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Burkina-Faso

Seize morts dans une attaque et des représailles intercommunautaires

L’hôpital Yalgado Ouédraogo, plus grand centre hospitalier du Burkina Faso, 7 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

Au moins 16 personnes ont été tuées mardi dans une attaque armée dans un village et dans des représailles qui ont suivi contre des éleveurs peulh à Yirgou, un village de la commune de Barsalogo dans le centre-nord du pays, a précisé mercredi à la télévision nationale Siméon Sawadogo, ministre de l’Administration territoriale.

"Hier aux environs de 7h30, des hommes armés sont arrivés dans le village de Yirgou et ils ont abattu le chef de ce village, qui est en même temps un conseiller municipal de la commune, avec trois de ses fils et son petit-frère", a expliqué à VOA Afrique dans une interview, le maire de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam.

Il a ajouté que l’attaque a été perpétrée par des hommes armés non identifiés venus des provinces du Nord.

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"Au total, six personnes ont été abattues", mardi matin, selon M. Pafadnam, par les assaillants qui sont repartis d’où ils sont venus. Selon le ministre Sawadogo, une septième personne est morte durant cette attaque et deux autres dans un autre village de la région lors d’actes de représailles.

Les populations du village se sont mobilisés et ont fait appel aux forces d’autodéfense, appelées Koglweogo, pour les aider dans la traque des agresseurs. Ces représailles ont entrainé l’exécution de sept éleveurs peulh de la zone.

"Ils ont cherché d’abord à suivre les traces de ces assaillants, mais sans résultat. Au retour sur les lieux, tout le monde était hors de lui. Et toutes les personnes qui ont été identifiées comme étant de présumés complices ont été exécutées. Ils ont jugé que ces individus étaient de mèche avec ceux qui sont venus abattre le vieux", rapporte le maire.

Il a précisé que le bilan pourrait bien s’alourdir parce que, dit-il, dans plusieurs autres villages de la région, "les populations ont poursuivi les éleveurs peuls" qu’ils accusent d’être des complices des assaillants.

Des renforts de gendarmes et de policiers sont arrivés sur place.

Les Mossis sont l'ethnie majoritaire au Burkina. Les Peuls sont des éleveurs nomades présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, qui dénoncent leur assimilation aux groupes jihadistes de la région, rejoints par certains membres de leur communauté.

Lundi, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a décrété l'état d'urgence dans plusieurs régions du pays, pour contrer la menace terroriste des islamistes armés.

Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. D'abord concentrées dans le nord du pays, elles se sont ensuite étendues à d'autres régions dont celle de l'Est, frontalière du Togo et du Bénin.

Les attaques attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

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Trois policiers tués dans une embuscade

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Mort de DJ Arafat, le Burkina sous le choc

DJ Arafat

L’Afrique continue de pleurer la star du coupé décalé Dj Arafat. Et au Burkina Faso, pays voisin de la Côte d’Ivoire, la mort du musicien ivoirien est toujours un choc.

Des fans de la musique, tous regrettent et déplorent cette perte brutale et sèche de DJ Arafat. Pour certains, il sera difficile de le remplacer.

Burkina Faso pleure la star du coupé décalé Dj Arafat
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La mort lundi de DJ Arafat a choqué les Burkinabè. Dj Arafat, la star du coupé décalé, le Daïshikan, l’un de ses multiples derniers surnoms s’en est allé au lendemain d’un accident sur sa moto. Les Chinois comme il appelait ses fans sont désemparés.

"Arafat, c’est une personne dont je n’appréciais pas bien la musique, mais plutôt sa personnalité, sa façon d’être. Il se battait pour être célèbre. Il faisait tout pour arriver à ses fins. Sa mort m’a beaucoup choquée", a dit Nafi Ouédraogo, fascinée par la personnalité du musicien et son esprit combatif.

Il faut se questionner maintenant sur l’avenir du coupé décalé.

"Il n’y aura pas de remplaçant, c’est fini ça Douk Saga (NDLR, créateur du Coupé Décalé), en partant, avait un certain nombre de 'soldats' qui étaient prêts à assurer la relève. Le Beerus Sama (NDLR, un autre Surnom d'Arafat) est parti quand tu regardes autour il n’y a personne qui a le charisme et le leadership nécessaire pour conduire ce mouvement. De plus en plus, les gars font de la Trap, de l’AfroTrap et le coupé décalé était en perte de vitesse", a affirmé Salif Ouédraogo dit Ackermann, un inconditionnel de DJ Arafat et ce, depuis des années qui connait bien le parcours du musicien.

Du côté des professionnels de la musique au Burkina, c’est une énorme perte pour l’Afrique cette disparition de Arafat.

"Il a marqué son passage, c’est une icône Il a bouleversé le monde du show-biz par sa manière d’être. Sa manière était assez particulière avec ses buzz", a fait savoir Salfo Soré dit Jah Presse, l’un des plus grands promoteurs et organisateurs d’événements du pays

"Quand on a appris cette nouvelle on a pensé à un premier temps qu’on était encore dans la logique du buzz. C’est un grand choc pour toute la Côte d’Ivoire, toute l’Afrique mais aussi pour tous les jeunes qui s’identifient à cet artiste musicalement parlant", selon Papus Ismaïla Zongo, un producteur de musique. Son musicien Floby a d’ailleurs collaboré avec DJ Arafat.

La nouvelle de la mort du célèbre artiste ivoirien DJ Arafat continue de faire des vagues
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"Moi je pense que c’est un roi. Il le disait lui-même qu’il allait mourir comme un roi. C’est quelqu’un qui est vraiment aimé, qui a le monde derrière lui. Ça fait mal, très mal. C’est un gros coup dur pour l’Afrique et le monde entier", a indiqué Imilo Le Chanceux, la star du coupé décalé au Burkina. Il a connu le boss de la Yôrô Gang.

DJ Arafat s’est produit plusieurs fois au Burkina Faso où il comptait des milliers de fans. Ce qui lui a valu d’ailleurs le trophée de Kundé du meilleur artiste de l’Afrique de l’Ouest en 2011, c’est la plus grande distinction de la musique au Burkina.

Burkina Faso pleure la star du coupé décalé Dj Arafat

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Les associations dénoncent le nouveau code pénal "liberticide" burkinabè

La devanture du Conseil supérieur de la communication (CSC), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Le président du Faso a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal du pays.  La nouvelle disposition punie la divulgation de certaines informations liées aux actes de terrorisme.

Des organisations professionnelles de médias et des défenseurs des droits humains estiment que le nouveau code pénal est une entrave à la liberté de presse et d’expression.

Le président Roch Marc Christian Kaboré a promulgué la semaine dernière le nouveau code pénal
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Le nouveau code pénal porte sur quatre principales infractions: "la participation à une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité, la publication d‘une fausse information de nature à faire croire qu’une destruction de biens ou une atteinte aux personnes a été commise, la publication et la diffusion d’informations relatives aux déplacements, à la position géographique, aux armes des Forces de défense et de sécurité de nature à porter atteinte à l’ordre public ou à la sécurité des personnes et des biens et enfin la publication en direct d’images ou sons de nature à compromettre le déroulement d’une opération ou d’une intervention des Forces de défense et de sécurité en cas de commission d’actes de terrorisme".

"Elle n’est pas seulement liberticide pour la presse, mais elle est aussi liberticide pour le citoyen lui-même dans le cadre de l’exercice du droit constitutionnel à l’information mais également aussi la liberté d’expression qui est reconnue par la même constitution", a dit Boureima Ouédraogo, directeur de publication du journal d’investigation Le reporter et président de la Société des éditeurs de presse privée.​

Il poursuit : "Cette loi ainsi adoptée et promulguée risque de créer beaucoup plus de soucis qu’elle ne résoudra parce que je vois mal un journaliste qui se mettrait en retrait par rapport à une question d’attaque terroriste sous prétexte qu’une loi a été adoptée et peut me l’empêcher".

Pour les organisations de défense des droits humains il y a véritablement "atteinte aux libertés et aux droits humains".

Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA), Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"La liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de presse et le droit à l’information des citoyens qui sont reconnus aussi bien dans notre constitution que dans différents instruments que le Burkina a ratifiés notamment l’article 19 du pacte international relatif aux droits civils et politiques", a déclaré Urbain Yaméogo, Directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière des droits humains en Afrique (CIFDHA).

La loi a été promulguée par le Président du Faso Roch Kaboré le 31 juillet et le décret a été publié dans un numéro spécial du Journal officiel, le 1er août. Cela n’est pas une surprise du point de vue de la forme.

Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Siaka Coulibaly, analyste politique, Ouagadougou, le 12 août 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le chef de l’Etat ne peut pas contredire un projet qui a été mûri au sein de son équipe gouvernementale. Cela donne encore plus d’espace à l’arbitraire parce qu’il reviendra aux acteurs du système judiciaire de déterminer en quoi une information devient attentatoire à l’ordre public? On aura une situation de recul du point de vue des libertés", a expliqué l’analyste politique Siaka Coulibaly.

Les quatre infractions de ce nouveau code pénal sont punies chacune d’une peine d’emprisonnement de 1 à 10 ans et d’une amende de 300.000 à 2 millions de francs CFA. La peine peut aussi être lourde. Un emprisonnement de 5 à 10 ans et une amende de 5 millions à 10 millions de francs CFA.

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