkinabè pendant une parade militaire, à Ouagadougou, le 4 janvier 2017.

Des tirs sporadiques ont été entendus peu après minuit jeudi nuit au sein du camp Guillaume Ouédraogo, au cœur de la capitale Ouagadougou.

Les autorités burkinabè ont reconnu vendredi après-midi qu’il y avait un malaise au sein de l’armée après des tirs sporadiques entendus dans la nuit de jeudi à vendredi dans le camp guillaume, une base militaire située au cœur de la capitale.

Des tirs sporadiques ont été entendus peu après minuit au sein du camp Guillaume Ouédraogo, au cœur de la capitale Ouagadougou. Après des heures de silence, le gouvernement a reconnu dans l’après-midi de vendredi l’existence de ces tirs. Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement, Remis Dandjinou, a affirmé que "l’état-major général des forces armées s’est rendu au Camp Guillaume et a obtenu le retour du calme".

"Il ressort des échanges que cette situation est l’expression d’un ressentiment par rapport à l’attaque de Koutougou", a reconnu le ministre. Vendredi à la mi-journée, plusieurs commerces étaient fermés dans le centre-ville.

24 militaires ont été tués lundi à Koutougou, dans le Nord au cours d'une attaque attribuée à des groupes islamistes, la plus meurtrière jamais perpétrée contre l'armée. Selon des informations de VOA Afrique, les soldats reprochent à leur hiérarchie la mauvaise gestion de cette crise et de la lutte contre le terrorisme. Jeudi, le président Roch Marc Christian Kaboré a décrété un deuil national de trois jours pour rendre hommage aux soldats tués à Koutougou.

L’attaque de Koutougou était connue, selon la population

A Koutougou, des bœufs qui cherchent où partir, Ouagadougou, le 22 août 2019 (VOA/Lamine Traoré)

Au Burkina Faso, on se pose toujours des questions sur l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts lundi et 5 portés disparus dans le Nord du pays. L’attaque a visé le détachement militaire de Koutougou dans le Sahel burkinabè.

Il est jeune, il a 25 ans et habite à Koutougou depuis maintenant 11 ans. Cet ancien commerçant a été témoin de l’attaque qui a visé le détachement militaire de Koutougou dans le Sahel lundi tôt le matin. Entre son domicile et le détachement militaire, il n’y a que 3 kilomètres.

Des questions après l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts
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"Le jour de l’attaque on était au village. C’était au moment de la prière de 5h, ça tirait jusqu’à 7h 30. On a même pu appeler pour informer que ça tirait parce que les militaires qui sont sur place, même pour leurs entrainements, ils n’ont pas l’habitude de tirer à une heure pareille. Nous avons informé mais avec tout cela, nous n’avons pas vu de renfort ni rien", explique notre témoin, qui est musulman.

Selon cet habitant, les assaillants sont venus de l’ouest du village et sont repartis vers la même direction. Ils étaient plusieurs dizaines et à motos. Le bilan de l’attaque a été lourd: au moins 24 soldats tués, 7 blessés et 5 portés disparus selon l’Etat-major général des armées.

Notre témoin raconte que le village est désormais laissé à lui-même, sans sécurité car le site du détachement est désormais abandonné.

"On a appris qu’ils sont tous partis (ndlr, les soldats). On ne sait pas. Difficile de vérifier. Depuis ce matin nous n’avons aucune nouvelle des Forces de défense et de sécurité. A cet heure-là, tout le village est vide. Les gens sont dans les collines, les arbres et les bas-fonds. Si toutefois l’armée n’est pas là, nous allons enregistrer de nombreux morts. Si les terroristes se rendent compte qu’il n’y a aucune sécurité en place, à Koutougou, ils reviendront", a-t-il dit.

Ce jeune homme a pu quitter Koutougou pour rejoindre Arbinda, une localité voisine. Il dit avoir eu beaucoup de chance.

"Actuellement quitter Koutougou pour Arbinda est très risqué. Il faut absolument suivre les forces de sécurité. Ce n’est pas possible. Tu sors 1km seulement, tu es un cadavre. La population s’inquiète. D’ici demain matin (ndlr, jeudi matin) s’il elle ne voit pas de forces de sécurité, elles vont prendre la route. Les populations sont prêtent à mourir. Mais elles sont déterminées à arriver demain à Arbinda", fait-il savoir.

De nombreuses personnes sont déjà parties de Koutougou et cela ne date pas de cette attaque.

"Tous les élus, les leaders communautaires, les religieux et coutumiers, les personnes ressources et même les agents de la mairie étaient de potentielles cibles. En ce qui me concerne, j’étais dans une position difficile et je savais que ma vie était en danger. J’étais obligé de me retrancher dans un premier temps à Djibo et ensuite à Ouagadougou", a indiqué cet homme, un leader de Koutougou à Ouagadougou depuis maintenant six mois.

L’opposition burkinabè demande la démission du gouvernement
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Les forces de l’ordre auraient été informées de la préparation de l’attaque de lundi. "On a appris et on a même informé. Nous avons eu l’information que des groupes armées étaient aux portes du village. Malgré cela, vous avez le résultat. Que les autorités burkinabè changent de manière pour qu’on puisse lutter contre ce mal", informe notre témoin.

Avant l’attaque de lundi, le commissariat de police de Koutougou avait été attaqué en novembre 2017.

En avril 2018 dans sa mosquée, le maire a été assassiné. Après l’attaque de lundi, le président Kaboré a tenu un conseil de défense le lendemain. Il a rassuré que malgré cette adversité, le Burkina s’en sortira.

L’opposition quant à elle, demande simplement la démission du gouvernement qui pour selon elle, est incapable de faire face à la donne sécuritaire.

Des questions après l’attaque terroriste qui a fait au moins 24 morts

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L’opposition burkinabè demande la démission du gouvernement

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Kaboré doit tirer les conséquences de son échec à défendre le territoire, selon un opposant

Kaboré doit tirer les conséquences de son échec à défendre le territoire, selon un opposant
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