Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Amériques

Venezuela : pouvoir et opposition reprennent langue à Oslo

Des gens marchent dans la rue à Oslo, Norvège, le 20 mars 2017.

Représentants du pouvoir et de l'opposition au Venezuela ont repris langue cette semaine à Oslo, selon des médias, une avancée saluée avec prudence par les experts après les violences qui déchirent le pays depuis des mois.

Lueur d'espoir dans la crise politique au Venezuela, des "négociations de paix" entre le pouvoir de Nicolas Maduro et l'opposition de Juan Guaido se sont tenues cette semaine dans la capitale norvégienne, affirme la radiotélévision publique norvégienne NRK, citant des sources anonymes.

C'est la deuxième fois que de tels pourparlers sont organisés sur le sol norvégien, d'après NRK, selon laquelle des négociations ont aussi eu lieu dans le passé à Cuba.

"Nous ne pouvons ni confirmer ni démentir l'implication norvégienne dans des processus de paix ou des initiatives de dialogue", a commenté une porte-parole de la diplomatie norvégienne, Ane Haavardsdatter Lunde, auprès de l'AFP.

La crise politique au Venezuela met aux prises Nicolas Maduro, président depuis la mort de son mentor Hugo Chavez en 2013, et le député de centre-droit Juan Guaido, à la tête du Parlement, qui s'est déclaré en janvier président par intérim et est reconnu par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis.

Juan Guaido qualifie Nicolas Maduro d'"usurpateur" depuis l'élection présidentielle "frauduleuse" de mai 2018 boycottée par l'opposition et qui a permis au chef de l'Etat socialiste de se maintenir au pouvoir.

Selon NRK, les négociations d'Oslo, dans un endroit tenu secret, ont duré "plusieurs jours" et les deux délégations devaient regagner Caracas ce jeudi.

Plusieurs médias sud-américains, comme le journal ALnavio, ont aussi évoqué ces discussions, qui seraient une première depuis le soulèvement manqué du 30 avril auquel avait appelé Juan Guaido.

Aucun élément n'a filtré sur leur teneur, ni sur leur issue.

Selon les différents médias, elle impliquerait, côté Maduro, le ministre de la Communication Jorge Rodriguez et le gouverneur de la province de Miranda, Hector Rodriguez.

L'opposition serait quant à elle représentée par l'ancien député Gerardo Blyde, l'ex-ministre Fernando Martinez Mottola ainsi que le vice-président du Parlement, Stalin Gonzalez.

- "Optimisme prudent" -

Plusieurs déclarations tendent à accréditer l'existence ces pourparlers.

Jorge Rodriguez est "à l'étranger pour une mission très importante", a déclaré Nicolas Maduro mercredi.

"Le groupe de contact, le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, le groupe de Lima ainsi que d'autres initiatives nous aident à trouver une solution à la crise", a de son côté tweeté Juan Guaido.

Pays hôte du prix Nobel de la paix et où ont été négociés les accords d'Oslo israélo-palestiniens, la Norvège a une longue tradition de "facilitateur" dans les processus de paix à travers le monde, notamment dans celui, réussi, entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016.

Si de nombreux Etats européens ont reconnu Juan Guaido, le pays scandinave s'est contenté d'appeler à de nouvelles élections libres, une position perçue comme illustrant une volonté de jouer les intermédiaires entre les deux camps.

A la même époque, la cheffe de la diplomatie norvégienne Ine Eriksen Søreide avait dit que son pays était "prêt à contribuer si et quand les parties le souhaitent".

Les informations sur la tenue de pourparlers ont été saluées, mais avec prudence, par les spécialistes norvégiens des questions sud-américaines.

"C'est dangereux d'y accorder trop d'importance", a souligné Benedicte Bull, professeure à l'université d'Oslo. "C'est très positif que les deux parties discutent mais il est très important de ne pas nourrir trop d'espoirs (...) : il y a eu des discussions formelles à trois reprises dans le passé, et elles ont très vite échoué".

"Ceci dit, la situation est vraiment critique aujourd'hui, et il est important que quelque chose soit fait", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Même précaution pour Leiv Marsteintredet, professeur à l'université de Bergen. "On est encore à un stade précoce et je pense donc qu'il est très irréaliste d'attendre des résultats rapides", a-t-il expliqué à l'AFP. "Mais que les deux parties soient désireuses de parler est un changement récent qui peut justifier un optimisme prudent".

A la crise politique, émaillée de violences qui ont fait des dizaines de morts, s'ajoute la pire crise économique de l'histoire récente de ce pays où, selon l'ONU, sept millions de personnes, soit un quart de la population, ont besoin d'une aide humanitaire urgente.

Toutes les actualités

Amazon lance des machines pour remplacer des employés

Amazon lance des machines pour remplacer des employés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:16 0:00

Pirate informatique dans le monde

Pirate informatique dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Des fidèles d'une mosquée d'Arlington en formation pour faire face à une attaque armée

Des fidèles d'une mosquée d'Arlington en formation pour faire face à une attaque armée
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:33 0:00

Caracas remercie la Norvège pour son soutien au "dialogue"

Le président du Venezuela Nicolas Maduro

Le gouvernement de Nicolas Maduro a remercié vendredi la Norvège pour son soutien à un "dialogue" avec l'opposition pour tenter de résoudre la crise au Venezuela.

"Le président Nicolas Maduro et la révolution bolivarienne expriment leur reconnaissance à la Norvège pour son soutien au dialogue pour la paix et la souveraineté", a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie vénézuélienne Jorge Arreaza.

C'est le premier responsable du gouvernement vénézuélien à confirmer la tenue de conversations dans le pays nordique. Vendredi matin, Oslo a annoncé l'existence de "contacts préliminaires" avec les deux camps dans le cadre d'une "phase exploratoire".

"La Norvège félicite les parties en présence pour leurs efforts. Nous réaffirmons notre volonté de continuer à soutenir la recherche d'une solution pacifique pour le pays", a ajouté le ministère norvégien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Contactée par l'AFP vendredi matin, la chancellerie norvégienne n'a pas souhaité faire davantage de commentaires.

Le chef de l'opposition Juan Guaido s'était contenté jeudi de dire que des délégués de son camp participaient à une "médiation" de la Norvège. "Il n'y a aucun type de négociations", avait-il cependant tempéré.

De son côté, le président vénézuélien Nicolas Maduro n'avait pas confirmé ces contacts mais avait affirmé jeudi que son ministre de la Communication Jorge Rodriguez participait à "une mission très importante pour la paix du pays (...) en Europe", et qu'il rentrerait bientôt.

Selon différents médias, ces discussions auraient impliqué, côté Maduro, le ministre de la Communication Jorge Rodriguez et le gouverneur de la province de Miranda, Hector Rodriguez. L'opposition aurait été quant à elle représentée par l'ancien député Gerardo Blyde, l'ex-ministre Fernando Martinez Mottola ainsi que le vice-président du Parlement, Stalin Gonzalez.

L'opposant de centre-droit Juan Guaido s'est proclamé président par intérim le 23 janvier et il est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays. Il tente depuis de déloger Nicolas Maduro, qu'il qualifie d'"usurpateur" depuis l'élection présidentielle de mai 2018, "frauduleuse" selon l'opposition, qui a permis au chef de l'Etat socialiste de se maintenir au pouvoir.

Venezuela : l'ambassade américaine à Caracas sous étroite surveillance

Un membre de l'opposition bloque la route à Caracas, Vénézuela, le 30 juillet 2017.

L'ambassade des Etats-Unis à Caracas se trouvait vendredi entourée d'un imposant dispositif policier, au lendemain de l'annonce du président Nicolas Maduro de "renforcer la surveillance" de ce bâtiment diplomatique, pourtant vide depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Des dizaines de policiers empêchaient les journalistes de s'approcher du vaste complexe rouge ocre, perché sur les hauteurs de Caracas.

Une équipe de l'AFP n'a pas pu s'arrêter, filmer ou photographier le bâtiment, même à bonne distance, et a été contrainte de repartir à la demande des forces de l'ordre.

"J'ai demandé que l'on renforce la surveillance et la protection policière autour de l'édifice qui a hébergé l'ambassade des Etats-Unis, laquelle appartient au gouvernement américain", a déclaré Nicolas Maduro lors d'une allocution télévisée.

"Nous allons la protéger d'avantage encore, car le Venezuela respecte (...) le droit international", a ajouté le chef de l'Etat socialiste, qui a aussi fustigé l'expulsion par la police des militants pro-Maduro qui occupaient les locaux de l'ambassade vénézuélienne à Washington.

"Ils ont donné l'assaut à l'ambassade avec des commandos de manière brutale, il s’agit d'une action brutale qui va à l'encontre du droit international", a conclu Nicolas Maduro, dénonçant l'arrestation de quatre Américains.

L'objectif de ces personnes était d'empêcher l'entrée des représentants de l'opposant Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale et reconnu chef de l'Etat du Venezuela par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. Les diplomates du gouvernement de M. Maduro avaient quitté l'ambassade le 24 avril, pour les derniers d'entre eux.

Washington et Caracas ont rompu leurs relations diplomatiques à la suite de l'autroproclamation de M. Guaido comme président par intérim du Venezuela en janvier.

Voir plus

XS
SM
MD
LG