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République du Congo

L'opposant Okombi Salissa condamné à 20 ans des travaux forcés

André Okombi Salissa, un des candidats malheureux à la présidentielle de 2016 au Congo. (Facebook/ André Okombi Salissa)

L'opposant congolais André Okombi Salissa a été condamné mercredi à 20 ans des travaux forcés par la Cour criminelle de Brazzaville (Congo) pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État, en l'absence de ses avocats, confirmant le réquisitoire du parquet.

"La cour déclare André Okombi Salissa (et trois autres complices) coupables des faits mis à leur charge (...), les condamne à vingt ans de travaux forcés chacun", a déclaré Christian Oba, président de la Cour.

M. Okombi Salissa était jugé pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État, détention illégale d’armes et munitions de guerre.

L'opposant dispose de trois jours se pourvoir en cassation, a-t-il ajouté, ordonnant "la restitution des armes et condamne les accusés à payer à l’État congolais un franc symbolique au titre de dommages et intérêts".

"La condamnation de notre client ne nous surprend pas du tout parce que toute l’instruction a été exclusivement menée à charge, malgré l’absence de preuves (...). Nous allons quand même faire un pourvoi en cassation sur la forme", a réagi Me Yvon Éric Ibouanga de la défense, joint au téléphone par l’AFP.

Trois heures plus tôt, le procureur général avait requis vingt ans des travaux forcés contre l'opposant, alors que ses avocats avaient quitté la salle pour protester contre la conduite du procès par le tribunal criminel de Brazzaville accusé d'avoir violé les droits de la défense.

"Personne n'est dupe. J'ai assez parlé pour prouver mon innocence. Je n'ai pas de défense. Je me soumets à votre conviction. Que vous me condamniez à 20, 30 ou 40 ans, j'assume parce que je suis citoyen congolais", a déclaré M. Okombi Salissa.

Influent membre du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir), ministre dans tous les gouvernements de 1997 à 2012, André Okombi Salissa, 56 ans, a basculé dans l'opposition à l'approche de la présidentielle de 2016 remportée par son ancien mentor Denis Sassou Nguesso, qui cumule 35 ans au pouvoir.

M. Okombi Salissa n'a jamais reconnu les résultats du scrutin présidentiel de 2016, tout comme un autre candidat, le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’État-major, qui a été jugé et condamné à 20 ans d'emprisonnement en 2018.

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Brazzaville et Pékin conviennent de restructurer la dette congolaise

Le président chinois Xi Jinping et le président de la République du Congo Denis Sassou Nguesso

Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et chinois Xi Jinping ont convenu lundi, lors d'un entretien téléphonique, de restructurer la colossale dette congolaise envers Pékin, qui empêche ce pays d'Afrique centrale de reprendre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

"La question de la dette a été évoquée par les deux présidents et le président Sassou Nguesso a posé le problème à son pair (...) en lui faisant une proposition d'une deuxième restructuration", a déclaré à la presse Rigobert Roger Andely, ministre congolais des Finances.

"Le président Xi Jinping a approuvé (la demande)", a-t-il ajouté, rendant compte d'un entretien téléphonique des deux chefs d'État.

"Cette restructuration, c'est pour permettre au pays d'avoir un peu plus de ressources pour faire face à ses propres besoins internes et de lever cet obstacle aux bonnes relations avec le FMI", a expliqué M. Andely.

Les experts chinois et congolais sont chargés "de pouvoir en fixer les modalités et les conditions", a-t-il expliqué.

A Pékin, l'agence Chine nouvelle a également évoqué le coup de téléphone entre les deux dirigeants, mais sans faire mention d'une restructuration de la dette congolaise.

Xi Jinping a assuré que la Chine encouragerait ses entreprises à investir davantage au Congo, notamment dans les domaines de la santé et de l'agriculture, a précisé l'agence de presse chinoise.

En 2019, la Chine avait déjà restructuré la dette du Congo, ce qui avait permis au pays de conclure un programme axé sur la Facilité élargie de crédit avec le FMI.

Mais depuis lors, la dette congolaise évaluée à 110% du Produit intérieur brut (PIB) par le FMI est jugée "insoutenable", la norme communautaire en Afrique centrale étant de 70% du PIB, a expliqué lundi à l'Assemblée nationale le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso.

Le FMI a suspendu son appui. Le pays est doublement frappé par la crise économique et sanitaire due à la baisse des prix du pétrole et la propagation du Covid-19.

Le Congo doit à la Chine 1.300 milliards de FCFA (2 milliards d'euros), selon le gouvernement, alors que la dette globale du pays "s'élève actuellement en réalité à 6.016,5 milliards de FCFA (plus de 10 milliards d'euros) au 31 décembre 2020, soit 98% du PIB" a estimé le Premier ministre Makosso.

Les latrines modernes manquent dans la ville congolaise de Nkayi

Un habitant de Nkayi, la 4e ville congolaise, dévoile ses latrines, à Nkayi le 16 juin 2021,

Les habitants de ville de Nkayi, à près de 350 km au sud-ouest de Brazzaville, ne disposent pas de toilettes modernes. Nombreux défèquent encore dans la savane. L’Union européenne a décidé d’apporter 5 milliards de francs CFA pour aider ces habitants.

Avec ses quelque 70.000 habitants, Nkayi est la quatrième ville de la République du Congo. Depuis des décennies, une unité de production industrielle de sucre y est en cours. Mais la population, a un problème d’hygiène dans les ménages: les latrines ne sont pas modernes.

"Le commun d’habitants n’a pas de latrine moderne", indique un habitant de la ville. Lorsqu’on lui pose la question sur les latrines chez lui, Fidèle Mankissa, 70 ans, répond avec ironie. "Les latrines ? Nous allons n’importe où. Même dans l’herbe... on prend un sachet et on fait comme dans l’ancien temps, après on jette dans l’herbe", dit-il.

Même dans les écoles, les enseignants et les élèves sont confrontés au même problème. Et c’est plus compliqué à l’école primaire Kingoma 1 qui reçoit plus de 2.000 élèves.

"Parfois c’est dans les herbes, ou les élèves viennent déposer sur la dalle, car les toilettes sont déjà pleines", témoigne Marius Kinzenze Nkaya, directeur adjoint de cette école.

"Le corps enseignant se débrouille dans le voisinage. On demande par-ci par-là, et vous êtes autorisé", ajoute-t-il.

Et comment vider une latrine quand elle est pleine ? C’est une pratique presque pas connue à Nkayi, selon le conseiller à l’urbanisme, Alphonse Madienguila.

"Nous bénéficions du sol qui est très consistant, et donc quand nous creusons les latrines, c’est difficile que nous ayons besoin de vidanger. Nous n’avons pas des odeurs fétides, il y en a pas. C’est l’une des villes où nous vivons sainement", assure-t-il.

Un problème mondial

Selon une enquête de l’UNICEF, plus de 470.000 Congolais des zones rurales continuent à déféquer dans la savane. Ici, le taux d’accès à l’assainissement basique n’est que de 6% contre 27 dans les villes.

Le manque de latrines est un problème mondial. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 2 milliards de personnes ne disposent toujours pas de toilettes ou de latrines. Parmi elles, précise l’OMS, “673 millions défèquent à l’air libre, par exemple dans les caniveaux, derrière des buissons ou dans des plans d’eau”. Au moins 10% de la population mondiale consomme des aliments provenant de cultures irriguées par des eaux usées, précise l’agence onusienne.

Ce qui est problématique à plusieurs niveaux: le choléra, maladie mortelle, peut être évité grâce à de meilleures installations sanitaires. Une étude de l'ONG internationale Save The Children montre que dans de nombreux pays, les filles abandonnent l'école en raison du manque de toilettes.

Au Congo, l’Union européenne soutient un programme qui vise à construire des latrines pour la population. Gaston Mampassi, le maire de Nkayi, se dit soulagé.

"Nous avons passé près de 5 ans en train de parlementer avec l’AFD, l’Union européenne et le gouvernement de la République. Et aujourd’hui, c’est le bout de tunnel qui est aperçu. C’est déjà la toute première étape de la mise en œuvre de ce programme au bonheur des populations de Nkayi", déclare l’autorité municipale.

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